• Au bistrot après minuit et autres textes sur Paris Nouv.

    Centrés sur la France, voici quatorze textes écrits entre 1925, année où Roth est envoyé comme reporter à Paris par le prestigieux «Frankfurter Zeitung», et 1939, l'année de sa mort. Quatorze instantanés, comme des photographies, des scènes saisies sur le vif, principalement dans les milieux populaires, où l'on voit tout l'art de Roth : celle de l'observation réflexive.

  • Publié à lorigine en 1932, le chef-duvre de Joseph Roth, La Marche de Radetzky, dont le titre se réfère, non sans ironie, à la célèbre marche militaire composée par Johann Strauss, relate le déclin et la chute de la monarchie austro-hongroise à travers trois générations de von Trotta. Le destin de cette famille semble indissociable de celui du dernier des Habsbourg : le premier von Trotta, surnommé le « Héros de Solferino » pour avoir, durant la bataille, sauvé la vie du jeune François-Joseph; son fils, fonctionnaire de lEmpire; son petit-fils, officier tombé au champ dhonneur en 1914. Lauteur nous livre ici lévocation magistrale dune société en pleine désintégration politique et sociale et, dune manière générale, le constat dun ordre qui se défait irrévocablement.
    Tout comme Kafka, Musil et Schnitzler, Joseph Roth est un formidable prosateur de la langue allemande. La Marche de Radetzky demeure un grand classique de la littérature européenne du XXe siècle.

  • Rentrée littéraire 2020.

    Il est aussi rare de trouver des inédits de grands écrivains disparus que des textes de grands auteurs étrangers qui ne soient pas encore traduits. Ces deux éléments sont exceptionnellement réunis dans ce volume qui rassemble un roman inachevé de Joseph Roth, exhumé en 1978, soit près de quarante ans après sa mort, et huit nouvelles qui n'ont encore jamais paru en français. C'est dire l'importance de cet ensemble, qui vient enrichir l'oeuvre de l'un des romanciers majeurs du XXe siècle.
    Perlefter, histoire d'un bourgeois est le portrait éblouissant d'un conformiste. Homme tiède, hypocrite, incapable d'aimer ou de haïr, égoïste, pingre et pétri de peurs, cet affairiste se montre prêt à toutes les compromissions dès lors qu'elles servent ses intérêts. Il sait s'adapter à tous les régimes, la monarchie comme la république, mais redoute la révolution et toute forme de désordre susceptible de nuire à sa réussite. Perlefter est le prototype de ces opportunistes qui, le moment venu, soutiendront sans scrupules Hitler et son régime.
    Roman politique et social, Perlefter, histoire d'un bourgeois offre une fascinante étude de caractères, comme chacune des nouvelles ici magnifiquement restituées par Pierre Deshusses. On y retrouve l'une des caractéristiques de Joseph Roth : la nostalgie d'un monde perdu, avec cette tension constante entre le passé et le présent. Mais si l'auteur de La Marche de Radetzky refuse l'exaltation du progrès et de la modernité, il n'idéalise pas pour autant cet univers disparu et fait preuve à son égard d'une grande lucidité critique, y décelant des germes de violence et de brutalité annonciateurs du pire.
    La force de ces récits tient aussi à l'écriture de Roth : ce style si particulier et si bien rythmé où alternent évocations sensorielles et pointes philosophiques, satire et paradoxes.

  • Aux prises avec le génocide littéraire visant les écrivains juifs allemands sous leTroisième Reich, Joseph Roth dénonce la destruction spirituelle de l'Europe tout entière. Lui-même exilé, Roth se fait le défenseur de ces "écrivains véritables", dont les oeuvres sont brûlées sur ordre de dirigeants jugés analphabètes.Les mots de Roth ne sont pas assez durs pour dénoncer l'illettrisme dont le Troisième Reich se rend coupable. Sous la plume d'un grand écrivain doublé d'un excellent journaliste, cela donne des formules définitives : "Que le Troisième Reich nous montre un seul poète, acteur, musicien de talent `purement aryen', qui ait été opprimé par les Juifs et libéré par M. Goebbels !" En lançant ces autodafés, c'est leur propre culture que les Allemands ont vouée aux gémonies.

