• Héros de nos manuels scolaires, modèle de nos grands hommes - de Charles-Quint à Napoléon Bonaparte, en passant par Louis XIV -, Jules César est une grande figure de l'histoire politique européenne.
    Mais quel homme fut-il exactement ? Dictateur, Jules César chercha toujours à asseoir son autorité sur un peuple qui l'admirait. Propagateur de la culture romaine chez les populations celtes d'Europe, il fut également l'impitoyable guerrier de la campagne des Gaules, dont on relèvera le caractère génocidaire à l'époque moderne. Enfin, au faîte de sa puissance, César fut assassiné dans des circonstances qui comptent parmi les grandes énigmes politiques et psychologiques de l'histoire.
    Dans cette biographie qui repose sur une connaissance exhaustive des sources historiographiques anciennes, Luciano Canfora brosse le portrait étonnamment précis d'une personnalité complexe, dont l'entreprise de « romanisation » est à l'origine de l'Europe moderne.

  • Vie de Lucrèce

    Luciano Canfora

    • Delga
    • 20 February 2018

    Six cents ans après la découverte par Poggio Bracciolini des 7400 vers du De Natura Rerum, qui fut un des coups d'envoi essentiels de l'humanisme de la Renaissance, il fallait la sagacité d'un des plus grands philologues actuels, Luciano Canfora, pour ramener à la lumière la vie du poète et philosophe latin qu'une vétilleuse censure, dès l'Antiquité, a voulu faire disparaître avec l'ensemble de l'épicurisme.

  • La belle mécanique n'a pas fonctionné comme prévu.
    Le suffrage universel, finalement conquis (plus ou moins tard selon les pays et en Italie presqu'en dernier), a déçu trop souvent ceux qui s'étaient battus pour lui et n'a pas produit les effets espérés. Au contraire, les urnes ont servi à légitimer des équilibres, des classes, un personnel politique presque immuable - et peu importe si ce dernier est diversifié et divisé. Et si le vrai pouvoir était ailleurs ? C'est ce dont il sera question, cher lecteur, dans les pages qui suivent." Canfora insinue bien plus que de vagues soupçons sur les déguisements du pouvoir : cette domination de quelques-uns - elle n'est d'un seul qu'en apparence - qui ne peut cependant se maintenir qu'à condition de s'assurer un large consensus.
    Tout en restant, bien entendu, au sens plein de ce mot, une domination.

  • Et si l'on concevait la tâche de l'historien comme l'enquête d'un Sherlock Holmes ? Si la guerre pouvait être assimilée à un crime, les coupables se dissimulant, des alibis étant invoqués, des innocents désignés du doigt ? Dans cet ouvrage - ni «livre édifiant» ni «commémoration» -, Luciano Canfora aborde la guerre non comme un monument, mais comme un événement vivant qu'il s'agirait de retourner dans tous les sens pour comprendre «ce qui s'est vraiment passé». L'enquête menée au fil de ces pages - puisqu'il s'agit bien d'une enquête - se déroule en une vingtaine de courts chapitres, tirés de conférences à la radio publique italienne, à lire d'une traite comme autant de petites histoires. Les idées reçues - surtout celles qui ont cours dans les pays vainqueurs - ne survivent pas à l'examen. La fin ne nous livre pas un unique coupable, mais nous laisse vaccinés contre les reconstructions apologétiques. C'est le livre que doit lire qui veut se faire en quelques pages une idée de la multiplicité des causes et des conjonctures qui ont conduit à la Première Guerre mondiale.

    Traduit de l'italien par Leonor Baldaque et Pierre Vesperini.

  • Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Égyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite « hellénistique » qui allait assister au si au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-États de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeur d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de moeurs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos. Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.

  • À la fin du mois de juillet 2004, la Fondazione per l'Arte della Compagnia di San Paolo à Turin faisait l'acquisition d'un papyrus antique miraculeusement retrouvé pour la modique somme de deux millions sept-cent cinquante mille euros. Le payrus contenait un fragment inédit du célèbre Artémidore d'Éphèse, géographe d'un immense renom, dont l'oeuvre est majoritairement disparue. Le papyrus fut cérémonieusement livré à la curiosité du public au Palazzo Bricherasio de Turin en 2006, lors d'une.

