• Fondateur de la revue Esprit, Emmanuel Mounier (1905-1950) fut, avec la philosophie personnaliste qu'il a inspirée, le chef de file d'un courant de pensée qui a marqué de son empreinte l'histoire intellectuelle. Soucieux de restaurer la primauté de la personne humaine alternativement broyée par le libéralisme et le totalitarisme, Mounier tentait de remédier au délitement du lien social en interrogeant notre modèle de développement. En ces temps comparables, par nombre de ses traits, à la crise de civilisation diagnostiquée durant l'entre-deux-guerres, la révolution spirituelle qu'il appelait de ses voeux continue de nous interpeller. À travers un portrait de l'homme et une introduction à l'oeuvre sans équivalent, c'est l'actualité d'une pensée que cet ouvrage met en lumière.

  • Le slogan " si nous n'avons pas de pétrole, nous avons des idées " n'est pas aussi dérisoire qu'il en a l'air.
    Il y a, en france, beaucoup plus d'idées qu'on ne croit. mais la plupart des gens vivent à côté de ces gisements sans pouvoir y puiser, sans même les soupçonner. cette incompréhension entre penseurs et grand public, j. m. domenach ne s'y résigne pas. c'est pourquoi il a voulu tenter une " première " appliquer les techniques du journalisme aux idées en écrivant pour les lecteurs de l'expansion une série d'articles sur les grands courants qui transforment notre paysage intellectuel.
    Marxisme et structuralisme s'effacent, tandis qu'apparaissent de nouveaux historiens, nouveaux philosophes, nouveaux libéraux, la pensée du système et celle de rené girard.
    Un moment intimidée par les sciences de l'homme, la réflexion prend un nouveau départ et ne craint pas de chercher appui sur les sciences de la nature et de la vie pour refonder la liberté.

    Ce guide bref, en forme de défi aux livres pesants, n'a qu'un but : par une présentation vivante suivie d'une bibliographie pratique, initier les lecteurs à ces idées qui nous préparent à entrer dans le xxie siècle.

  • Cet ouvrage - qui reprend le cours donné à l'Ecole polytechnique dans le cadre du département " Humanités et Sciences sociales " - a un double objet :
    Définir ce qu'est cette modernité qui s'est emparée de notre monde depuis plus de trois siècles ;
    Introduire à la connaissance des sciences de l'homme, dont la modernité a permis la naissance et le développement.


    Ni manuel d'histoire ni encyclopédie, il se caractérise par des approches convergentes, utilisant non seulement l'histoire et les sciences de l'homme et de fla société, mais aussi la philosophie et la littérature. Chacun des chapitres est suivi d'une série d'extraits significatifs et d'une bibliographie permettant d'avancer dans diverses directions. Il s'agit donc d'une table d'orientation, précieuse pour tous ceux, scientifiques et littéraires, qui veulent comprendre l'époque à laquelle ils appartiennent.

  • A la fin de son journal, le 17 juin 1997, Jean-Marie Domenach écrivait : " Ne pas me déterminer par rapport à la mort, mais par rapport à la vie.
    " Dernière page du dernier de ses cahiers d'écolier, le seul dont la couverture soit encore claire, comme neuve. La série est disparate, d'épaisseur inégale, le format, scolaire, les couvertures, ternes. [... ] Les cahiers se suivent et chaque couverture porte les dates des années écoulées. Mais il ne faut pas chercher un compte rendu rigoureux de ses travaux ni de ses combats. Parfois des indications ou la mention : " rien écrit ici depuis trois mois ".
    Son journal, il le reprend " pour le plaisir " d'écrire, sans autre contrainte que celle de la mise en forme. Qu'il témoigne - l'aventure d'Esprit, les déceptions de l'après-guerre, la tragédie de l'Algérie, les prémices de 68 ou qu'il raconte - ses rencontres avec les " grands ", ceux qui ont fait l'histoire, comme avec chacun de ses interlocuteurs -, c'est un combattant qui parle, écoute, répond, intervient.
    S'il n'est pas content, il gronde ; une formule lui suffit pour assassiner l'adversaire ; une citation, anachronique, et on l'entend qui éclate de rire. Il n'a pas cessé de se battre contre les tricheurs, pour la libération de l'homme de toutes les tyrannies. Comment accepter le silence, laisser s'éteindre une voix qui s'adressait à tant d'amis ? Comment oublier sa réponse à la question qu'il se posait le 17juin 1997 ? Il a continué à vivre sans se protéger et il est mort indigné.

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  • "Ce que je crois est, pour l'essentiel, ce que je croyais à vingt ans. En me retournant sur mes croyances, j'ai rencontré mon premier amour, la France. Un peuple glorieux, et ce qu'il en reste. C'est peut-être ici que le déchirement a été le plus pénible. J'ai dû m'y résigner : aucun sujet collectif ne me porte plus sur ses épaules, et la seule révolution encore possible, c'est la révolution ontologique, celle qui mène directement aux gens, celle pour laquelle, à {Esprit}, j'ai travaillé pendant trente ans. Par-derrière, il y avait ce Dieu dont on m'avait trop parlé au temps de ma jeunesse pieuse, et dont je n'avais encore jamais parlé, par révérence, par crainte peut-être. Et pourtant, si l'homme semble lointain, comme Dieu est proche ! On oublie que l'état naturel du cosmos c'est la nuit, comme le faisait remarquer Victor Hugo, et que toute lumière nous vient d'ailleurs. Cette lumière je la vois derrière ce qui aide à penser la société et à la réformer, Illich, Castoriadis... Ce n'est pas pour moi l'alternative pathétique du salut, mais la garantie de la liberté raisonnable et du bonheur autonome." J.M.D.

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  • Gilbert Dru a été abattu par la Gestapo à Lyon sur la place Bellecour le 27 juillet 1944 en plein midi, avec quatre autres résistants, en représailles d'un attentat antiallemand. Étudiant en lettres de 24 ans, responsable de la Jeunesse étudiante chrétienne, il était devenu un des animateurs de la résistance chrétienne dans le Sud-Est. Disciple généreux de Péguy et d'Emmanuel Mounier, il lisait aussi avec enthousiasme les poètes de la Résistance ; Aragon lui a dédicacé son fameux poème « Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas ». Intellectuel lucide et organisateur méthodique, il projetait de mener, dans la France libérée, une action politique originale en associant les chrétiens résistants aux autres républicains soucieux de progrès social.

    Jean-Marie Domenach (décédé en juillet 1997) a été secrétaire puis directeur de la revue Esprit de 1946 à 1977, puis professeur à l'Ecole Polytechnique. Il a publié en 1947 Gilbert Dru, Celui qui croyait au ciel, témoignage sur son ami rédigé avec le concours de Denise Rendu ; ils ont repris ce texte en le complétant.
    Denise Rendu a été la fiancée de Gilbert Dru. Agrégée de lettres, elle a été professeur au lycée Saint-Just à Lyon. Christian Rendu, son mari, était ami de Dru. Ils ont participé à la Résistance, et travaillé après la Libération au quotidien lyonnais La Liberté, issu de La Résistance chrétienne.
    Bernard Comte, agrégé et docteur en histoire, a enseigné à La Faculté des Lettres et à l'Institut d'Etudes politiques de Lyon. Auteur de plusieurs ouvrages sur la Deuxième Guerre mondiale, il présente ici le milieu intellectuel et résistant lyonnais qui a inspiré Dru et ses amis.

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