    Né en Galicie en 1894 dans une famille juive allemande, Joseph Roth est chroniqueur pour Der Neue Tag à Vienne et produit des articles brillants et extrêmement lucides sur son époque. Il entame ensuite l'écriture de romans, dont La Toile d'araignée (1923). Il devient en 1925 correspondant à Paris du Frankfurter Zeitung. En 1932, il publie La Marche de Radetzky. Il est l'ami de Stefan Zweig, destinataire de lettres emplies de pessimisme. Malade, alcoolique et démuni, il meurt en 1939.

  • Dans une petite ville aux confins de l'empire des tsars, Mendel Singer, un humble maître d'école juif, enseigne les Écritures à de jeunes garçons. Mendel ne supporte plus les tentations d'une société en contradiction avec sa règle de vie et décide alors d'émigrer avec sa famille en Amérique. Mais bien des épreuves attendent le maître d'école ; des épreuves qui vont le hisser à la hauteur tragique d'un Job des Temps modernes. À travers l'histoire emblématique de la famille Singer, Joseph Roth brosse un tableau poétique et lucide des communautés juives d'Europe centrale et orientale à la veille de la Première Guerre mondiale.

  • Si La Marche de Radetzky illustrait la gloire et le déclin de l'Autriche-Hongrie au rythme enjoué de la marche militaire de Johann Strauss, le titre même de La Crypte des capucins, qui décrit le désordre de l'Autriche disloquée, évoque une marche funèbre.Le roman débute au printemps 1914 et se termine à l'Anschluss de 1938. Le narrateur, François-Ferdinand von Trotta, lointain parent des Trotta de La Marche de Radetzky, a connu une jeunesse insouciante dans la Vienne de la Belle Époque. Mais la guerre, qui l'entraîne aux confins de l'Empire, où il sera un temps prisonnier des Russes, provoque l'écroulement de son pays, la débâcle de sa fortune et de ses illusions. À son retour, Vienne, autrefois riche, lumineuse, joyeuse, n'est plus que ruines, misère, amoralité. En mars 1938, les nazis entrent dans Vienne. Alors, le dernier Trotta pressent les temps de barbarie. Il va chercher refuge sur la tombe de l'empereur François-Joseph, qui dort son dernier sommeil dans la Crypte des capucins.Mélancolique et lucide, cet ultime roman de l'auteur apparaît comme son testament-confession.« Ici, le dernier fils de la vieille Europe refuse de se soumettre au nationalisme et au nazisme. Le héros antimoderne, conservateur, est le seul qui ne cède pas au fascisme ni à l'inflation morale.» Claudio MagrisJoseph Roth, né en Galicie austro-hongroise en 1894 de parents juifs, mène parallèlement à sa carrière de journaliste à Vienne, Berlin, Francfort, Paris, celle de romancier et nouvelliste. Opposant de la première heure au national-socialisme, il quitte l'Allemagne dès janvier 1933 pour venir s'installer à Paris, où il meurt en 1939.Traduit de l'allemand et préfacé par Blanche GidonRabats jaquetteJoseph Roth est né en Galicie austro-hongroise en 1894, de parents juifs. Après des études de philologie à Lemberg et à Vienne, en 1916, il s'engage dans l'armée autrichienne. Au sortir de la guerre, il se tourne vers le journalisme tout en menant une carrière de romancier. Opposant de la première heure au national-socialisme, Roth quitte l'Allemagne dès janvier 1933 pour venir s'installer à Paris, où il meurt en 1939. Il laisse une oeuvre abondante et variée : treize romans, huit longs récits, trois volumes d'essais et de reportages, un millier d'articles de journaux.Blanche Gidon, confidente et amie de Joseph Roth, était professeur dans un lycée parisien et traductrice littéraire. De Roth, dont elle a défendu l'oeuvre avec passion, elle a traduit plusieurs romans et nouvelles.

