• Hitler rend visite en 1932 à la soeur de Nietzsche qui règne à Weimar sur les archives de son frère ; Mussolini, devenu fasciste, subventionne l'entreprise d'édition de ses oeuvres : est-ce à dire que le philosophe, qui meurt en 1900, mais dont l'oeuvre s'arrête en 1889, a pu contribuer à l'apparition du fascisme et du nazisme, alimenter leur propagande et soutenir leur idéologie raciste ? Les faits nous apprennent au contraire que les efforts des nazis pour l'enrôler ont été vains, et que les Archives Nietzsche sont même passées à la trappe dès la déclaration du conflit.
    La « volonté de puissance » justifie-t-elle la formation d'une hiérarchie des valeurs qui exigerait une « race forte » pour s'imposer ? N'y a-t-il pas chez Nietzsche une exaltation de la force, de la guerre, de la « barbarie » créatrice ? Sa critique de la pitié, de la compassion pour tous les êtres vulnérables ne fait aucun doute. Pourtant, il s'oppose à tous les nationalismes comme à l'État ou aux masses.
    La plupart des courants et tendances du XXe siècle se sont réclamés de la pensée du philosophe. Dans ce livre, Marc de Launay rappelle que Nietzsche espère la venue des esprits libres affranchis des phobies raciales.

  • Peinture et philosophie Nouv.

    Peinture et philosophie

    Marc de Launay

    • Cerf
    • 11 March 2021
    awaiting publication
  • Hermann Cohen (1842-1918) fut le fondateur de l'école de Marbourg, un des hauts lieux de la philosophie allemande dans le dernier tiers du XIXe siècle et le début du XXe.
    Dans son oeuvre, Cohen a tenté de rendre plausible philosophiquement et culturellement la religion en général, le judaïsme en particulier. Il s'agissait pour Cohen de réaliser une synthèse entre religion et culture. C'est à ce titre qu'il est présenté par Marc de Launay dans cet essai qui a également l'ambition de réhabiliter une pensée pertinente dans le contexte juif et religieux actuel. Très critiqué par Rosenzweig, Scholem ou Buber, Cohen incarne une voie possible pour fonder philosophiquement le dialogue et la coexistence sur des points essentiels de l'identité moderne : le religieux, les traditions, l'éthique, le rapport à l'autre.

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  • Leo Strauss (1899-1973) a inscrit sa pensée dans l'héritage de la tradition grecque, mais également dans celui de la tradition biblique. Se rapportant au judaïsme comme à une révélation de la Loi (pour laquelle la dimension de la foi est secondaire), il fait retour à une pensée juive (Pourquoi nous restons juifs) et tente de prolonger la réflexion de Maïmonide dans les conditions nouvelles des temps présents.
    Il s'oppose ainsi à sa rénovation par l'approche phénoménologique de Franz Rosenzweig comme à la pensée de Martin Buber, tout en se tenant à distance de la réflexion sur le mysticisme juif de Gershom Scholem avec lequel il dialogue.
    Cet ouvrage interroge la manière dont Strauss pense les relations de corrélation et de conflit entre philosophie et judaïsme. En quoi la réflexion sur la Loi, dont il poursuit l'élaboration dans la lignée de la pensée médiévale et à contre-courant de la modernité des Lumières, représente- t-elle un approfondissement de la pensée juive et jette-t-elle une lumière crue sur la situation du judaïsme dans le monde ? Quels sont les termes du débat avec les penseurs contemporains du judaïsme avec lesquels il est en relation ? Quelles sont aujourd'hui les possibilités et les limites d'une telle réflexion pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie ?
    Les études présentes ouvrent des voies différentes, voire divergentes, essentiellement heuristiques, sur les possibilités et les limites de la réflexion straussienne pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie. Elles s'accompagnent de la parution d'un texte inédit en français : « La situation religieuse actuelle » (1930), qui représente un moment décisif de la réflexion de Strauss sur la question.
    Ont contribué à ce volume : Danielle Cohen-Levinas, Bruno Karsenti, Marc de Launay, Jean-Claude Monod, Géraldine roux, Gérald Sfez, Heinz Wismann.

