Le Realgar

  • « Rongé par le doute, et déterminé comme pas un, Julien Bosc n'a cessé de se vouloir poète. Il a payé le prix fort et il s'est fait poète. Et non pas comme d'innombrables semblants, mais poète très rare. André Bernold avait su déceler à la lecture d'un dialogue écrit sur le fil d'une tragédie sans nom, De la poussière sur vos cils, un texte unique. On peut en dire autant de cette geste murmurée par des gorges inactuelles : Le coucou chante contre mon coeur. Loin des discours engagés, des proclamations stériles, c'est à un exercice d'intériorisation que s'est livré un homme de ce monde, un homme désemparé, savant et sensible. Hanté par une sienne mémoire des vagues d'exil dans une Europe déchirée par la haine, né juif et redevenu juif par obligation morale dans une époque marchandant si volontiers toute dignité, redevenu errant, étranger démuni dans un pays de possédants marqués par le racisme toujours là et instrumentalisé à outrance, Julien Bosc a repris sans plaisir un rôle délaissé, celui du veilleur dans la nuit. Pour que l'humanité ne s'oublie pas tout à fait. »

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