Sciences humaines & sociales

  • En portant le regard sur les sociétés, cette synthèse entend situer les révolutions de 2011-2012 dans une généalogie des luttes dans la région. Contre la vision d'un monde arabe secoué de guerres et de soubresauts plus ou moins irrationnels, l'auteure écrit ici l'histoire des sociétés et des changements qui les affectent de la fin de l'Empire ottoman aux États modernes, en passant par la période de domination coloniale de l'entre-deux-guerres.
    Retraçant l'histoire du Proche-Orient au XXe siècle en portant le regard sur les sociétés, cette synthèse entend situer les révolutions de 2011-2012 dans une généalogie des luttes dans la région. Contre la vision d'un monde arabe secoué de guerres et de soubresauts plus ou moins irrationnels, l'auteure écrit ici l'histoire des sociétés et des changements qui les affectent de la fin de l'Empire ottoman aux États modernes, en passant par la période de domination coloniale de l'entre-deux-guerres.
    Cette histoire commence par une révolution, celle menée au sein de l'Empire par les Jeunes-Turcs, et s'achève dans le cycle révolutionnaire actuel, marqué par l'expression de volontés fortes d'émancipation, mais aussi par des résistances et des violences immenses. Elle propose une chronologie de la région qui s'articule autour des moments de contestation et d'élaboration de voies nouvelles pour les sociétés et pour les États : luttes féministes, idéologies nationales ou transnationales, parcours de migrations, luttes ouvrières, mouvements de jeunesse, mouvements culturels...

  • En 1908, sur le territoire de l'Empire ottoman, une révolution est en cours. Sous la pression d'officiers des fronts balkaniques, ceux que l'on appelle les "Jeunes-Turcs", le sultan Adbulhamid II rétablit la Constitution suspendue quelques années auparavant et met fin à une période de censure et d'autoritarisme. Cette révolution tranquille et légaliste libère la parole publique et donne naissance à une nouvelle figure sociale : les intellectuels.
    Les principes de liberté, d'égalité, de justice sont proclamés et brandis par de jeunes hommes et femmes qui attendaient avec impatience de pouvoir endosser ce rôle. La mission qu'ils cherchaient à accomplir s'articulait à une croyance absolue dans les vertus émancipatrices du savoir. Ils constituèrent peu à peu une sphère publique autour de professions et d'activités nouvelles : journalistes, académiciens, avocats, professeurs et parlementaires, mais aussi militants, critiques et caricaturistes. Une histoire qui reste tout à fait d'actualité dans un monde arabe en quête de modernité.

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