  • Confronter les interprétations que donnent plusieurs philosophes modernes de la Bible fait apparaître une inadéquation de leur méthode, même lorsque leurs intentions ne sont pas d'emblée commandées par une volonté critique. Leo Strauss, Hermann Cohen, Walter Benjamin, Paul Ricoeur se livrent à des exégèses très élaborées, mais soit le philosophe prend le pas sur l'herméneute, soit le sens du texte interprété semble déjà arrêté avant même son interprétation. Bible et philosophie appartiennent sans doute à deux traditions concurrentes ; or elles sont nées d'un même tournant de la culture où le statut du mythe a été mis en cause grâce à la promotion d'une autre manière de comprendre le langage. La question principale est donc d'abord celle de la méthode, et ce problème est bien d'ordre philosophique. Par ailleurs, le tournant opéré par la Bible, à la différence de la révolution philosophique, forge une conception nouvelle, toujours contemporaine, d'une histoire qui n'est ni cyclique ni déterminée par un destin ou par des lois. Ces lectures ouvrent ainsi sur un parcours qui cherche à faire ressortir, à travers l'élaboration des « préceptes et des sentences », toute la richesse de la dimension symbolique.

  • Le « nihilisme » a d'abord été la notion centrale d'un diagnostic porté sur l'époque contemporaine de ceux qui l'ont formulé, au XIXe et au XXe siècles; mais en même temps, il a aussitôt désigné à la fois une phase récurrente de l'histoire en général et telle période en particulier, puis une tendance toujours présente dans la culture. La notion appelle donc une approche plurielle qui examine les diverses configurations où elle apparaît pertinente, qu'elle soit au centre des verdicts rendus par tel ou tel courant ou qu'elle soit effectivement requise par l'examen des orientations qu'on observe. C'est ainsi que l'ouvrage rassemble des analyses sur les auteurs qui ont fait leur le terme, Stirner, Kierkegaard, Nietzsche, Scheler, Jünger, Carl Schmitt, Camus, comme sur des phénomènes analysés au miroir de la notion : la musique atonale (Schönberg, Thomas Mann) ou les courants messianiques antinomistes (Scholem). La notion n'est donc pas cantonnée au seul domaine des valeurs morales, ou à celui d'un destin de la métaphysique, mais s'étend à l'esthétique, à certains courants religieux, à des orientations politiques fondamentales, voire à une conception de l'anthropologie philosophique.
    Ont contribué à ce volume : O. Agard, J.-O. Bégot, D. Brézis, P. Cerutti, D. Cohen-Levinas, J.-Fr. Courtine, V. Delecroix, J.-Cl. Monod, E. Neppi et F. Volpi.

  • En fit tout à la fois le maître de Cassirer, l'un des principaux inspirateurs de Rosenzweig et, pour Scholem, une figure tutélaire. La social-démocratie en t son mentor et les divers courants du judaïsme allemand - Buber, notamment - se déterminèrent tous par rapport à lui, pour le critiquer ou pour l'admirer et pour reconnaître en lui le philosophe qui avait redonné au judaïsme allemand ses lettres de noblesse et sa dignité culturelle.
    D'abord rédigé en hommage à F.-A. Lange qui lui avait permis d'accéder à un poste universitaire, l'Introduction critique a été, de fait, pour Hermann Cohen, l'occasion à la fois d'exposer son propre système et de prendre position dans les débats sur la philosophie de l'histoire en s'opposant aux psychologues positivistes. Il s'agit donc d'une intervention philosophique sur le terrain de la politique au sens large, et d'une construction théorique des fondements du socialisme en matière d'éthique et de conception de l'histoire.
    Contrairement à la réception courante qui reproche au courant néokantien de Marbourg d'avoir privilégié le modèle de la physique théorique, l'ouvrage de Cohen fait apparaître au premier plan, et dans toutes les branches du " système ", le primat de la temporalité ; comme, en matière d'éducation, la nécessité de former la volonté critique des futurs citoyens par le biais de la science historique.

  • Pour la première fois, l'un des plus grands philosophes de notre temps, réputé pour sa discrétion, avare de confidences et de textes autobiographiques, entreprend ici, avec deux intimes, de nous raconter son itinéraire personnel et intellectuel. La Critique et la conviction n'est pas seulement une introduction à la vie et à l'oeuvre de Paul Ricoeur, qui balaie tous les champs d'intérêt du philosophe, de la métaphysique à la psychanalyse, de l'herméneutique à l'éthique, de l'histoire de la philosophie à la religion. C'est aussi une longue et passionnante réflexion, s'élaborant en direct, sur quelques questions peu ou jamais traitées dans ses livres - l'esthétique par exemple. C'est également une bouleversante méditation sur l'existence et sur la mort. Leçon de philosophie, La Critique et la conviction témoigne d'une éblouissante capacité à mettre en rapport les savoirs et les cultures.

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