• On considère quelquefois la sociologie comme une discipline « dangereuse » ou simplement inutile. Ce livre plaide pour une approche différente : en dépit de leurs divergences, qui font de leur discipline le lieu d'un débat infini, les sociologues partagent l'idée selon laquelle le monde social peut être expliqué, au moins de manière provisoire.
    Dans ce livre, Jean-Louis Fabiani offre une vision globale de la discipline sociologique, permettant aux novices de s'y retrouver, mais également de comprendre le terrain de la sociologie et comment la pratiquer.

  • Clint Eastwood est aujourd'hui le metteur en scène de cinéma le plus populaire au monde. Sa longévité exceptionnelle - il tourne et joue encore à quatre-vingt-dix ans - lui a permis de traverser les époques et les genres : western, mélodrame, film policier. Il revisite les classiques du cinéma américain tout en les adaptant au contexte social et politique de notre temps. On pourrait le classer à droite si l'on considère ses prises de position politiques et quelques-uns de ses thèmes, comme celui du flic qui ne s'embarrasse guère de légalité, ou celui du mâle blanc sauveur. Pourtant, il serait trop facile de ne retenir que cette image. Des féministes voient en lui le déconstructeur de la masculinité. Les Africains-Américains en font leur acteur préféré.
    Il y a donc un mystère Clint Eastwood, que ce livre tente d'éclaircir, en analysant sociologiquement son parcours et en rendant compte de la manière dont il représente les questions de classe, de genre et de couleur. L'ambivalence est le maître mot de son oeuvre et lui donne son caractère ouvert, susceptible d'appropriations multiples et contradictoires.

  • Loin des clichés, la Corse présente une réalité plurielle et complexe.
    Appuyant son analyse sur un socle historique qui rappelle les contraintes de l'insularité, l'auteur commence par un examen des transformations qui ont marqué le dernier demi-siècle : bouleversement de l'agriculture, développement du tourisme, inversion de la dynamique démographique. Ces constats permettent de comprendre l'essor des revendications nationalistes et la violence politique qui ont marqué la Corse dans un contexte de déclin des « clans » traditionnels. La légitimation de l'autonomie a largement bénéficié de la puissance d'un mouvement culturel (le riacquistu), aujourd'hui hégémonique. L'économie corse est à présent largement fondée sur le tourisme : cela entraîne de nouvelles contraintes, liées au développement d'une délinquance économique, à la saisonnalité et à l'augmentation des prix, notamment dans l'immobilier.
    Constamment fondé sur des faits, non partisan, ce livre croise l'ethnologie et la sociologie pour envisager avec lucidité les possibilités aussi bien que les menaces du futur.

  • L'extraordinaire succès de l'oeuvre de Pierre Bourdieu, en France et à l'étranger, dans l'Université comme auprès des médias et au sein de la société, brouille en partie sa lecture. Ses interprètes ne s'encombrent pas toujours d'un examen attentif des textes et encore moins d'une réflexion sur la genèse sociale de concepts désormais classiques : qu'ils s'emploient à célébrer ou à dénigrer l'ambition de l'édifice théorique, ils en mésestiment fréquemment la rigueur et la complexité.
    A rebours du traitement ordinaire que les routines académiques réservent aux productions intellectuelles, Jean-Louis Fabiani tente d'appliquer à Bourdieu les outils qu'il a lui-même forgés. Cette méthode, restée inédite, permet ainsi d'éprouver à la fois leur efficacité pour rendre compte de la trajectoire, moins extraordinaire ou atypique qu'elle ne paraît, du sociologue, et leur portée heuristique en général.
    Il s'agit de réintégrer " Bourdieu " dans le cadre analytique qu'il a lui-même construit, non pas pour le transposer de façon mécanique, mais pour en mesurer éventuellement les limites. En interrogeant les ambiguïtés et les inflexions de l'oeuvre comme les ambivalences de ses usages savants et politiques, ce livre en montre une part de la grandeur cachée, et, en ne prenant pas entièrement au sérieux l'ambition héroïque du grand théoricien, il lui donne la possibilité, apparemment paradoxale, de survivre à ses propres contradictions.