  • Sous un titre délibérément provocateur, voici un livre qui ne manquera pas de soulever des controverses. La Grèce, dit-on, a inventé la démocratie. Lieu commun, répond Luciano Canfora, et qui ignore totalement le fait qu'aucun auteur athénien ne célèbre la démocratie... Le ton est donné et Canfora emporte son lecteur dans un « parcours démocratique » qui, de l'Antiquité à l'ère des révolutions, de la Troisième République à la révolution russe, de l'ère du fascisme à la chute du mur de Berlin, ne cesse d'interroger la démocratie, ses masques et ses dérives. Luciano Canfora, déjà connu du public français pour sa lecture vive et pamphlétaire des usages démocratiques (L'Imposture démocratique, Flammarion, 2002), livre ici un regard singulier sur plus de deux mille cinq cents ans d'histoire européenne.

  • Un ouvrage sur "La démocratie en Europe" avait été commandé par le grand historien français Jacques Le Goff à l'historien italien L. Canfora, dans le cadre d'un grand projet européen concernant les différents aspects de l'histoire moderne de l'Europe. Chaque ouvrage commandé devait faire l'objet d'une publication simultanée dans tous les grands pays européens. L'ouvrage de Canfora a déjà paru en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne.
    Il paraîtra en mai en France, au Seuil, sous le titre La Démocratie en Europe.
    L'ouvrage devait sortir en Allemagne chez Beck, éditeur spécialisé en histoire. Mais, après avoir fait traduire le livre, Beck en a peu à peu repoussé la date de publication pour finalement refuser de l'éditer, pour d'obscures raisons. Cette étrange attitude a suscité une vive polémique dont tous les grands journaux se sont faits l'écho. Canfora dans L'OEil de Zeus analyse les raisons profondes de ce refus d'un point de vue d'historien. Il réfute un à un les arguments avancés par Beck au travers d'une brève mais magistrale étude de la politique allemande entre les années 1930-1960. Le ton est volontiers, vif, incisif.
    Préface d'Alexandre Adler.

  • Héros de nos manuels scolaires, modèle de nos grands hommes - de Charles-Quint à Napoléon Bonaparte, en passant par Louis XIV -, Jules César est un maillon essentiel de l'histoire politique européenne.
    Mais quel homme fut-il ? Dictateur, Jules César chercha toujours à asseoir son autorité sur le lien privilégié qui l'unissait au peuple. Propagateur de la culture romaine chez les populations celtes d'Europe, il fut également l'impitoyable guerrier de la campagne des Gaules, dont on relèvera le caractère génocidaire à l'époque moderne. Enfin, au faîte de sa puissance, il fut assassiné dans des circonstances qui comptent parmi les grandes énigmes politiques et psychologiques de l'histoire.
    Cette biographie repose sur une connaissance exhaustive des sources historiographiques anciennes, qui permet à Luciano Canfora de brosser le portrait étonnamment précis d'une personnalité complexe, dont l'entreprise de «romanisation» est à l'origine dreprise de «romanisation» est à l'origine de l'Europe moderne.

  • S'inscrivant dans le cadre du projet de recherches «Aux sources de la conservation et de la transmission des connaissances en Europe : les livres dans le monde gréco-romain», les Cahiers du CEDOPAL sont destinés à diffuser à un large public des travaux ayant trait à l'histoire du livre et des bibliothèques antiques.
    Le n° 1 des Cahiers du CEDOPAL contient la réédition de la contribution de Luciano Canfora, «La Bibliothèque d'Alexandrie et l'histoire des textes» (1e éd., Liège, CEDOPAL, 1993, maintenant épuisée), complétée par la bibliographie «Alexandria docta» de Nathaël Istasse, qui compte près de 700 titres sur la vie intellectuelle et scientifique à Alexandrie durant les périodes ptolémaïque, romaine et byzantine.

  • Que lit-on, et surtout qui lit-on, quand on a sous les yeux les textes de l'Antiquité classique ? On fait trop souvent l'économie des siècles qui séparent leur fabrique du moment de leur lecture.
    Ce sont pourtant les produits d'une histoire tempétueuse : transmission orale et copies, remaniements et réorganisations, corruptions et pertes, corrections, restitutions et récritures. Entre l'auteur antique et nous, oeuvre le copiste, ce chaînon indispensable et insupportable (c'est en définitive lui qui écrit les textes classiques) dont les philologues s'emploient à gommer toute trace. Telle est la figure singulière que Canfora remet ici au centre de l'histoire des textes, substituant à la quête métaphysique toujours insatisfaite de l'original de l'auteur l'étude historique et jouissive de l'écriture du copiste.

