• « Un acteur doit interpréter la vie, et pour y parvenir, se livrer à toutes les expériences qu'elle lui offre. Mais il doit exiger plus que cette offre. Au cours de sa brève existence, l'acteur doit apprendre à s'éveiller à la vie, et dans ce combat il doit être un surhomme. » James Dean (1931-1955) a connu la gloire en l'espace de trois films. Sorti au lendemain de l'accident de voiture qui lui coûta la vie, La Fureur de vivre mit en évidence le malaise de toute une génération. Cinquante ans plus tard, le phénomène d'identification avec un comédien qui voulut cautériser les plaies de son enfance en multipliant les signes de rébellion est toujours aussi vivace.

  • La première biographie d'un de nos derniers « monstres sacrés » Jean Rochefort, c'est cet élégant gentleman-farmer breton dont les fous rires évoquent les hennissements de ces chevaux qu'il aimait tant et qui lui ont valu le Mérite agricole. Tout petit déjà, l'écolier tiré à quatre épingles amuse ses camarades, à défaut de briller au tableau noir. Écrasé par un père autoritaire qui voudrait le voir réussir aussi bien que son frère aîné, il rêve d'un autre monde en écoutant des représentations théâtrales à la radio avec sa mère. Faute de devenir comptable, il va jouer la comédie, sympathiser au Conservatoire avec Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Bruno Cremer et Annie Girardot, convertir Philippe Noiret à l'équitation et échanger bon nombre de rôles avec Jean-Pierre Marielle. Au théâtre, chez Anton Tchekhov et Harold Pinter, puis au cinéma, chez Yves Robert, Patrice Leconte et Bertrand Tavernier, Jean Rochefort glisse des emplois de clown à ceux de séducteur, de la légèreté de Cartouche et d'Angélique à la gravité du Crabe-Tambour ou d'Un étrange voyage. Avec comme signes reconnaissables entre tous sa moustache, son oeil malicieux, son refus de l'injustice, ses singeries irrésistibles, sa fantaisie et un sens du verbe qui rajeunit joyeusement nos classiques dans Les Boloss des belles-lettres.
    Née de huit ans d'une enquête minutieuse, cette biographie donne abondamment la parole à Jean Rochefort pour dessiner le portrait chinois d'un des acteurs préférés des Français, couronné de trois César, dont la vie épouse six décennies de notre histoire et dont quatre femmes, cinq enfants et d'innombrables animaux jalonnent l'existence trépidante.

  • La liste est longue et impressionnante : Isabelle Adjani, Patrick Dewaere, Gérad Depardieu, Christophe Lambert, Gérard Lanvin, Romy Schneider, Annie Girardot, Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Catherine Deneuve, Vanessa Paradis, Jane Birkin pour n'en citer que quelques-uns parmi les acteurs ; François Truffaut, Alain Resnais, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Pedro Almodovar, Maurice Pialat, Luc Besson, Claude Zidi, Claude Sautet, Francis Veber... pour les réalisateurs.
    Première a été tout au long des années 80 et 90 le magazine français de cinéma n°1. Pas une promotion de film sans passer par Première : les journalistes se déplaçaient sur les tournages, les stars se confessaient, les réalisateurs racontaient leur dernier film, toute la profession s'exprimait dans Première.

    Né au milieu des années 70, créé par Jean-Pierre Frimbois (qui avait déjà lancé Onze) et Marc Esposito, Première profita d'une génération de stars montantes telles qu'Isabelle Adjani, Gérard Depardieu ou Patrick Dewaere. Dès ses débuts, le magasine s'intéresse en priorité aux acteurs, ils font systématiquement la une du journal et se livrent dans de grands entretiens qui attirent des centaines de milliers de lecteurs.
    Les sujets ne sont pas limités à l'hexagone, le cinéma étranger a été très largement chroniqué dans les colonnes du magazine. On pourra retrouver toutes les rubriques des lecteurs comme par exemple l'entretien de Pedro Almodovar à l'occasion de la sortie de son film Femmes au bord de la crise de nerfs ou encore les réponses de Gérard Depardieu au fameux questionnaire de Proust en passant par la non-interview de Tom Cruise ou les débuts de Charlotte Gainsbourg.

