• Le premier et le dernier essai de l'écrivain espagnol josé bergamin ont été tauromachiques.
    Un demi-siècle sépare l'art de birlibirloque (1930) et la solitude sonore du toreo (1981). l'art de toréer figura dans sa jeunesse un modèle esthétique et éthique - comment écrire, comment agir -, puis, dans les dernières années, une question métaphysique - comment vivre, comment mourir. à la lumière d'un vers de jean de la croix, bergamin évoque dans ce livre les plus belles expériences spirituelles qu'il vécut en regardant toréer les plus grands, ses amis.
    Essayiste, poète, homme de théâtre, josé bergamin est l'une des grandes figures intellectuelles de l'espagne. malraux prendra ce républicain passionné comme modèle d'un des personnages de l'espoir.

  • Beauténébreux

    José Bergamín

    Profondement intéressé par le sens de la culture espagnole, José Bergamín étudie et analyse dans la plus grande partie de son oeuvre, essentiellement poétique d'essayiste et de critique, différents aspects de cette tradition avec la justesse de trait qui caractèrise son style.
    Beauténébreux (Beltenebros) est une suite de cinq essais autour du phénomène poétique, dans lesquels il explore le large spectre de la poésie lyrique à partir de sa plus pure essence, la magie, ou enchantement poétique. De manière précise et clairvoyante, il nous parle de la constante possibilité de l'impossible en poésie, et attire notre attention sur cette tierce oreille que Nietzsche évoque dans Zarathoustra, ouverte sur l'abîme insondable, obscur ou lumineux, du merveilleux silence.

  • En raison de la situation politique espagnole et des liens de l'auteur avec la France, Le Clou brûlant parut d'abord dans sa traduction française en 1972.
    Malencontreusement la première édition contenait une coquille typographique rendant incompréhensible le raisonnement de l'auteur. Informé de la bévue, Bergamin affirma qu'enlever toute espèce de sens à un livre qui le gênait était bien une preuve de l'existence de Dieu ! De foi il est pleinement question dans ces pages : " la foi, ce n'est pas vouloir croire, mais au contraire c'est croire sans vouloir ".
    S'appuyant sur les poètes plus que sur les textes sacrés, Calderon et son théâtre des songes, Ruben Dario et le diable dans l'Eglise, Goethe et son Faust, Nietzeche et le surhomme et bien sûr, le Don Quichotte, Bergamin explore " le mystère central du christianisme, le mystère de la foi " et donc le mystère de l'Espagne.

  • Mais comment tuer ce taureau ? En commençante par bien le toréer.
    Telle est la "question" (dirait l'anti-torero Hamlet) : toréer ou bien toréer. Question vive, question palpitante de vie, de sang, de vérité... Question par laquelle nous pourrions savoir "comment vont les choses" non seulement dans le toreo mais dans cette "arène ibérique" - disait Valle-Inclan - qu'est l'Espagne. Par cette question vive, palpitante, qu'est le toreo, nous pourrons peut-être, en lui tâtant le pouls, savoir s'il est encore en vie, s'il a encore du sang.
    Et non seulement le toreo, mais l'Espagne elle-même.

  • Ce volume rassemble deux essais de Bergamín, dont un célèbre (de 1934), consacré au torero Don Tancredo qui affrontait le taureau, immobile et debout sur un piédestal. Cette farce de corrida, qui fit fureur au début du XXe siècle, inspire à Bergamín l'un de ses textes les plus spirituels sur la 'paresse' élevée au rang de concept et expression de l'immobilisme d'une Espagne sclérosée. Tournant Don Tancrède en bourrique, Bergamín se livre ici à une véritable corrida de mots, où le pantin ne résiste pas aux véroniques sublimes d'un "grande" (et trop peu connu) de la littérature espagnole. Deux ans après la parution du texte, la guerre civile éclate, et on sait avec quel courage Bergamín s'engagea sans sourciller pour combattre cette Espagne obsolète. Le livre est enrichi de nombreuses illustrations.

