• Le boiteux et ses prolongements avec les êtres aux pieds fabuleux font partie des figures les plus riches de notre héritage culturel : oedipe, Héphaïstos ou Achille dans la tradition antique, Eve, Jacob ou Lucifer dans l'univers biblique, Mélusine et toute la horde de diables boiteux dans la mémoire populaire et dans la littérature. Pourtant, on a rarement rapproché ces figures les unes des autres.
    Leur parenté fondamentale est très peu étudiée et, par conséquent, le scénario immémorial dans lequel elles jouent un rôle est mal identifié. Mais étudier la mythologie des boiteux et des pieds fabuleux donne un sens insoupçonné à bien des oeuvres et des motifs, et illustre les recoupements constants qui existent entre " grande " et " petite " mythologie. Tous ces êtres blessés ou claudicants sont porteurs d'une ambiguïté essentielle : ils mettent en gage ou sacrifient leur intégrité physique en vue d'un bien, mais en échange parviennent à des sphères jusqu'alors inaccessibles.
    Index nominum et index rerum, quelques illustrations.

  • Aujourd'hui, dit-on, la déficience de l'orthographe, l'invasion de l'anglais, l'appauvrissement du vocabulaire menaceraient notre langue de faillite. Moins précise, plus relâchée, elle perdrait sa légendaire aptitude à la clarté et sa prétention à traduire l'universel : le bon usage se meurt, le respect n'est plus, le cancre se rebiffe et fait école, la décadence est à nos portes.
    Mais, nous rappelle Karin Ueltschi, notre prestigieux français, jouissant certes d'un rayonnement inégalé durant l'âge classique, parlé dans les cours royales et source d'une brillante littérature, n'a jamais cessé d'engendrer inquiétudes et polémiques. et constamment, les disputes du clerc et du jongleur, du savant et du peuple, des anciens et des Modernes ont resurgi au gré des modes et des générations qui se sont succédé durant des siècles.
    Dans ce vibrant plaidoyer pour nos humanités, Karin Ueltschi veut aussi affirmer sa foi en la jeunesse, en dépit de ses lacunes souvent irritantes, de ses tournures fautives, de ses détournements ludiques.
    De la timide émergence du françois jusqu'à nos jours, son ouvrage retrace magistralement cette longue histoire émaillée de conflits et de crises, signes manifestes de la relation passionnelle que nous entretenons depuis toujours avec notre belle langue.
    Karin Ueltschi est professeur de langue et de littérature du Moyen Âge à l'Université de Reims Champagne-Ardenne. Auteur de plusieurs ouvrages, elle a publié, aux Éditions Imago, Histoire véridique du Père Noël, Du traîneau à la hotte (2012).

  • Au commencement était la main, un fragment, la partie d'un tout. L'imaginaire s'en saisit parfois pour raconter l'histoire de la Relève du Temps, l'alternance de la naissance et de la mort à travers la dynamique du sacrifice. Cette problématique constitue la trame souterraine structurant bien des oeuvres à travers l'immémoriale et implacable logique du " si le grain ne meurt. ". Un grand nombre de récits peuvent être déchiffrés grâce à cette clef qui donne sens à toutes ces mains insolites jonchant en particulier dans la littérature médiévale les textes : mains coupées en guise de punition ou dans le duel en prélude à la décapitation, mains rongées par la lèpre ou offertes en tribut, mains magiques enfin, ou desséchées par quelque péché secret ou la seule vieillesse. Et non loin de ces mains, de ces manchots l'on trouve volontiers des poissons, des oiseaux, des eunuques et des vierges, des marraines et des marâtres, des mannequins et des ymaiges, de drôles de pousses de gibet aussi, et beaucoup de jumeaux. Une oeuvre emblématique, La Manekine de Philippe de Rémi, fournira le cadre narratif ainsi que les principaux motifs récurrents autour de la thématique de la mutilation : des traversées de grands océans, des accusations calomnieuses, de grandes disettes et de mélancoliques pêcheurs, mais également des Pâques radieuses. La métonymie engendre le double : amputation et génération forment un couple imprévu pour dire la guérison nécessaire du temps à travers la métaphore de la maternité et de la royauté à restaurer. Une main est coupée, un mannequin est brûlé, un sacrifice est donné au vieux bonhomme Temps pour le refaire jouvenceau, tandis que la Manekine, Reine mehaigniée, est enfin guérie et couronnée.

