• Après la philosophie entend clore une vaste enquête destinée à éclairer aussi bien la naissance que le statut épistémologique de la sociologie. Cette enquête vise ainsi à dégager l'existence d'un paradigme sociologique unifié, par-delà la pluralité des manières de faire de la sociologie (statistique, ethnographie, analyse des processus de longue durée, etc.).
    Émile Durkheim, en prêtant à la sociologie une triple vocation (viser une science sociale intégrée, contribuer à l'élaboration d'une théorie générale de la connaissance et nourrir une image scientifique de l'humanité et du monde), est le véritable fondateur de ce paradigme. Norbert Elias, ensuite, a beaucoup oeuvré pour clarifier le domaine d'étude de la sociologie?: à savoir des sociétés en développement constituées d'êtres humains interdépendants par nature et selon des dispositifs de contrainte spécifiques. Avant que Pierre Bourdieu ne parachève le paradigme en plaçant la «?réflexivité?» au coeur de l'habitus du sociologue.
    Partant, la sociologie a très largement assumé et redéfini, en lien avec la psychologie et la biologie, les fonctions naguère attribuées à la philosophie par Kant, consacrant ainsi l'ambition théorique et épistémologique d'un au-delà de la philosophie.

  • Au tournant du XIXe et du XXe siècles, quelque chose d'exceptionnel s'est produit dans l'ordre de la pensée, du savoir et des représentations. L'image de l'homme, de l'existence humaine, s'en sont trouvées profondément bouleversées. Cet ébranlement intellectuel et moral eut pour nom « sociologie ». Cette révolution sans morts ni barricades a en revanche fait de nombreuses victimes, à commencer par la philosophie. En effet, face à l'idée d'une autonomie et d'une singularité irréductible des faits sociaux, d'un côté, et des approches objectivistes de l'esprit et du cerveau humains, de l'autre, la philosophie s'est retrouvée acculée, sommée de se redéfinir et de quitter, au moins provisoirement, les terrains de la morale et des conditions de possibilité de la connaissance, occupés dès lors par la sociologie.
    Avec Weber, Simmel et Tönnies en Allemagne, avec Durkheim et surtout Gabriel Tarde en France, la sociologie mit tout d'abord en avant l'idée de « déterminisme historique », c'est-à-dire d'une pluralité de conditionnements de l'existence humaine. Elle consacra ensuite l'avènement d'une conception nouvelle de la construction théorique, respectueuse de la complexité et de la force contraignante des faits ainsi que de la nature « sociale » des catégories de pensée et des pratiques de production et de transmission des connaissances. Une grande partie de la philosophie du xxe siècle peut être lue comme une réponse à cette révolution cognitive - et c'est ainsi que des auteurs comme Bergson, Heidegger, James, Jaspers, Merleau-Ponty ou Russell sont soumis à une grille d'analyse inédite.

  • Pour Bourdieu

    Marc Joly

    • Cnrs
    • 1 February 2018

    Pierre Bourdieu (1930-2002) est généralement considéré comme le sociologue le plus important de la deuxième moitié du xxesiècle. Pourtant, son oeuvre demeure mal comprise, surtout en France, où elle est régulièrement le sujet de querelles idéologiques.

    Pour lui redonner toute sa portée, et éclairer les débats, Marc Joly procède en trois temps. Il montre d'abord comment Bourdieu, dès le début des années 1960, se donna les moyens de refonder théoriquement la tradition sociologique européenne tout en veillant à faire acquérir aux sociologues un ethos scientifique approprié. Il interprète ensuite la puissance du cadre conceptuel « bourdieusien » - la triade habitus-champ-capital - à l'aune des caractéristiques historiques et épistémologiques de la sociologie entendue comme science sociale par excellence, « science des sciences » et matrice d'un nouvel humanisme. Il examine, enfin, les résistances théoriques et politiques que la démarche scientifique de Bourdieu n'a cessé de susciter.

    De là, un ouvrage manifeste, fondé sur des sources inédites et proposant tout à la fois une introduction originale à la théorie sociologique de Pierre Bourdieu et une analyse sans concession du développement des sciences sociales françaises depuis les années 1980.

  • L'Europe de Jean Monnet

    Marc Joly

    Jean Monnet, « père fondateur » de la construction européenne ? Marc Joly passe au scalpel cette idée reçue en examinant en détail les conditions sociales de formation et de diffusion d'un mythe politique sui generis. Mais il va plus loin : mobilisant les outils de la sociologie de Norbert Elias, il s'efforce de rendre justice à la vision du monde et à la conception révolutionnaire de la civilisation des rapports humains de celui qu'on surnommait l'« inspirateur ».
    Théorisant la contradiction irréductible entre la logique de la « souveraineté européenne » et celle des « souverainetés nationales », mettant en perspective l'incompatibilité du rêve d'une Europe européenne et de l'aspiration à une extension maximale du processus de civilisation, Marc Joly livre une étude brillante, aussi exigeante que nuancée, qui interroge les non-dits de la crise délétère de l'Union européenne.