  • Publié pour la première fois en 1929 en Allemagne, Gauche et droite mérite d'être considéré comme l'aboutissement de la première manière romanesque de Joseph Roth, qui privilégiait alors l'observation minutieuse de la société allemande et autrichienne contemporaine. Tout à la fois incisif et foisonnant, le roman fait s'entrecroiser les destins de deux "frères ennemis", Paul et Theodor Bernheim, qui incarnent chacun une facette de l'Allemagne de Weimar, et celui d'un émigré russe juif, Nikolas Brandeis. Des personnages déstabilisés par l'expérience traumatique de la Grande Guerre, désespérément en quête de repères éthiques, sociaux ou politiques, tiraillés entre inquiétude existentielle et volonté de puissance. Avec en toile de fond un Berlin effervescent, dominé par le capital, la spéculation, le commerce, l'industrie, la finance, la presse, le cinéma, le cabaret, une métropole qui assiste sans grande émotion à la radicalisation d'un nationalisme xénophobe et à la montée du fascisme. Dix ans après la première publication de Gauche et droite, l'écrivain Hermann Kesten qualifiait encore ce livre de "roman politique berlinois d'une grande actualité, dans la lignée de Stendhal, Maupassant et Heinrich Mann".

  • Ils sont nombreux à avoir visité l'Allemagne, la Russie, l'Italie entre les deux guerres. Mais combien se sont trompés ! Joseph Roth, lui, a vu juste. De l'Allemagne, il écrit en 1930 : " Tout est déjà là : la bête immonde et son âme, le doré sur tranche et le filet de sang " (Lettre du Harz). De la Russie, espoir des peuples, il découvre, dès 1926, le conformisme, l'embourgeoisement. Une classe y a remboursé une autre, mais ce n'est pas celle qu'on attendait. Le bruit et la lumière de la fête se sont éteints. Un jour de la semaine a commencé gris, pénible, dépourvu de poésie " (La Russie a pris le chemin de l'Amérique). En Italie, l'extrême surveillance à laquelle on est soumis oblige à ne faire que passer. Impossible de s'attarder, de questionner. Il faut voir sans être vu. Aussi assiste-t-on à la naissance de ce que l'on pourrait appeler un " journalisme ferroviaire " ou journalisme des signes ", par force limité aux gares, aux hôtels, aux trains - et que rien pourtant, par son sens du détail et du portrait, ne distingue de la grande littérature dont il est le laboratoire. " Je dessine le visage du temps, je suis journaliste, par pas reporter. Je suis écrivain, pas éditorialiste " (lettre à Benno Reifenberg, 22 avril 1926).

  • En 1920, Roth, le correspondant allemand le plus réputé de son époque, arriva à Berlin. Ses articles influencèrent toute une génération d'écrivains, parmi lesquels Thomas Mann. Ces textes, traduits et réunis ici pour la première fois, se font l'écho des violents paroxysmes sociaux et politiques qui menaçaient sans cesse l'existence de cette fragile démocratie qu'était la République de Weimar. Roth s'aventura à Berlin jusqu'au coeur de la cité, ce que ne fit aucun autre écrivain allemand de son temps, tenant la chronique de la vie qu'y menaient ses habitants oubliés, les infirmes de guerre, les immigrants juifs, les criminels, la faune qui hantait les bains publics, sans compter tous les cadavres anonymes qui remplissaient les morgues, et dépeignant aussi les aspects plus fantaisistes de la capitale, les jardins publics et l'industrie naissante du spectacle. Un des premiers à comprendre la menace nazie, Roth évoqua un paysage de banqueroute morale et de beauté débauchée, dressant au passage un remarquable portrait de la ville, à un moment critique de son histoire. Roth saisit et résume à lui seul l'Europe de ces temps incertains qui précédèrent le grand effondrement d'un continent et l'annihilation d'une civilisation.