  • Il n'est pas rare que les hommes sacrifient les faits à leurs illusions. Le sort réservé à Thucydide en est l'illustration.
    L'historien avait entrepris le récit du conflit majeur entre Athènes et Sparte ; son oeuvre, inachevée, fut complétée et éditée par Xénophon. Or, une modification dans la technique de retranscription, survenue dans l'Alexandrie hellénistique, entraîna une confusion partielle des manuscrits de Thucydide et de Xénophon. Pour résoudre les contradictions qui en naquirent, les critiques antiques durent inventer à Thucydide une fausse biographie - en particulier son exil en Thrace - et même une ascendance fantaisiste ! Au lieu de les corriger, les modernes continuèrent d'échafauder hypothèse sur hypothèse pour finalement procéder à des falsifications caractérisées.
    A partir du témoignage capital d'Aristote, l'éminent helléniste Luciano Canfora reprend ici l'enquête. Ses conclusions, rétablissant la genèse du récit, permettent en outre des vues tout à fait neuves sur la guerre civile athénienne, à laquelle Thucydide avait pris une part active.
    Indispensable à quiconque s'intéresse à l'histoire de la Grèce classique, cette enquête constitue un dossier accablant sur la persévérance dans l'erreur, qui invite à méditer sur la part d'arbitraire dans l'élaboration de tout savoir.

  • Au milieu du XVIe siècle, à Venise, pendant les premières années du Concile de Trente, un livre extraordinaire émerge du - trésor - de Bessarion : la Bibliothèque de Photius, patriarche de Constantinople au IXe siècle.
    Sa redécouverte fut saluée avec joie et trépidation. Aux savants et aux humanistes, elle parut l'arche du Salut qui - comme on le dit alors _ avait sauvé du - déluge turc - tant d'auteurs grecs. À l'opposé, le monde catholique, surtout ses élites culturelles, la considéra avec méfiance : son auteur était tout de même l'artisan - diabolique - du conflit avec Rome d'où avait jailli le Schisme d'Orient.
    Cette oeuvre ne fut publiée qu'au début du XVIIe siècle - trois fois en cinquante ans - et toujours chez des éditeurs protestants. La troisième édition, la plus heureuse, celle de Rouen (1653), cache une énigme : par qui a-t-elle été préparée ? Que cache le mystérieux sigle placé à la fin de la préface ? Pourquoi le tirage a-t-il été modifié, avec la disparition de cette préface ? A-t-elle disparu totalement ?
    La question est résolue par la sagacité de Luciano Canfora, qui conduit le lecteur le long d'un parcours riche en surprises, de Byzance jusqu'à la France de Mazarin et à l'Europe protestante, sur fond de guerres de Religion.
    Luciano Canfora, historien et philologue, est professeur aux universités de Bari et de San Marino. Il dirige la revue Quaderni di Storia. Auteur de nombreux ouvrages sur l'Antiquité et sur la transmission des textes classiques, il a publié en français, entre autres, La Véritable Histoire de la bibliothèque d'Alexandrie, et Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote.

  • Depuis toujours, les gouvernements ont masqué sous des déclarations contradictoires les vrais motifs qui les faisaient entrer en guerre. Sparte entra dans la « guerre du Péloponnèse » sous prétexte de « libérer » les Grecs de l'oppression athénienne ; et ainsi jusqu'à la récente invasion de l'Irak, justifiée au nom de la noble intention de libérer et de « démocratiser » un peuple soumis à une dictature sanguinaire. À partir de ces divers exemples, Luciano Canfora formule un acte d'accusation passionné, parfois déconcertant, contre cette « perversion morale, culturelle et politique » qui permet à un État de poursuivre une politique d'hégémonie tout en se drapant du titre de défenseur de la liberté.