    Cet ouvrage est illustré, entre autres, de fac-similés choisis à travers les 40 années de l'existence du magazine, de portraits d'acteurs, de photos de tournages et de documents d'époque.

  • Bernard Blier fait partie de ces « gueules » du cinéma français qui appartiennent à notre mémoire collective. Et pourtant, de ce comédien extrêmement populaire (y compris dans les jeunes générations, fans comme leurs aînés des inoubliables Tontons flingueurs), à la carrière riche de plus de cent quatre-vingts films et trente pièces de théâtre, on ne sait presque rien. Au fil de cette biographie - la première complète et documentée qui lui soit consacrée -, Bernard Blier se révèle un personnage aussi singulier que ceux qu'il a incarnés. Une naissance en Argentine en 1916, une vocation précoce, à l'âge de onze ans, à la sortie d'une représentation à la Comédie Française. Son père hausse les épaules : « Tu seras privé de dessert », mais prend conseil auprès d'un comédien en vogue à l'époque. « C'est dans l'?uf », juge l'homme de l'art après avoir écouté l'aspirant acteur réciter un poème. Et de fait, le jeune Blier (élève préféré de Louis Jouvet au Conservatoire) débutera dans Entrée des artistes, Hôtel du Nord et Le jour se lève, rien de moins ! Facétieux comme on n'oserait plus l'être aujourd'hui, soupe au lait, joueur (il s'adonne aux courses... de chevaux de bois !), bibliophile et alpiniste avertis, fin gastronome, homme et père intransigeant, fou de comédie, il plaçait l'amitié plus haut que tout avec ses complices François Périer, Gérard Philipe, Jean Gabin, Jean Carmet, Gérard Depardieu... Menée à l'anglo-saxonne, comme une enquête, fondée sur des témoignages inédits (notamment celui de son fils, le cinéaste Bertrand Blier, qui a accepté pour la première fois de se confier aussi longuement sur ce père aux multiples visages), cette biographie traverse cinquante ans d'histoire du septième art, et nous fait approcher la vérité d'un homme qui a vécu comme il jouait la comédie : sérieusement, sans jamais se prendre au sérieux, avec pour maxime cette devise de Michel Audiard, son meilleur dialoguiste : « J'parle pas aux cons, ça les instruit. »      

  • A l'époque où le cinéma américain retentit d'effets spéciaux tapageurs, Woody Allen demeure, loin de Hollywood et de ses systèmes, un auteur à l'européenne.
    Né en 1935 à Brooklyn, le plus célèbre représentant de l'humour juif new-yorkais est aujourd'hui consacré comme un grand cinéaste par une intelligentsia dont ses films reflètent les moeurs et les modes avec autant de drôlerie que d'acuité sociologique. En quelque vingt-cinq chapitres plus ou moins graves, Woody Allen a ainsi édifié ce qu'il convient de considérer aujourd'hui comme une oeuvre majeure, par sa cohérence aussi bien que par sa profondeur.
    Des débuts du comédien et du scénariste de Quoi de neuf, Pussycat ? à la maturité triomphante du réalisateur de Mighty Aphrodite, le rouquin à lunettes le plus célèbre de l'histoire du cinéma jongle avec les références culturelles et cinéphiliques en racontant toujours la même histoire : la sienne. Film après film, il a su tisser sa toile et développer des collaborations qui témoignent d'une exemplaire fidélité, tout en rendant hommage à deux femmes, ses muses: Diane Keaton et Mia Farrow.
    Quand l'un de ses films sort, le tournage du suivant est déjà en cours. On a beau guetter Woody Allen au tournant, il est déjà loin. Il aurait pu se contenter d'être le plus brillant disciple des frères Marx, il est devenu le Bergman de l'Amérique. Une institution.

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