  • Viens à Vienne, je t'attends

    Joseph Roth

    • L'herne
    • 16 September 2015

    Rares sont aujourd'hui les proses narratives de l'écrivain Joseph Roth à ne pas avoir été traduites en français, à rebours de son oeuvre journalistique qui recèle toujours un certain nombre d'inédits pour le public francophone. Redécouverts de fraîche date, les deux récits réunis dans cet ouvrage : « Mendel, le porteur d'eau », et « Au neuvième jour d'Av », font partie de ces exceptions qui détiennent le mérite de la nouveauté. Il s'agit de précieux témoignages qui lèvent le voile sur l'atelier de confection réputé confidentiel de l'auteur car ils précèdent le roman Job (1930).

  • Fraises

    Joseph Roth

    • L'herne
    • 10 February 2016

    Dans ce texte de 1929, roman inachevé inspiré de son enfance, Joseph Roth met en scène un « chevalier d'industrie » qui revient sur ses jeunes années.
    Évocation d'une petite ville d'un pays de l'Est où beaucoup d'habitants vivent du commerce du houblon, d'une vie parfois rude, d'une famille de huit enfants et d'un père absent et ivrogne, ce texte est cependant empreint d'humour et de poésie. Le lecteur y croise des personnages haut en couleurs : monsieur le Comte, Pantaleymon, voleur battu par sa femme... La part autobiographique de ce fragment qui rappelle l'enfance de l'auteur à Brody, en Galicie, est indéniable.

  • « Je n'aime que les affaires privées. Ce sont les seules qui m'intéressent. [...] La vie privée des hommes, l'humain pur et simple, sont bien plus importants, plus grands, plus tragiques que toute notre vie publique », déclare le héros d'un roman de joseph Roth. L' « humain pur et simple », voilà sans conteste ce que l'auteur est parvenu à saisir dans les nouvelles rassemblées ici, peut-être plus encore que dans ses romans. Avec une tendresse qui n'exclut pas une ironie parfois mordante, il se penche sur des destinées obscures et solitaires afin d'en faire surgir toute la richesse et le tragique - comment ne pas penser, dans ses pages, au Flaubert d'Un coeur simple, tant admiré de Roth ? Sous des dehors ordinaires, les personnages des nouvelles sont capables des passions les plus insensées, tel ce chef de gare autrichien qui sacrifie une existence tranquille et bourgeoise à son amour pour une comtesse russe. Il y a là des originaux comme le comte Morstin du « Buste de l'empereur », qui ne se résout pas à admettre la chute de l'empire austro-hongrois et continue de vénérer François-Joseph Ier, ou encore Nissen Piczenik, l'humble juif ukrainien, que sa passion pour le corail mène à sa perte. Il y a aussi des victimes, innocentes marionnettes engluées dans leurs illusions, leur recherche d'un amour sincère, leur rêve d'absolu : Mizzi Schinagl dans « Un élève exemplaire », le jeune diplomate du « Triomphe de la beauté ». L'écriture élégante et nerveuse, le sens inouï de la conscience narrative qui caractérisent aussi bien ses romans que ses nouvelles font de Joseph Roth l'un des prosateurs les plus singuliers et les plus attachants de la première moitié de notre siècle.