  • Le philosophe constitue l'une des figures les plus remarquables de la vie intellectuelle française. De Bergson à Foucault en passant par Sartre, il est l'ambassadeur à l'étranger d'une forme de "francité", paradoxale pour celui qui s'est installé d'emblée dans une perspective universelle. Au cours du XXe siècle, la discipline qui venait couronner l'enseignement secondaire classique a connu à la fois le succès mondial d'un style de pensée et les affres du déclassement institutionnel en France. Ce récit vivant décrit au plus près ce qu'est la philosophie française: une construction conceptuelle, dont toutes les lectures et réceptions sont à prendre en compte, une institution et des pratiques sociales, de la salle de classe à la scène médiatique. Ce livre est aussi un hommage, ironique et quelquefois impertinent, à ceux qui ont fait une bonne part de notre histoire culturelle.

  • Quelles sont les transformations les plus significatives intervenues dans les sciences sociales depuis 25 ans? Jean-Louis Fabiani croise et confronte une série d'ouvrages français et états-uniens qui ont fait date, et par ses lectures critiques configure un espace de connaissance inédit. Défense et illustration de la notion de leet01; cet ouvrage est aussi une introduction à la sociologie contemporaine. Rendre compte d'un livre, c'est s'installer d'emblée au centre du savoir des sciences sociales.

  • Le livre s'appuie principalement sur l'observation systématique des débats organisés au cours du festival d'avignon 2005.
    L'édition 2005 a été particulièrement agitée : elle a été marquée par une campagne de dénigrement de la programmation et par une contestation assez forte, émanant d'une partie de la presse, de l'artiste invité jan fabre. a avignon s'est construit, depuis 1947, un mode d'articulation particulier entre culture et politique, entre théâtre et service public. il existe un pacte fondateur du festival, et tous les constats portent à croire qu'il n'a pas été profondément modifié au cours du temps.
    Le matériau recueilli permet de contribuer à l'analyse des formes publiques d'expression sur la culture, et de mieux connaître ce qu'on peut appeler le public en action, alors que le spectateur est souvent silencieux sur ses pratiques et ses émotions. il ne s'agit pas de proposer quelque chose comme une théorie générale des formes de participation du public, ni même de tenter une montée en généralité à partir du festival d'avignon.
    Simplement, en s'appuyant sur ce qu'il y a de plus solide dans l'analyse monographique, on s'efforce de caractériser les formes de la prise de parole contextualisée à propos des objets culturels.

  • Existe-t-il encore des formes culturelles consacrées dont l'autorité s'imposerait dans la société ? La situation semble au contraire être marquée par une joyeuse anarchie des goûts et des couleurs. Les essais réunis dans ce volume tentent de faire le point sur la question, réexaminant les conceptualisations majeures qui ont marqué récemment la sociologie de la culture (Howard Becker, Pierre Bourdieu, Michel de Certeau, Richard Peterson).

  • La Provence est aujourd'hui l'objet d'une attention universelle. De New York à Tokyo, cette région évoque à la fois la qualité de la vie au soleil et les plaisirs du loisir cultivé. Appuyé sur l'enquête ethnographique, ce livre tente de rendre compte de la constitution de quelques images anciennes ou récentes de la Provence, en portant l'attention sur des objets apparemment mineurs (les cigales, les tomettes, les fenêtres) ou sur l'histoire locale (la maison de Charles Maurras à Martigues).

  • Il est une infinité d'approches pour décrire l'Europe du sud.
    Celle de Bernard Plossu est un regard constant, fidèle sans doute à son propre imaginaire, proche aussi de notre perception quotidienne de ces contrées lumineuses, sauvagement gaies, infiniment pudiques, qu'une autre Europe pourrait appeler pauvre, criarde, oubliée.
    Ni puzzle, ni kaléidoscope, qu'elles soient d'Istanbul, de Grèce, d'Italie, de France, d'Espagne ou du Portugal, ces images-là ont un sens, une histoire commune, sans frontière, sans complaisance.
    Un recueil qui offre à chacun, à travers ce beau regard, la vision d'un patrimoine commun qu'on pourrait appeler la grâce.

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