• Tout se passe aujourd'hui comme si le Vieux Continent, et la France en particulier, n'échappait pas à cette malédiction qui résiste à l'évolution historique, au malheur héréditaire que le progrès n'a pas guéri : la haine antijuive. La malédiction touche la France, le pays des Lumières. Après des bouleversements économiques et sociaux sans précédents, dans un monde nouveau qui refuse avec horreur toute idée de discrimination, comment peut-on encore tuer dans une cour de récréation, une petite fille de sept ans, parce que née juive, et alors qu'elle court, ajuster sa cible vivante d'une balle dans le dos, la saisir par les cheveux et lui loger une balle en pleine tête ? Ces événements ne sont pas tombés comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Il y a des complicités, des procédés de blanchiment d'idéologies nocives, une palestinophilie qui fait la courte échelle aux assassins. C est ce compagnonnage dans la connivence, d'une majeure partie des élites journalistiques et intellectuelles, servant avec zèle une politique jusqu'auboutiste au risque de perdre toute éthique et d y laisser son âme, qu explore, avec lucidité, ce petit traité de désoccultation des ressorts psychologiques et idéologiques du terrorisme. Sartre disait que les mots sont comme des « pistolets chargés ». Marc Brzustowski démontre que ce n'est pas au hasard que ces armes ont visé des cibles juives.

  • L'étude de l'annonce du handicap faite au blessé médullaire, menée par l'auteur en France et au Québec, laisse apparaître un lien très fort entre la quête identitaire de la personne et la cohérence d'un dispositif à vocation interdisciplinaire : on passe d'un registre biomédical (d'un savoir abstrait), axé sur une prescription de thérapie substitutive (les performances atteintes durant des exercices en laboratoire), à un répertoire éducatif ouvert sur l'objectif de réadaptation (un savoir-vivre avec un handicap, face à un environnement rédhibitoire). Chaque intervenant professionnel se trouve pris dans ce réseau de significations, ce qui conduit à repenser de fond en comble l'organisation et le balisage de ce cheminement au long cours.

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  • Mal nommer les choses, c'est ajouter au Malheur du Monde, croyait ne pas si bien dire Albert Camus. Ce livre expose les risques d'échec de la présente coalition engagée en Irak et en Syrie. L'Occident a, depuis longtemps, baissé sa garde, dans la guerre des idées, contre Daesh, alias Califat, qu'on ne veut, surtout, pas nommer islamique. Ce mouvement de « cavaliers de l'Apocalypse », en effet, ne surgit pas de nulle part. Il repose sur une légitimation ancienne, gravée dans le marbre des textes religieux. On évite d'identifier le problème qu'on dit vouloir régler à travers des masques successifs, qui sont autant de compromissions : ainsi, le conflit de Gaza est-il devenu un mode de diversion pour ceux impliqués dans la naissance de l'État Islamique. Pourtant, une description détaillée des résultats de cette guerre à rebonds nous permet de remonter le fil des responsabilités régionales et de comprendre les similitudes et différences d'approche, surtout les objectifs communs, entre des entités. Les paradoxes de la situation présente sont au coeur de cette interrogation : on craint, par-dessus tout, une « importation » des conflits et haines revenues du Moyen-Orient. Mais, la France en tête, est aujourd'hui, le premier exportateur de renforts destructeurs transméditerranéens, en dehors des pays arabo-musulmans. Au moment de passer des formes d'influence invisible à la réalité du projet, ceux qui pourraient revendiquer la paternité de leur oeuvre (Daesh), s'allient, sous la coupe des États-Unis, pour se dédouaner d'en être les auteurs, mais surtout, parce qu'elle risquerait de provoquer leur propre désintégration mutuelle. Qui nous sortira de cette tartufferie morbide, sinon nous-mêmes ?

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