  • Avant d'être célébré comme écrivain, Joseph Roth fut un journaliste vedette de la presse écrite. Reportages de guerre, articles politiques ou chroniques judiciaires, les textes sélectionnés dans cette anthologie entretiennent une étroite correspondance avec son oeuvre littéraire. Ils empruntent volontiers aux codes de la nouvelle et, dans le même style acéré, certains personnages ont directement inspiré leurs homologues romanesques. La littérature n'est jamais loin, mais l'intention est celle d'un témoin direct : il s'agit de « dessiner le visage du temps », de rendre compte d'une époque et de la dénoncer. Au fil des articles présentés dans l'ordre chronologique, on chemine avec Roth à travers les régions ébranlées par la défaite de 1918 : guerre russo-polonaise, troubles politiques en Hongrie, en Silésie, en Rhénanie. S'il affiche un parti pris, c'est celui des républiques, d'Autriche puis de Weimar, contre les tentations autoritaires. C'est aussi celui des victimes, des réfugiés, des déplacés, des expulsés, en particulier des juifs de l'Est menacés par l'antisémitisme. On découvre un Roth engagé qui mène par l'écriture un combat de plus en plus désabusé contre le nationalisme identitaire et la violence xénophobe. Il assiste au procès des assassins du ministre Rathenau, à celui de Hitler après le putsch raté de 1923. Il scrute les faits divers, les affaires de moeurs, comme des révélateurs de leur temps. Exercice obligé pour les journalistes de langue allemande, son récit de voyage en URSS, intégralement traduit, témoigne d'un regard singulier. Roth s'y montre sans illusion sur l'Union soviétique juste avant la terreur stalinienne mais aussi curieux et impressionné, non sans réserves, par l'effort de modernisation de la Russie.

  • « Je n'écris pas de "commentaires divertissants". Je dessine le visage de notre époque. » Telle est l'ambition maintes fois proclamée par Joseph Roth, qui refusait que l'on considérât son activité de journaliste et de chroniqueur comme celle d'un aimable causeur et ne l'estimait pas inférieure à sa prose romanesque. Les esquisses et portraits ici réunis confirment la validité de cette exigence. Observateur minutieux de la surface chatoyante du monde, qu'il sait rendre en quelques traits de plume suggestifs, l'écrivain brosse un panorama subjectif de la modernité qui est en même temps une quête de sens. Des Images viennoises, écrites dans les tout premiers temps de sa carrière de journaliste, jusqu'aux pages ciselées de Cabinet des figures de cire, où il a rassemblé de son vivant les plus beaux textes rédigés pour le compte de la Frankfurter Zeitung quelques années avant la période de l'exil français, Joseph Roth s'affirme au travers de sa prose toujours lumineuse et alerte comme un maître incontesté de la forme brève.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Joseph Roth. À l'occasion d'une manoeuvre impériale en Galicie, Sa Majesté François-Joseph 1er, Empereur d'Autriche et Roi apostolique de Hongrie, passe quelques jours au château du comte Franz Xavier Morstin. Celui-ci ne se sent ni Polonais ni Italien ni Autrichien mais "transnational", comme le grand empire des Habsbourg. Respectant profondément la monarchie, il va jusqu'à faire sculpter un buste de son cher empereur. De retour dans son village après la guerre, le comte, qui ne se résout pas à admettre la chute de l'empire austro-hongrois, ré-installe dans le parc de son château le buste du souverain qu'il avait caché dans sa cave pendant le conflit. Mais lors d'une inspection le nouveau préfet décide que ce buste représentant l'ancien monde ne doit plus être érigé sur le sol polonais. Le comte, aidé par les villageois, enterre alors le buste avec tous les honneurs. Lorsque sa propre mort arrive, il demande à être enterré dans la même tombe.


  • Zipper et son père offre une plongée dans la Vienne du début du siècle dernier, dont les contradictions se reflètent dans la personnalité du "vieux Zipper", archétype du petit-bourgeois qui se pique de modernité, aime à se montrer rebelle face au pouvoir, mais retrouve sa verve patriotique quand éclate la guerre. Le premier conflit mondial marque un double tournant dans le roman: l'Empire disparaît et le vieux Zipper cède la place à son fils; c'est une génération traumatisée et sans illusions qui donne désormais le ton dans la capitale. À la gaîté excentrique d'avant-guerre se substitue une soif de jouissance et de profit qu'incarne l'industrie cinématographique naissante. Si l'ironie de l'auteur donne sa saveur au récit, elle ne tourne jamais à la raillerie: le regard reste indulgent pour ces deux générations malmenées par l'Histoire. C'est que Roth ne prononce pas de sentence "comme un dieu ou comme un juge: d'après les intentions et les actes" mais seulement d'après "l'étoffe dont les hommes sont faits".

