• Après F. Raimund et aux côtés de J. Nestroy, F. Kaiser (1814-1874) fut l'un des dramaturges les plus marquants des théâtres des faubourgs viennois durant le «Vor-» et le «Nachmärz», mais sa production, plus «populaire», a mal résisté à l'usure du temps. Son engagement culturel et politique lui confère cependant une stature particulière (fondateur de la Concorde et de l'Ile verte; rédacteur du Kobold et de l'Espiègle; participation à la Révolution). Marqué par Horace, Schiller et Jean Paul, mais surtout par la peinture de genre, il créa en 1840 le «tableau de vie et de caractère» (Lebens- und Charakterbild). Reprenant l'héritage local (Lokalposse), il le nourrit d'apports européens multiples (vaudeville, théâtre social anglais, «nouvelle villageoise») et forgea ses propres conceptions dramaturgiques qu'il formula principalement dans Sous quinze directeurs de théâtre et dans l'Esquisse autobiographique. Son évolution esthétique vers le drame, une catégorie bivalente où comique et sérieux, satire et éthique, coexistent, fut essentielle. Le théâtre se veut ici concordance d'une esthétique et d'une vision optimiste du monde où la communication préservée et l'homme régénéré (les petites gens) préfigurent la société guérie de ses maux et la démocratie libérale future.

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  • Cette anthologie uniquement monolingue (allemand) réunit deux cent quarante-deux études de civilisation autrichienne, témoignant des réalités de l'Autriche moderne post-habsbourgeoise entre 1918 et 1938, gérant longtemps le lourd héritage du traité de Saint-Germain-en-Laye (1919). Le volume illustre les nombreux visages de la Première République (1918-1934) - véritable champ d'expérimentation de l'apprentissage démocratique - liée, entre autres, aux noms illustres de K. Renner et d'I. Seipel ; il brosse le portrait plus sévère de l'État corporatiste (Ständestaat, 1934-1938), expression d'une dérive spécifique, alliant idéologie autoritaire et christianisme, et culminant dans l'austrofascisme, initié par E. Dollfuss et K. Schuschnigg. Cependant faiblesses et/ou errances des deux systèmes sont constamment à inscrire dans le débat de politique intérieure et extérieure autour de l'Anschluss, interdit au sortir de la Grande Guerre par les vainqueurs. En Autriche, multiplicité des langages et expression des mentalités de l'entre-deux-guerres, également à travers les premières manifestations de la Résistance et de l'exil, apportent des éclairages fascinants et révélateurs sur cette époque, soulignant la complexité de l'échiquier, en surface et en profondeur. En définitive, ces deux périodes politiques et l'éradication de l'Autriche souveraine (1938-1945), annexée par le IIIe Reich, furent riches en enseignements pour la Seconde République qui veilla avec vigilance à la solidité de ses assises démocratiques.

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