• Un voyage au centre d'un Brésil scindé dans lequel tout dialogue semble être devenu impossible. Après plus de vingt ans d'absence, un homme abandonné par sa femme et son fils décide de revenir dans sa ville natale, au centre du Minas Gerais. Tous les liens des familles émigrées italiennes qui s'y étaient installées et en formaient le tissu social ont été détruits par les problèmes économiques qui les ont dispersées à travers le pays.

    On le suit pendant six jours, il va retrouver ses frères et soeurs, rencontrer d'anciens condisciples et de vieilles connaissances locales. L'ombre du suicide de sa jeune soeur et l'impossibilité de toute communication avec ceux qu'il retrouve accompagnent ses tentatives de renouer avec le passé. Le roman se livre à une réflexion sur une société où les différentes classes sociales ne peuvent plus dialoguer et dans laquelle, selon l'un des personnages, elles sont devenues « des planètes errantes » prêtes à entrer en collision et à se détruire.

  • Comment parvient-on à arrêter de fumer ? A partir de cette question toute simple, Serginho en vient à raconter son histoire : sa vie faite de mauvais choix à Cataguases, ville du sud du Brésil, entre une mère protectrice, une femme folle à lier et une belle-famille opportuniste, ses envies de nouveau départ et son désir d'immigrer au Portugal, "terre d'avenir", avec Lisbonne la magnifique comme capitale.
    Pourtant, l'enfer revêt de charmants atours et quand le rêve devient réalité, tout n'est plus si doré pour un étranger qui ne connaît pas les us et coutumes du pays, sans parler des subtilités linguistiques. Entre les recherches de logement, d'amis et surtout de travail, les problèmes se succèdent et ne se ressemblent pas. Surtout quand l'amour vient frapper à la porte... A travers les aventures rocambolesques d'un "brasuca" gouailleur et maladroit, le livre dépeint avec réalisme et humour les péripéties d'un clandestin en Europe et révèle une Lisbonne dépaysante, loin des clichés de carte postale...
    Un souvenir de la capitale portugaise aussi insolite que décapant !

  • Une journée dans la vie de la ville de São Paulo : des gens perdus dans l'anonymat de la mégalopole, des couples qui se défont, des enfants mordus par des rats dans des taudis immondes, des enlèvements, des meurtres, des camelots, des vagabonds, des chômeurs, des prêcheurs sur les places, des voleurs, des chauffeurs de taxi qui racontent leur vie à leurs passagers, tous plongés dans la nostalgie d'une vie d'avant meilleure qu'ils ont abandonnée au nom de l'argent et de la survie. Les protagonistes se croisent sans se rencontrer et l'auteur, placé dans la perspective du personnage et non du spectateur, donne un aspect très singulier à cette fresque d'un immense troupeau perdu dans l'anonymat d'une vie frénétique, dont personne ne connaît plus rien.
    Les tableaux se multiplient, l'écriture déploie un kaléidoscope du rythme de la cité et le langage fragmenté reflète cette course à l'intérieur de la plus grande ville d'Amérique latine.

  • Le monde ennemi

    Luiz Ruffato

    Dans une petite ville de l'État de Minas Gerais, des vies se croisent, toutes
    marquées par la violence de la pression sociale qui impose le manque de
    perspective. Dans un tourbillon de tristesse, de mesquinerie et de violence on
    aperçoit des espoirs fugaces et des émotions subtiles. Des récits de vie
    habilement structurés se croisent, se télescopent, sont évoqués à travers les
    sensations, les odeurs de pâtisserie ou de café, les bruits. On retrouve des
    personnages du précédent roman Des gens heureux, l'auteur poursuit le projet
    littéraire commencé avec Tant et tant de chevaux : construire une écriture
    fragmentée, témoin d'une société en décomposition et présentée par bribes. Il
    nous place devant un roman en construction, susceptible de transformations, et
    nous permet de penser le sous-titre de son oeuvre : même l'enfer peut être
    provisoire. Luiz Ruffato est considéré comme l'un des écrivains brésiliens les
    plus brillants, son oeuvre se compose de 5 volumes qui construisent un
    kaléidoscope littéraire qu'il revient au lecteur de réorganiser par sa lecture.
    Luiz Ruffato est né en 1961 dans le Minas Gerais. Il a publié des poèmes et des
    nouvelles. Son premier roman, Tant et tant de chevaux, a été accueilli par la
    presse littéraire brésilienne comme un grand livre novateur dans le panorama de
    la fiction contemporaine brésilienne. Il est l'auteur également de Des gens
    heureux.

  • Des gens heureux

    Luiz Ruffato

    Un plongeon dans une eau limpide... peut soulever la boue du fond du puits...
    Soit une petite communauté italienne de l'intérieur du Minas Gerais : un père vindicatif et violent suit la lente désagrégation de la famille; le remords et la maladie rongent une femme; une mère et un fils règlent leurs comptes avec le passé; un homme se sent coupable d'un crime qu'il n'est pas sûr d'avoir commis; un autre homme disparaît sans laisser de traces; un professeur garde un terrible secret...
    Luiz Ruffato nous propose par la structure même de sa narration des portraits minutieux d'une société à l'agonie. Ces portraits nous font voir sous toute une variété d'angles les comportements et la complexité des relations.
    Les protagonistes fonctionnent en une ronde de connexions et de vies.Les surprises de la narration ne sont pas liées à la trame des récits mais à la façon dont ils sont racontés. Le lecteur peut tenter d'y retrouver les structures familiales, les fils conducteurs, mais il peut aussi se laisser emporter dans ce panorama social intense et cruel par le texte lui-même et les innovations narratives qu'y propose l'auteur. Celui-ci recherche en effet sa structure plus dans le vocabulaire de la création plastique que dans la tradition littéraire.

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