République des Lettres

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon-Paul Fargue et d'un article de Joseph Kessel. Noctambule invétéré et marcheur infatigable, Léon-Paul Fargue, sans doute le plus célèbre des "Piéton de Paris", ne cesse d'arpenter Paris au gré des amitiés et des cafés, flânant dans son arrondissement préféré, le Xe, entre la gare du Nord et le boulevard de la Chapelle, allant de la rive gauche à Montmartre et de Clichy à Vincennes, faisant l'aller-retour entre la librairie d'Adrienne Monnier, rue de l'Odéon, et la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain, dont les carreaux de céramique proviennent de la fabrique paternelle dont il est le patron. Compagnon d'écrivains et d'artistes comme, entre autres, Pierre Bonnard, Pablo Picasso, Claude Debussy, Erik Satie, Igor Stravinski, Diaghilev, Paul Claudel, Paul Valéry, André Gide, Valéry Larbaud, André Breton ou encore Louis Aragon, il occupe dans la société littéraire de la première moitié du XXe siècle une position exceptionnelle, et son oeuvre est une véritable mémoire de la littérature française. Mais son importance ne se limite pas aux seules qualités documentaires de ses amitiés et de ses déambulations parisiennes. Son admirable "Piéton de Paris" est avant tout l'occasion de découvrir un grand écrivain et un poète riche d'humanité, de profondeur et de résonances.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon-Paul Fargue. "Haute solitude" est l'oeuvre la plus accomplie et la plus déchirante de Fargue. Reprenant les chemins de rêves et de cauchemars déjà parcourus dans "Vulturne", l'auteur poursuit cette fois son investigation jusqu'au point critique où le poète, se séparant de lui-même, s'installe dans la "Haute solitude", lieu étrange dont il nous dit les peurs et les prestiges. Par elle, il atteint la nuit des temps préhistoriques comme celle de la fin du monde dont il nous dit être l'un des six témoins. C'est entre ces deux nuits de la terre et du ciel, de la naissance et de la mort, que s'inscrit ce recueil de proses. Visionnaire stupéfait "d'avoir vu d'un coup Dieu dans le monde, comme on s'aperçoit dans une glace à l'autre bout de la chambre", Fargue possède cette puissance verbale propre à entraîner le lecteur dans la randonnée préhistorique qui ouvre le livre. Nous y assistons à la formation des mondes, à la succession des époques, à l'apparition d'un "monstre bizarre", l'Homme. Puis, délaissant ces mondes chaotiques, un autre univers non moins fantastique est exploré: ce Paris tant aimé, parcouru et arpenté par l'auteur du "Piéton de Paris". Le voici déambulant à travers les rues, accompagné par les fantômes et les visages de ceux qu'il a aimé. Il dit les gares, les banlieues, les cafés, les nuits blanches, les rumeurs de la ville et la vie dans son désordre cosmique. Mais aucune rue qui ne conduise inexorablement vers ce haut lieu où souffle l'esprit: la solitude. "Je travaille à ma solitude, cherchant à la diriger dans la mer d'insomnie où nous a jetés la longue file des morts..."

  • Poisons

    Léon-Paul Fargue

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon-Paul Fargue. L'importance de Léon-Paul Fargue, sans doute le plus célèbre des "Piéton de Paris", ne se limite pas aux seules qualités de son oeuvre. Il occupe, dans la société littéraire de la première moitié du XXe siècle, une position exceptionnelle. Il est le compagnon de peintres comme Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis, Pablo Picasso, de musiciens tels que Claude Debussy, Erik Satie, Florent Schmitt, Igor Stravinski, de "passeurs" tels que Sylvia Beach ou Serge de Diaghilev et, du côté des écrivains, Paul Claudel, Paul Valéry, André Gide, Henri de Régnier, Valéry Larbaud, Tristan Klingsor, André Breton, Louis Aragon, Philippe Soupault, etc. Il s'engage en faveur des mouvements novateurs et des avant-gardes, partisan parmi les premiers, entre autres des Ballets russes, de Vincent Van Gogh, de James Joyce, des Impressionnistes, des Nabis, du Surréalisme et du Cubisme. Noctambule invétéré et marcheur infatigable, il ne cesse d'arpenter Paris au gré des amitiés et des cafés, flânant entre la gare du Nord et le boulevard de la Chapelle, allant de la rive gauche à Montmartre et de Clichy à Vincennes, faisant l'aller-retour entre la librairie d'Adrienne Monnier, rue de l'Odéon, et la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain. C'est au long de ces déambulations parisiennes qu'il fréquente assidûment les cafés, bars, bistros, brasseries, zincs, tavernes et autres débits de boissons en tous genres riches d'une profonde humanité. "Poisons" en est la mémoire, celle d'un observateur inégalable, autant que l'inventaire d'un poète.

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