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  • Le Père Noël n´est pas tombé du ciel... Le jovial vieillard vêtu de rouge, que l´on croise en décembre dans les rues illuminées, n´est nullement une invention récente. Et, par le passé, ce bonhomme tant attendu par les enfants suscita souvent appréhension et frayeur... Mais qui se cache vraiment derrière la célèbre barbe blanche ?

    Remontant jusqu´aux sources médiévales, Karin Ueltschi retrace la généalogie mythique du Père Noël, montre la cohérence symbolique de ses « accessoires » - du traîneau à la hotte - et redonne ainsi à cette figure, tout à la fois familière et secrète, sa véritable et étonnante stature.

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  • Le pied, en particulier le pied qui cloche, est le siège d'un imaginaire très riche. La littérature fourmille de boiteux, de béquillards et de paralytiques, d'unijambistes et d'échassiers de toutes sortes. La boiterie est infirmité physique et mentale aussi : le péché originel ne marque-t-il pas toute la descendance de la Femme par une morsure au talon ? Apollon est appelé loxias non pas à cause d'un défaut ambulatoire, mais en raison de l'ambiguïté de ses oracles. Le Christ, en guérissant un paralytique, lui remet en même temps ses péchés.

    La boiterie est rupture de symétrie : le boiteux, le borgne et le manchot sont cousins. La boiterie renvoie à l'unilatéralité, au bi-parti, à toutes ces figures antiques qui ont perdu une sandale dans quelque enfer, à toutes les Cendrillon, Pédauque et Mélusine du Monde, aux diables boiteux et à tous les equipedes. Le " lieu " du boiteux est la frontière, cette ligne où deux univers opposés se touchent, ce seuil qu'il faut enjamber au prix d'un déséquilibre.

    C'est parfois un dieu courroucé, une mère dépitée, un père désemparé qui sont à l'origine de la claudication, comme dans le cas d'Héphaïstos ou encore d'Oedipe (" Pied enflé "), lequel doit sa vie au fait d'avoir su répondre à une question au coeur de laquelle se trouve encore le pied. Le génie analogique du Moyen Âge fera fusionner Oedipe avec Judas, actualisant ainsi un autre atavisme à l'oeuvre depuis Jacob, Saül et Salomon et jusqu'au juif errant, errant comme l'a été son premier ancêtre, Caïn ; les deux doivent boiter durement à force de marcher. Il se trouve que la tradition a fait de l'un un forgeron et de l'autre un cordonnier. Des forgerons antiques aux savetiers du Moyen Âge, en passant par les celtiques Trébuchet, tout part du pied, tout ramène au pied et nous parle d'enjeux d'une poétique gravité dont les enfants, qui jouent à cloche-pied à sauter de l'Enfer au Paradis, gardent jusqu'à nos jours la mémoire.

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  • À côté - ou entre - l'enfer, le paradis et ce "troisième lieu" qu'est le purgatoire, il existe un autre aspect de l'au-delà qui participe de ces trois sphères et auquel on a donné le nom d' "entremondes" : il s'agit à la fois d'un lieu et d'un temps qui appartiennent aux morts comme aux vivants, mais aussi à des créatures au statut ambigu. Les différentes conceptions de l'au-delà, qu'elles soient celtiques, antiques, chrétiennes et même persanes apportent chacune une manière originale d'envisager cet entre-deux, mais on y trouve aussi d'extraordinaires coïncidences qui témoignent d'une grande cohérence dans l'élaboration de l'imaginaire de l'au-delà et de sa population.
    Ainsi, une frontière perméable rend les échanges possibles, dans le respect de certaines conditions : les contributions réunies ici s'attachent principalement à son étude. On y apprend, par exemple, que certains objets peuvent être d'utiles vecteurs, voire même les adjuvants, des aventuriers qui se hasardent dans ces sphères, des objets très communs comme un bâton ou un drap qui contribuent à rassurer l'âme des humains si prompte à s'effrayer devant cette frontière qu'elle croit absolue ; ils l'aident alors à apprivoiser cet inquiétant ailleurs

