Langue française

  • Les poètes et les artistes sont comme tout le monde, ils doivent se nourrir et se loger, ils ont besoin d'argent. Mais la marchandisation générale a bouleversé la relation qu'ils avaient nouée avec le pouvoir politique et les mécènes depuis le temps des Médicis. La culture - le ministère de la Culture, mais pas seulement - est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur. « La prolétarisation des savoirfaire de l'art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l'autocensure et le formatage des oeuvres commandées. » L'entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe - celle qui n'a pas les bons codes, et qui n'est pas encore docilisée. « Quelle peut être la place d'un artiste ou d'un poète, rémunéré par ce même État qui rémunère les policiers qui insultent, frappent, emprisonnent et tuent ? » De cette dérive, Cauwet donne des exemples :
    Marseille capitale européenne de la Culture (2013), immense entreprise de blanchiments multiples, de magouilles immobilières, politiques, financières, sur fond sécuritaire ; ou encore l'occupation par ses étudiants de l'École des Beaux-arts de Paris (2016) sabotée au nom du « respect du patrimoine ».
    Le mécénat privé est l'autre face de l'entreprise culture : Vuitton (LVMH, Bernard Arnault) et son « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne, « cadeau aux Parisiens » construit par Frank Gehry, l'architecte le plus m'as-tu-vu du monde ;
    Benetton et son projet Imago Mundi, collection de petites oeuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux enfants qu'il fait travailler en Tunisie ou au Cambodge pour des salaires de misère ; Lacoste, qui refuse de décerner le prix Lacoste Élysée à Larissa Sansour parce qu'elle avait proposé que l'État palestinien soit logé dans un gratte-ciel avec des villes sur chaque étage ; la fondation Cartier s'opposant à ce que Frank Smith lise un texte où il est question de Gaza (« On ne peut pas aborder un tel sujet à la fondation »). La culture, qu'elle soit une commande publique ou un investissement privé, est devenue une « entreprise » de pacification tout à fait profitable.
    « L'entreprise culture est la place forte, offensive, où se travaille la langue de la domination, celle qui crée les fictions et les divertissements indispensables à l'écitement de toute velléité critique. »

  • À l'occasion des 250 ans de l'École nationale supérieure des arts décoratifs (EnsAD), ce Que sais-je ? revient sur 100 mots qui disent et décrivent les arts décoratifs, ces savoir-faire et ces métiers qui joignent l'utile à l'agréable.
    Traditionnellement opposés aux beaux-arts (peinture, dessin, sculpture), qui seraient une fin en soi, les arts décoratifs mettent l'esthétique au service d'une praticité. Architecture d'intérieur, mobilier, design graphique et multimédia, scénographie... Ils sont à mi-chemin entre l'art et l'artisanat et contribuent à donner des formes et des couleurs à bon nombre d'objets de notre quotidien.
    Hector Guimard, l'auteur des édicules Art nouveau du métro, l'artiste-plasticienne Annette Messager, le bédéiste Jacques Tardi ou encore le typographe Philippe Apeloig comptent parmi les anciens élèves de l'EnsAD.

  • Document poétique distribué lors de rassemblements politiques.
    Le document original est un livret de 28 pages, format A5 (feuilles A4 pliées en 2 et agrafées), trouvé lors d'un rassemblement en janvier 2019 (contre les prisons) sur une table d'infos, sans nom d'auteur.e, ni aucune indication d'origine. Seule mention en bas de la dernière page : copillage . à diffuser librement...
    Une écriture du quotidien pulvérisée, à la fois en destruction et en composition.

  • Une anthologie de poésie politique.

    Cette revue d'un genre nouveau regroupe des poètes et artistes d'Europe, du monde Arabe et d'Amérique Latine. Elle se réfléchit sur des bases décoloniales, en confrontant les réalités et les modernités des différents continents, des différent pays. Et surtout, elle réfléchit ses modernités en essayant d'éviter ce à quoi l'institution travaille : les « formalismes d'avant-gardes », et interroge la notion d'engagement (tout en évitant celle d'art engagé), avec pour ambition de refabriquer des liens là où les réflexes nationalistes voire identitaires se rajoutent aux frontières pour travailler la séparation, et de re-forcer des possibilités de circulations des paroles, voire de circulation des personnes.
    Au sommaire : trois dossiers (Amérique latine : l'art dans la rue ; Brésil : poésie politique ; Jeunes étrangers à la rue : paroles ouvertes) ; des rubriques (théoriques : avec quels outils se réapproprier le monde ; polémiques : nourrir les débats ; historique : notre histoire est toujours demain) ; des parties « libres » de chantiers poétiques.

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