  • Somme de nos connaissances actuelles dans ce domaine, l'Histoire de la littérature grecque de Luciano Canfora fait, en tant qu'ouvrage de référence, autorité.
    Nous ne connaissons de la littérature grecque que ce qui nous en a été légué. Après avoir examiné comment les oeuvres de la Grèce antique sont parvenues jusqu'à nous, l'auteur envisage ce qui peut être connu ou reconstitué des lettres grecques.
    Par quels hommes, pour quels hommes ces oeuvres furent-t-elles écrites ? Pourquoi traitèrent-elles ces sujets et revêtirent-elles ces formes ? A ces questions, Luciano Canfora tente de répondre en resituant, au terme d'enquêtes minutieuses, nourries des recherches les plus récentes, ces oeuvres dans le monde culturel, les circonstances historiques et les conditions politiques qui les virent naître et qu'elles influencèrent en retour.
    Le développement de la littérature grecque est retracé selon la chronologie et selon les genres. Les deux critères se confondent d'ailleurs à l'origine, les époques successives privilégiant des genres précis : ainsi la poésie épique cède-t-elle la place à la poésie lyrique, qui s'efface elle-même devant le théâtre. Avec le temps, ces lettres se diversifient : théâtre, historiographie, art oratoire et philosophie en sont les grands phénomènes simultanés.
    Véritable reconstitution archéologique de la genèse et de l'épanouissement de la littérature hellénique classique, l'Histoire s'achève avec Aristote, qui, tant par ses rapports privilégiés avec la monarchie d'Alexandre que par son organisation encyclopédique du savoir, inaugure la période alexandrine, où l'hellénisme, et avec lui les lettres grecques, changent de nature.
    Cette étude, aux dimensions considérables mais à la clarté constante, fait renaître la littérature grecque comme un phénomène vivant, expression des croyances, des moeurs, des passions et des goûts d'une société qui a déterminé les destins de la culture européenne.

  • Socrate condamné à mort par une courte majorité de trente voix; George W. Bush élu président des États-Unis parce que l'on décide d'arrêter le décompte des suffrages qui l'aurait donné perdant: le triomphe absurde de la loi de la majorité dans un cas, sa négation dans l'autre...
    Que devient la démocratie lorsque le vote se négocie sur le marché politiqueoe Lorsque gouvernent des instances supranationales et non électives comme la Banque européenne et le Fonds monétaire international?
    À rebours de la pensée unique et du "démocratiquement correct", Luciano Canfora livre une analyse sans concessions des démocraties occidentales et de leurs errements.

  • Socrate fut condamné à mort par ses concitoyens. L'événement est si célèbre qu'il masque les autres tragédies qui frappèrent les philosophes grecs. Faire profession de penser, c'est-à-dire de remettre en cause l'ordre de la cité et celui du monde, exposait à des périls extrêmes. à la suite de Socrate, Xénophon banni, Platon vendu comme esclave, Callisthène assassiné, Aristote menacé, Lucrèce disgracié sont autant d'illustrations de cette destinée. Au terme de l'Antiquité, dans l'égypte hellénistique, la néoplatonicienne Hypatie périt déchirée par une foule fanatisée par l'évêque d'Alexandrie : la cité chrétienne n'était pas plus tendre aux penseurs que la cité païenne.
    Ces rapports difficiles entre philosophie et politique dans la société antique, préfigurent tous leurs conflits ultérieurs dans la civilisation occidentale. Les voici retracés dans un essai qui, dévoilant en outre les mystères de la transmission des oeuvres d'Aristote ou de la doctrine d'épicure, est mené de part en part avec une rigueur extrême et tout l'art de restituer au passé une intense présence.

  • This history traces the development of democracy in Europe from its origins in ancient Greece up to the present day.
    Considers all the major watersheds in the development of democracy in modern Europe.
    Describes the rediscovery of Ancient Greek political ideals by intellectuals at the end of the eighteenth century.
    Examines the twenty-year crisis from 1789 to 1815, when the repercussions of revolution in France were felt across the European continent.
    Explains how events in France led to the explosion of democratic movements between 1830 and 1848.
    Compares the different manifestations of democracy within Eastern and Western Europe during the latter half of the nineteenth century.
    Considers fascism and its consequences for democracy in Europe during the twentieth century.
    /> Demonstrates how in the recent past democracy itself has become the object of ideological battles.