  • Dès juin 1932, au café Mampe à Berlin, Joseph Roth déclare à un ami : «Il est temps de partir. Ils brûleront nos livres et c'est nous qui serons visés. Quiconque répond au nom de Wassermann, Döblin ou Roth ne doit plus tarder. Il nous faut partir afin que seuls nos livres soient la proie des flammes.»Le 30 janvier 1933, jour où Hitler est nommé chancelier du Reich, Roth s'exile définitivement à Paris. Les six années qui lui restent à vivre seront particulièrement fécondes, tant dans le domaine romanesque que journalistique. La Filiale de l'enfer réunit vingt-six écrits parus entre juillet 1933 et mai 1939 dans les journaux destinés aux émigrants germanophones vivant en France. Depuis son exil parisien, Joseph Roth observe avec une rage impuissante le rattachement de son ancienne patrie autrichienne au Troisième Reich et tente de combattre l'indifférence, qu'il considère comme le pire des maux. Avec une acuité impitoyable et une rare clairvoyance, sous-tendues par une verve brillante, à la fois mélancolique et drôle, il dénonce les effets pervers du national-socialisme et les grossiers mensonges de sa propagande. C'est «l'instauration de la barbarie et le règne de l'enfer». Seul le Verbe vrai pourra sauver l'époque en tenant lieu de patrie à ceux qui n'en ont plus.

  • Lettres choisies (1911-1939)Traduites de l'allemand, présentées et annotées par Stéphane PesnelLes Lettres choisies de Joseph Roth viennent parachever tout le travail de publication entrepris pour faire découvrir au public français les multiples facettes de l'écrivain. En même temps qu'elles brossent un tableau de la vie littéraire allemande dans l'entre-deux-guerres, rapidement assombrie par l'émergence du national-socialisme, elles permettent de suivre la genèse des grandes oeuvres l'auteur. Depuis les confins de l'Empire austro-hongrois jusqu'à l'exil parisien, on suit les pas de l'un des écrivains les plus attachants du XXe siècle : un homme passionné par la création littéraire, amoureux de la langue allemande, et de la langue française et de la France, un artiste intransigeant dans ses convictions esthétiques, politiques et éthiques, une personnalité ennemie de la tiédeur et du compromis, avec ses emportements et ses indignations, son enthousiasme et sa générosité, sa fidélité comme son exigence en amitié. Le dialogue avec Stefan Zweig occupe ici une place à part et cristallise de manière exemplaire les grandes lignes, la réflexion sur le rôle de la littérature et la question de l'engagement humaniste face à la barbarie.Joseph Roth, né en 1894 à Brody, en Galicie, de parents juifs, est mort le 27 mai 1939 à Paris. Il laisse une oeuvre abondante : quinze romans, récits, nouvelles, reportages, essais, et un millier d'articles de journaux.Collection dirigée par Anne Freyer-Mauthner

  • Les Cent-Jours : parenthèse étrange, qui voit le retour du drapeau tricolore et de la Marseillaise, période trouble, que fait revivre Joseph Roth, dans l'intimité d'un empereur assailli par les doutes. Car les vivats de la foule vont, il le sait, au Bonaparte créé par l'imagerie populaire, à ce général audacieux, auquel il ne ressemble plus. C'est de cette image glorieuse qu'est éprise en secret Angéline, une lingère du palais, qui lie résolument son sort à celui de son maître.De ces destins croisés, Roth suggère qu'ils ont la même grandeur : la conclusion de ce roman émouvant, servi par une prose enthousiaste et lyrique, est qu' il n'y a pas de grande ou de petite Histoire. En revanche il y a l'importance que les événements revêtent aux yeux de ceux qui les vivent. L'amour d'Angéline vaut la conquête de l'Europe, et la mort de son fils, la défaite de l'Empereur. Une fois encore, Roth livre le fruit de ses réflexions sur l'Histoire, qui n'est jamais chez lui une entité abstraite, mais toujours, se fait chair.