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  • La littérature vernaculaire ne mentionne la Mesnie Hellequin qu'allusivement. Mais des éléments fragmentaires sont récurrents d'une occurrence à l'autre ; c'est sur ces récurrences que l'on peut fonder une investigation soucieuse de percer son secret. Au départ était le mystère d'un nom qui a dû opérer tel un charme, dans une chaîne de transmissions pour nous obscure. Ce nom , à partir du XIIe siècle, des clercs l'ont écrit, épelé, ont tenté d'en fixer les contours, en recoupant diverses traditions fragmentaires : cortèges nocturnes souvent aériens, chevauchées armées et chasses furieuses, revenants solitaires encapuchonnés, ou encore défilé grotesque de masques carnavalesques. L'objectif de cette étude est donc précis : retrouver les traces mythiques, donc voilées, de la Mesnie Hellequin dans la littérature médiévale qui n'a pas tant oublié que poétisé cet héritage ; explorer la fécondité et l'évolution des différents motifs qui en émanent, et identifier enfin des résurgences modernes et contemporaines de la figure, certaines illustres, d'autres plus secrètes car masqués pour toujours

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  • À la fois grammaire et incitation à la lecture des textes anciens, cet ouvrage rend compte des principales constructions, des tournures particulières à l'ancienne langue et des mots grammaticaux essentiels.
    La variété et le nombre des exemples retenus constituent une approche sérieuse et vivante d'une langue alors en pleine évolution. Assurer la maîtrise d'un savoir simple, sûr et efficace, tel est le propos de ce livre. Inviter à la découverte de l'histoire de langue française au Moyen Âge, telle est sa vocation profonde.

  • Si la « grande » mythologie, l'olympienne en particulier, est depuis toujours l'enfant chéri des savants et la muse des artistes, il n'en va pas de même avec la « petite » mythologie (dénomination attribuée aux frères Grimm): volontiers reléguée dans la chambre des nourrices et la sphère des enfants, un consensus quasi universel la considère comme un « sous-genre » alors qu'en réalité, elle est dépositaire d'une mémoire mythique et poétique aussi précieuse que sa grande soeur classique. Les traditions orales, véhiculées en particulier par les contes, représentent un vivier inépuisable de motifs qui rejoignent bien souvent, par la structure, les thématiques et les signifiances, la « grande » mythologie: les deux entretiennent des relations intimes, parlent un même langage, il est vrai aux variantes multiples, mais au même grand coeur.L'objectif principal des travaux réunis dans ce volume est de porter non seulement à la lumière du jour toute cette mémoire ancestrale, mais d'établir des ponts entre les deux continents du « savant » et du « populaire », à tort séparés par une frontière invisible et longtemps considérée comme étanche: une thématique « savante » a presque toujours son pendant « populaire », et inversement.

  • à la fois grammaire et incitation à la lecture des textes en ancien français, cet ouvrage rend compte des principales constructions, des tournures particulières à l'ancienne langue et des mots grammaticaux essentiels. la variété et le nombre des exemples retenus constituent une approche sérieuse et vivante d'une langue alors en pleine évolution.
    Assurer la maîtrise d'un savoir simple, sûr et efficace, tel est le propos de ce livre. inviter à la découverte de l'histoire de la langue française au moyen âge, telle est sa vocation profonde.

  • A la fois grammaire et incitation à la lecture des textes en ancien français, cet ouvrage rend compte des principales constructions, des tournures particulières à l'ancienne langue et des mots grammaticaux essentiels.
    La variété et le nombre des exemples retenus constituent une approche sérieuse et vivante d'une langue alors en pleine évolution. assurer la maîtrise d'un savoir simple, sûr et efficace, tel est le propos de ce livre. inviter à la découverte de l'histoire de la langue française au moyen age, telle est sa vocation profonde.

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