  • Y a-t-il des locomotives dans l'histoire?
    « Un effet de la Terreur, écrivait en 1797 Adrien Lezay, fut de détruire les anciennes habitudes, et de donner aux nouvelles coutumes autant de force que l'habitude eût pu le faire. Dix-huit mois de Terreur suffirent pour enlever au peuple des usages de plusieurs siècles, et pour lui en donner que plusieurs siècles auraient eu peine à établir. Sa violence en fit un peuple neuf.» « Rien de plus évidemment faux, répliquait Benjamin Constant; les ennemis de la république s'emparent habilement de la réaction que la Terreur a causée. C'est de la mémoire de Robespierre que l'on se sert pour insulter aux mânes de Condorcet. La Terreur a préparé le peuple à subir un joug quelconque; elle l'a rendu indiffèrent, peut-être impropre à la liberté. » Est-il possible de contraindre à la « vertu », comme le croyaient Platon et Saint-Just? En revanche, la « tolérance » est-elle justifiée en soi, ou bien serait-elle une forme subtile d'acceptation de l'ordre établi? Voilà le dilemme indiscret que ce livre un peu à contrecourant voudrait esquisser.

  • Auréolée de légende, la bibliothèque d'Alexandrie a réussi à incarner le mythe surréel qui voulait rassembler en un lieu clos les livres du monde entier.
    Ce fragile monument de la pensée humaine prétendait en symboliser l'immortalité, pourtant ses livres furent consumés par les flammes.
    Avec brio, Luciano Canfora retrace l'histoire de cette célèbre bibliothèque : l'incroyable cachette des textes d'Aristote, la traduction en grec des textes hébreux, la rivalité avec la bibliothèque de Pergame, le papyrus et le parchemin, Cléopâtre, qui pourrait bien être à l'origine du premier incendie... jusqu'au moment où nous finissons par découvrir qui l'a vraiment brûlée et pourquoi.
    Une lumière inattendue émane de ce passé lointain: Il était une fois à Alexandrie une bibliothèque pharaonienne célèbre dans le monde entier...

  • Socrate fut condamné à mort par ses concitoyens. L'événement est si célèbre qu'il masque les autres tragédies qui frappèrent les philosophes grecs. Faire profession de penser, c'est-à-dire de remettre en cause l'ordre de la cité et celui du monde, exposait à des périls extrêmes. À la suite de Socrate, Xénophon banni, Platon vendu comme esclave, Callisthène assassiné, Aristote menacé, Lucrèce disgracié sont autant d'illustrations de cette destinée. Au terme de l' Antiquité, dans l'Égypte hellénistique, la néoplatonicienne Hypatie périt déchirée par une foule fanatisée par l'évêque d'Alexandrie : la cité chrétienne n'était pas plus tendre aux penseurs que la cité païenne. Ces rapports difficiles entre philosophie et politique dans la société antique, préfigure tous leurs conflits ultérieurs dans la civilisation occidentale. Les voici retracés dans un essai qui, dévoilant en outre les mystères de la transmission des oeuvres d'Aristote ou de la doctrine d'Épicure, est mené de part en part avec une rigueur extrême et tout l'art de restituer au passé une intense présence.

  • « Bien que l'égalité, dans son degré le plus extrême, se confonde avec la liberté », dans la réalité - disait Tocqueville - « le goût que les hommes ont pour la liberté et celui qu'ils ressentent pour l'égalité sont deux choses inégales » ; « la liberté donne, de temps en temps, à un certain nombre de citoyens de sublimes plaisirs; l'égalité fournit chaque jour une multitude de petites jouissances à chaque homme ».
    C'est justement le tableau que l'auteur anonyme de la Constitution d'Athènes a esquissé à propos de la cité démocratique par excellence, Athènes. Là, à son avis, les jouissances de l'égalité ont tué, grâce à la démocratie, le plaisir sublime de la liberté.
    S'appuyant sur une relecture de ce texte, Luciano Canfora déroule le fil conducteur qui relie les républiques antiques aux démocraties modernes et constate l'antinomie toujours renaissante entre élan démocratique et désir de liberté.
    Y a-t-il donc entre les deux idées dominantes de la pensée politique occidentale une opposition inconciliable?

  • Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Egyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite " hellénistique " qui allait assister aussi au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-Etats de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeurs d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de moeurs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs, tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.
    Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.

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