• La bosco

    Julie Mazzieri

    Le jour des funérailles de Suzanne Bosco, un long cortège sillonne la route qui mène au village de Chester. Criblé de dettes, son mari Jacques ne peut lui offrir des obsèques décentes et décide de ne pas se rendre au cimetière afin d'éviter qu'on lui réclame les frais funéraires. La Bosco raconte les heures qui suivent sa fuite et son odyssée dans l'arrière-pays québécois.
    Or le nouveau veuf n'échappera pas si facilement à ses derniers devoirs. La Bosco - véritable potentat domestique - entend bien demeurer au centre de sa propre histoire. Dénué de tout caractère pathétique, ce court roman présente la chute morale de ses personnages dans ce qu'elle a de risible ; c'est-à-dire de la même façon que le spectacle d'une chute physique provoque le rire.
    J. M.
    Julie.

  • Scandalisés par l'idiot du village, le maire de chester et son adjoint conspirent sa mort.
    Un matin de printemps, les deux hommes l'enlèvent et vont le jeter dans un puits. or, au bout de trois jours, l'idiot se remet à crier du fond de sa fosse. " un village comme ici c'est pas une place pour les intrigues ", mettent en garde les habitants de chester. dès les premières pages du discours sur la tombe de l'idiot, le lecteur connaît tous les éléments du crime qui vient troubler ce village sans histoire.
    L'intrigue policière ainsi jugulée, le roman repose principalement sur le génie de l'accusation et du leurre, c'est-à-dire sur les efforts déployés par le maire afin de désigner un coupable et ce, tout en s'assurant le silence de son complice qui menace de s'effondrer sous le poids du remords. parmi les divers lièvres lancés afin de faire diversion se trouve le coupable idéal - paul barabé, un nouvel ouvrier venu se refaire à la campagne dont l'arrivée à la ferme des fouquet coïncide avec la disparition de l'idiot et une autre sinistre découverte.
    Si le roman possède une " essence policière " incontestable, il s'agit d'abord et avant tout d'un roman de la culpabilité. tout en s'attachant au sort de paul barabé, le récit présente l'histoire de chester " saisie du dedans " : une histoire commune non pas appréhendée dans la perspective rassurante des intentions et des actes, mais une histoire se rapportant plutôt aux faits principaux qui accablent ce village sans idiot.
    Ses tableaux consécutifs adoptent le mode vertigineux de la rumeur : leur cohérence surgit du désordre et de la fulgurance des images ; leur logique interne place les villageois de chester sous une lumière inquiétante. comme si le narrateur lui-même ne pouvait se résoudre à faire du maire et de son adjoint les seuls coupables de leur crime.

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