• Instrumentalisés plus ou moins ouvertement par un pouvoir politique devenu commanditaire, la culture et l'art entrent dans une démarche utilitariste et produisent alors des effets pervers. Le spectaculaire, qui correspond à une utilisation politique de l'art envisagée dans une logique de domination et de rationalisation adaptée à un environnement historique, mystifie souvent le récepteur.
    Cette logique est présente à toutes les époques, même si le contexte historique qui s'étend de la Révolution à la fin de la Seconde Guerre mondiale autorise des mises en perspective plus nettes.
    Dans ce contexte, l'opéra, qui réunit les arts dans une expression synthétique, a été, en sa qualité d'art de l'extraordinaire, rapidement investi d'une fonction de propagateur d'idées. De la tragédie lyrique au drame wagnérien, finalité politique et stratégie spectaculaire sont généralement pensées conjointement, soulignant les enjeux idéologiques de l'oeuvre.
    Si, ainsi que le souligne Guy Debord, le spectacle déversé par les médias est la principale caractéristique de la société contemporaine, cet essai nous montre que cette situation s'appuie sur des pratiques très anciennes.

  • S?élabore un système de communication et de représentation des pouvoirs qui lie le politique et le religieux à la création artistique. Ainsi, pendant des siècles, la création est-elle assujettie à des mécanismes de soumission et d?aliénation, la notion de liberté étant reléguée à un arrière-plan très lointain ? si tant est qu?elle existe.
    Objectivement l?artiste subit des conditions d?exploitation et de dépendance matérielle induisant, pour sa survie, davantage un esprit d?approbation que de libre création ou de contradiction. Musique, danse, peinture, sculpture, architecture, littérature : dans la totalité du champ artistique, cet essai nous le montre, les émotions, les signes, les symboles, les rituels ont donc été instrumentalisés et mis au service d?un narcissisme politique promoteur de relations aussi bivalentes qu?ambiguës entre l?art et l?autorité, le soutien mécénal relevant ainsi rarement de préoccupations esthétiques en première intention.
    Si, au travers de la commande, l?artiste souhaite légitimement manifester son propre talent, il lui faudra choisir entre les trois options qui s?offrent à lui : la servitude, l?indifférence ou la contestation.

    Sur commande
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