  • Devenir Norbert Elias

    Marc Joly

    • Fayard
    • 21 March 2012

    Comment Norbert Elias, qui fut exclu de tous les systèmes universitaires européens, est-il devenu l'un des plus grands sociologues du XXe siècle ? Comment ce juif allemand contraint tôt à l´exil et considéré comme quantité négligeable en Grande-Bretagne, où il a vécu, a-t-il fini par intégrer le canon de la sociologie européenne ?C´est cette énigme, posée par la vie de Norbert Elias et par la réception de son oeuvre, que Marc Joly tente de résoudre dans ce livre magistral, fondé sur des archives souvent inédites conservées en Allemagne et au Royaume-Uni. Il propose non seulement une biographie et une lecture très vivantes et informées d´Elias, mais aussi, à partir de ce cas emblématique, une histoire de la sociologie en Europe au XXe siècle. Il s´intéresse notamment à la réception de cette oeuvre en France et livre un éclairage passionnant sur la vie des idées et les mécanismes qui la font évoluer.

  • Le mythe Jean Monnet

    Marc Joly

    • Cnrs
    • 4 October 2007

    Depuis la victoire du « non » au référendum sur la Constitution en 2005, la construction européenne est en panne. Pour relancer le processus communautaire, les dirigeants de l'Union européenne invoquent pieusement la « méthode Jean Monnet », censée venir à bout de toutes les crises. Le mythe Jean Monnet repose sur une succession d'images édifiantes et inlassablement répétées.
    Le « père fondateur » de l'Europe aurait inventé une méthode : passer par l'intégration économique pour édifier l'Europe politique. En réalité, Monnet accompagna plus le processus communautaire qu'il ne l'impulsa. Dès le milieu des années 1950, l'« inspirateur » n'inspire plus et le traité de Rome est signé sans son aval. Le mythe Jean Monnet a été forgé pour persuader les opinions publiques de la nécessité de l'Europe politique, présentée comme un espace culturellement homogène. Marc Joly démontre qu'il s'agit en fait d'un système d'interdépendance et de pouvoir contrôlé par les élites politico-administratives, qui avaient intérêt à diffuser un tel mythe.

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  • Cet ouvrage ouvre la voie d'une exploration prometteuse pour la psychopathologie du XXIe siècle : la question du corps comme objet princeps de la psychopathologie clinique.
    Ce livre constitue un pari et un projet : l'articulation des liens corps/psyché comme gardefou contre tout clivage entre neurosciences, biologie, cognition d'un côté, et psychanalyse, de l'autre.
    Pas de clinique sans une pensée psychopathologique. Pas de psychopathologie qui ne fasse fi du corps « en relation », de l'incarnation de tout sujet, et des liens corps/psyché.
    Une psychopathologie des états, des images et des vécus du corps, autant que de ses représentations et de son investissement fonctionnel et instrumental. Là où un sujet incarné ne peut se satisfaire d'une vision éthérée de la psyché, pas plus qu'il ne peut être écrasé dans une simple vision neuro-développementale. Le corps que je suis, autant que le corps que j'ai !
    Le corps et le temps, la pulsion et le lien corps/psyché, handicap et psychopathologie dans l'enfance, psychopathologie de l'identité sexuée, langage du corps... autant de sujets abordés dans cet ouvrage collectif. Les auteurs ont voulu témoigner de l'actualité de cette pensée psychopathologique et de la nécessité absolue, par-delà les clivages théoriques, de repenser son articulation avec les nouveaux apports des disciplines émergentes.

  • Ce volume prolonge l'histoire de la vie économique et des entreprises sous l'Occupation avec l'étude d'une nouvelle branche, les industries de consommation, entendues largement, de l'agro-alimentaire à l'automobile, en passant par le textile.
    Il s'inscrit également dans une historiographie des entreprises de biens de consommation en plein renouvellement depuis une décennie, qui s'intéresse autant à l'histoire industrielle et commerciale qu'à celle des attitudes des consommateurs. Le cadre retenu privilégie le point de vue de l'entreprise en étudiant à la fois les conditions de fabrication des biens de consommation et l'organisation des circuits de vente; il ne néglige pas pour autant l'approche par les consommateurs.
    La vie des entreprises est marquée par des conditions d'approvisionnement difficiles, qui les obligent à recourir à des produits de remplacement. Comment parviennent-elles à échapper 'aux prélèvements de main-d'oeuvre et aux mesures de concentration Doivent-elles transformer leur production pour répondre aux exigences de l'occupant en particulier ? Dans quelle mesure réalisent-elles cependant des profits importants ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage, qui s'appuie sur les recherches récentes des meilleurs spécialistes français et étrangers, s'efforce de répondre.
    Cet ouvrage est issu des travaux du VIF colloque du groupement de recherche (GDR) du CNRS " Les Entreprises françaises sous l'Occupation " qui s'est tenu à Tours en octobre 2007. Créé en 2002 pour huit ans, le GDR a vise, par ses rencontres et ses publications scientifiques, à favoriser les études historiques d'un domaine de recherche qui apparaissait alors insuffisamment développé.

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