  • Poète et essayiste, José Bergamín est né à Madrid en 1897. Il est sans doute l'écrivain espagnol qui, avec le plus de finesse et de sensiblité, a su unir l'influx des mystiques espagnols à celui des figures les plus emblématiques de la pensée européenne. Il avait fondé et dirigé à Madrid la revue littéraire Cruz y Raya. Exilé par Franco, il avait passé de nombreuses années à Paris, après un long détour par l'Amérique latine. Il est mort en Espagne en 1983.
    Dans cet essai au beau titre ironique, il oppose l'état de jeu, qui est l'état de grâce chez l'enfant, au savoir de l'homme cultivé, symbolisé par l'alphabet, l'homme de parole à l'homme de lettres, toujours formel, abstrait, éloigné du réel. « L'analphabétisme est la dénomination poétique commune de tout état spirituel », déclare Bergamín.
    « Au pied de la lettre meurt toujours l'esprit crucifié. »

  • Telle est la grande chose, la cause de notre être : partager, être ou être là, " nous-mêmes partagés de sorte moitié-moitié, toujours à moitié en tout, comme l'amour du couple humain, perpétuellement condamné à la mise en balance de sa fidélité, soit à ne jamais pouvoir être rien d'autre que la moitié de lui-même.
    " 1939-1958. Comme tant d'autres républicains espagnols, José Bergamin endure à Mexico, puis à Montevideo, les souffrances de l'exil. Lui revient alors en mémoire, avec une cruelle ironie, le Madrid de son enfance et de son adolescence, qu'il tente ici de faire renaître de ses cendres. Or, bien que la colère ait tendance à céder le pas à la mélancolie, bien que la confusion règne en tous lieux et que guette le désenchantement, jamais autant qu'en ces pages son extrême liberté d'esprit et son génie d'écrivain n'ont déferlé avec une telle volubilité.

  • " Si je commence à jouer avec les mots, les mots finiront bien par jouer avec moi.
    N'importe. Que je devienne le jouet des dieux ou des dieux de jouet m'est égal. Parce que les mots sont les dieux : la divinité. Le Verbe est Dieu seul. " Si José Bergamin est très tôt passé maître dans l'art littéraire, ce fut d'abord grâce à ses aphorismes. Dans ce style, son sens du paradoxe, sa piquante ironie, sa conception subversive de la pensée et de la poésie avaient tout lieu de s'imposer. On en trouvera la preuve éblouissante dans les trois livres ici réunis, qui forment à eux seuls sa première oeuvre importante.

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  • En Espagne, les anarchistes brûlèrent les églises ; les catholiques ont brûlé l'Eglise." Ces paroles d'un prêtre, rapportées par José Bergamin, résument tout le drame qui est au coeur de Terrorisme et persécution religieuse en Espagne, tout le drame espagnol tel qu'il a pu être vécu par cette Espagne du Christ et de la République, trahie par une Eglise soutenant le fascisme sous toutes ses formes. Ecrits de combat d'une rare violence, les textes publiés ici sont un témoignage sans équivalent de ce qu'a pu être la guerre civile espagnole de 1936 à 1939, entre catholicisme, communisme et anarchisme. Pièces à conviction qui n'abandonnent jamais la littérature, pamphlets toujours épris de vertige mystique, philippiques portées par l'action, les écrits de Bergamin rendent compte au jour le jour des drames d'une guerre intérieure et extérieure et nous en livrent le sens théologique : quel Christ pourra empêcher le déferlement de la barbarie en Europe si, sur une terre soumise aux forces de la mort, sa Croix est livrée au diable par son Eglise elle-même ? Publié à Mexico en 1941 en même temps que Le puits de l'angoisse, Terrorisme et persécution religieuse en Espagne est accompagné d'un abondant dossier de textes et de documents inédits sur la guerre civile espagnole rassemblés par Yves Roullière. De José Bergamin (1895-1983), on peut lire dans cette même collection : L'Espagne en son labyrinthe théâtral au XVIIe siècle (1992), L'importance du démon et autres choses sans importance (1993) et Le puits de l'angoisse (1997).

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