• « Les poèmes de Semen-Contra, tout comme ceux de L'Arbre acide (publiés en 1968), semblent éclos de l'oeuf primordial, l'oeuf d'avant toute chose, quand les mots et leur sens jouaient au chat et à la souris. Ses mots arrivent sur la table d'opération et une machine à coudre se charge de relier plus ou moins fortuitement leur toile imperméable, révélant une mélancolie altière, rigoureuse, impitoyable.
    Le son y joue également son rôle, comme une espèce de vêtement à transformation. C'est sur ce principe d'essayage verbal que se sont fomentés les vingt poèmes de HARR (Hommage à Raymond Roussel), chacun des titres se démarquait d'une séquence des Impressions d'Afrique (exemple : "Pergovédule" devient "Perversion des Ulsters"). Le travail mental n'y est pas moins intense que dans Semen-Contra ou L'Arbre acide. Camacho ne s'est pas abandonné à écrire des poèmes. Les siens ont tout du diamant : la beauté, le mystère, la densité et bien sûr la rareté. » (propos extraits de la postface de François-René Simon)

  • A la faveur d'un festival de théâtre, gabriel guerrero, jeune étudiant cubain, s'est épris d'une mexicaine.
    Et pour la revoir sans tarder, il commet une première erreur : solliciter - vainement - une autorisation de sortie du territoire. peu après, impliqué dans la mise en scène d'une pièce de théâtre jugée " déviationniste ", il abdique toute prudence. commence alors, pour ce fils d'un colonel de la révolution, un " voyage au bout de la nuit ", que jorge luis camacho retrace avec un sens parfait de la confrontation entre destins individuels et histoire nationale.
    Car tel est bien le mérite de ce roman fiévreux et passionné : nous faire traverser tous les rêves, tous les élans, tous les cauchemars d'une jeunesse à jamais brisée par l'implacable utopie de ses pères.

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