  • Strauss's Radetzky March, signature tune of one of Europe's most powerful regimes, presides over Joseph Roth's account of three generations of the Trotta family in the years preceding the Austro-Hungarian collapse in 1918. Grandfather, son and grandson are equally dependent on the empire: the first for his enoblement; the second for the civil virtues that make him a meticulous servant of an administration whose failure he can neither comprehend nor survive; the third for the family standards of conduct which he cannot attain but against which he is too enfeebled to rebel.

  • Anglais Job

    Joseph Roth

    More information to be announced soon on this forthcoming title from Penguin USA

  • 'Every man had not only a weak spot but also a criminal one'At his wife's insistence, upstanding citizen and artillery officer Anselm Eibenschütz leaves his beloved Austro-Hungarian army and takes up a civilian post, as Inspector of Weights and Measures in a remote backwater near the Russian border. At first he does everything by the book, but gradually he finds himself adrift in a world of petty corruption, bribery and drunkenness - and undone by his passion for the beautiful gypsy Euphemia. A haunting evocation of Eastern Europe's borderlands in the early twentieth century, Weights and Measures is also the story of the disintegration of a good man.Translated by David Le Vay

  • A Rebelião

    Joseph Roth

    «Em A Rebelião, Joseph Roth, tal como os seus contemporâneos Broch, Musil e Zweig, esquadrinha, com dolorosa atenção, uma sociedade austríaca moribunda.» - Le Monde

    Homem simples, devoto de Deus e da sua pátria, Andreas Pum é um veterano condecorado da Primeira Guerra Mundial que, tendo perdido uma perna em combate, obtém do Estado uma licença especial para tocar realejo e pedir esmola na rua.
    Apesar da sua indigência e invalidez, Andreas possui uma crença inabalável na justiça e na ordem moral do mundo. Aqueles que culpam pela sua má sorte o Imperador e o Governo, como muitos dos seus ex-camaradas de armas, são a seu ver «pagãos». No entanto, um capricho do destino irá pôr à prova a fé de Andreas mais duramente que a de Jó, abalando as suas convicções para sempre.
    Romance publicado originalmente em 1924, A Rebelião é o retrato desencantado de uma sociedade austríaca profundamente humilhada, fraturada e perdida, cuja opressiva e burocrática máquina estatal continua a controlar de forma cega os destinos dos cidadãos.
    «Os romances de Joseph Roth possuem uma estranha clarividência: são esmagadores na sua simplicidade, exaltantes na sua grandeza moral filosófica.» - Los Angeles Times Book Review

    Tradução do original alemão por Paulo Osório de Castro.

  • Correspondance (1927-1938) de Stefan Zweig et Joseph Roth Traduit de l´allemand et préfacé par Pierre Deshusses Editions Rivages Jamais ils ne se sont dit « tu » et tout les séparait : les origines, le tempérament, le mode de vie, l´orientation politique. L´un était riche, l´autre pauvre ; l´un était conciliant et indulgent, l´autre emporté et radical ; l´un était libéral, l´autre monarchiste ; l´un avait une splendide maison, l´autre habitait à l´hôtel ; l´un était sobre, l´autre a fini par se noyer dans l´alcool. Mais réunis par la passion de l´écriture et de la liberté, les deux écrivains Stefan Zweig et Joseph Roth ont entretenu entre 1927 et 1938, dans une Europe empoignée par la tourmente, une correspondance d´une rare puissance. Brassant vie privée et vie publique, reproches et réconciliations, leurs lettres ne sont pas seulement le reflet de la matrice de notre temps, elles sont le stupéfiant témoignage d´une amitié que rien n´a entamée. Ces lettres se lisent comme un roman, avec leurs tensions, leurs imprévus, leur part de vérité, de composition et de tragique.

empty