• La confusion des espèces se décline en trois parties où les poèmes, sous des formes différentes (prose, vers...), jouent de la magie des images, de visions d'une extrême finesse, de musicalité enivrante et du bestiaire de l'auteur pour porter notre émotion à son comble. Le poète repousse les réalités du monde au bord des mondes : il ouvre grand au large ses désirs d'être vivant et même lorsque la mort - tenace - rode et s'invite, la poésie bouscule cette « tête de mort » dans le néant. Le poète joue des coudes, combat, se révolte, vise les planètes, car il veut encore « faire sa valise ».

  • Jean-Yves Bériou, poète que son oeuvre rattache au Surréalisme, vit, écrit et traduit à Barcelone. Il est l'auteur de nombreux recueils dont un certain nombre déjà publiés à L'Escampette, comme Le château périlleux (2003), L'emportement des choses (2010) et Le monde est un autre (2013). L'Escampette a également publié les Lamentations de la vieille femme de Beare en 2006, une translation d'un poème irlandais médiéval qui est reprise à la fin du présent ouvrage.
    Passionné par la culture irlandaise, il arpente le Connemara depuis près de quarante ans. Dans la poésie ancienne de ce pays, il a découvert un imaginaire puissant et une énergie vitale fascinante.
    Ce nouveau recueil est l'aboutissement d'une démarche peu ordinaire et éminemment poétique. Les poèmes, qui datent du VIe au XIIe siècle, ont été écrits en gaélique (en l'occurrence le vieil-irlandais, puis le moyen-irlandais), c'est-à-dire dans la plus ancienne langue vernaculaire occidentale. J-Y Bériou ne lit pas le gaélique, ni ancien ni moderne. Il a entrepris, à partir des traductions existant en anglais, espagnol et français, et d'une longue familiarité avec le monde qui enveloppe ce chant poétique, de donner une translation originale de ces textes magnifiques. Les auteurs anonymes semblent en être la mer, le vent, les rapaces, les matins radieux et la main sans miséricorde du temps.

  • La poésie, à se demander ce qu'elle est, on finit par mêler ses figures ou par la voir trop nue, façons parmi d'autres d'en détourner le regard. De temps à autre, par chance - et presque toujours au fil de sa hâte, au bord de son suspens - quelqu'un trouve, je veux dire qu'il offre d'elle un de ces instantanés dans quoi nous pouvons effectivement reconnaître cette grande coureuse contemplative. Jean-Yves Bériou est un des derniers à l'avoir vue vivante, " fougères joyeuses entre les omoplates ", creusant la nuit physique, la nuit mentale, la nuit des nerfs, l'os de la nuit, dénouant la corde de l'amour. C'est le dernier signalement qu'on ait d'elle. Il est vieux comme le ciel et il me paraît particulièrement ressemblant.
    Pierre Peuchmaurd

  • Le mot d'ordre pour appréhender au mieux cette poésie est : ne lisez pas ! Mais laissez-vous prendre par ce foisonnement d'images qui, parfois, envoûtent comme des formules magiques...
    Le poète cherche à établir le "contact " , à trouver la bonne vibration. Pas étonnant que, par ailleurs, Jean-Yves Bériou traduise la mystérieuse poésie du monde gaélique ancien ou la flamboyante poésie du grand Antonio Gamoneda.

  • Le monde est un autre

    Jean-Yves Beriou

    Sur commande
empty