• L'oeuvre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) est difficile d'accès mais elle est de celles qui ont dessiné le paysage de la pensée contemporaine. Cet ouvrage nous permet de suivre la constitution progressive du « système » hégélien en exposant ses grandes articulations : logique, nature, esprit.

  • L'affaire est entendue, et Karl Jaspers l'a résumée : Cari Schmitt fait partie avec Heidegger de "ces professeurs [...] qui ont tenté de prendre intellectuellement la tête du mouvement national-socialiste".
    Depuis lors, nonobstant, des contradicteurs distingués, Strauss, Löwith, Peterson, Kojève, Blumenberg, Habermas, Derrida..., ont discuté âprement ses thèses, souvent pour les rejeter, comme il en va avec tous les classiques intéressants, de Platon à Wittgenstein. Aussi l'heure est-elle venue de "partir de Cari Schmitt", au double sens de reformuler des questions essentielles à partir de certains de ses travaux et de lui donner congé lorsqu'il ne nous aide plus à penser.
    Certains de ses concepts (le nomos de la terre, la constitution comme décision "existentielle"...) ou des concepts sur lesquels il a apposé son empreinte (le pouvoir constituant, l'Etat de droit "bourgeois") éclairent différemment des questions telles que le rapport entre décision et rationalité ;
    L'enracinement des normes juridiques dans les institutions ; le statut de l'ordre constitutionnel et ses présuppositions ; les effets pervers du retour de la morale en politique internationale (droits de l'homme et démocratie forment-ils le couple uni que l'opinion dominante nous décrit ?).
    Mais cette fécondité se heurte à une limite fondamentale : Schmitt est plus efficace pour penser des ruptures et des instaurations que pour décrire le fonctionnement normal de l'ordre juridique établi. A jamais, il demeure un penseur du dissentiment.

  • Explorer l'Allemagne, c'est explorer quelque chose qui était là avant d'exister : un emplacement sur la carte de l'Europe, une tache dans son histoire, au mieux une « culture », comme on dit quand on ne sait comment nommer les choses. C'est aussi se confronter à des constructions intellectuelles grandioses qui ont eu pour auteurs, entre autres Kant, Fichte, Hegel, Marx, mais aussi Nietzsche, Husserl, Heidegger. Pourtant, si la philosophie a pour territoire l'universel, pourquoi s'intéresser à la philosophie allemande ? Et d'abord, peut-il y avoir quelque chose de tel ?
    C'est à une enquête sur la spécificité de la philosophie d'expression allemande que nous invite ce livre. Enquête qui réfléchit en même temps le parcours de son auteur. Ainsi l'entretien avec Thibaut Gress qui ouvre le livre montre le long commerce passionné entretenu par Jean-François Kervégan avec les penseurs allemands, de Kant et Hegel à Habermas et Honneth ; il éclaire son mode d'approche et la façon dont il comprend aujourd'hui l'activité philosophique. Cet échange dense et précis interroge la conception ambitieuse de la rationalité portée par cette philosophie : le projet d'autodétermination de la raison, son pouvoir normatif. Les chapitres ultérieurs détaillent ces formes et pouvoirs de la rationalité au prisme de l'événement révolutionnaire et scrutent les échos contemporains des thèmes et des problèmes issus de la tradition de l'idéalisme allemand. Ils évoquent enfin la question disputée de l'existence d'une pensée post-métaphysique. Un parcours engagé et érudit.

  • Comment la raison normative évalue-t-elle les maximes d'action fournies par la raison commune ? Afin de répondre à cette question, le présent ouvrage étudie les transformations des concepts kantiens de liberté à partir de la Critique de la raison pure ; puis il expose la théorie kantienne de la normativité en réinterprétant la « loi fondamentale de la raison pure pratique » et le « fait de la raison » ; il établit alors qu'il y a une théorie pure de la normativité juridique (une métaphysique du droit) ; enfin, examinant les rapports de la philosophie pure (métaphysique) et de l'anthropologie, il s'interroge sur l'existence d'une philosophie de l'histoire chez Kant, et suggère pour finir que le kantisme dessine la perspective d'une rationalité incarnée dans des pratiques et des institutions, ce qui n'est pas sans annoncer la conception hégélienne de la Sittlichkeit.

  • Comment et pourquoi la philosophie juridique et politique contemporaine est-elle revenue à Kant? Il faut pour le comprendre s'intéresser d'abord à l'ancrage de la pensée du droit dans la théorie kantienne de la raison pratique et aux problèmes que pose le statut kantien d'une raison normative dans les deux champs coordonnés de l'éthique et du droit (voir les articles de Hans Friedrich Fulda, Bruno Haas, Jean-François Kervégan).
    L'articulation entre droit privé et droit public, entre droit et politique dans la Métaphysique des moeurs doit être considérée en relation avec l'exigence d'une fondation unitaire du système des normes pratiques (João Carlos Brum Torres, Robert B Pippin, Philippe Raynaud, Myriam Revault d'Allonnes). La philosophie politique de Kant peut dès lors être envisagée dans le prolongement de sa théorie du droit international, avec l'ouverture d'une perspective cosmopolitique qu'il importe de définir avec précision (Monique Castillo, Carla De Pascale, Georg Mohr).

  • S'inscrivant dans le courant des lectures non métaphysiques de Hegel, ce livre présente le bilan de vingt-cinq années de recherches consacrées à "l'esprit objectif". Son ambition est de comprendre ce qu'il en est de l'équation de l'effectif et du rationnel posée par les Principes de la philosophie du droit. La première partie montre que le droit abstrait (privé) a une fonction stratégique dans l'économie de l'esprit objectif et permet à Hegel de dépasser l'alternative entre droit naturel et histoire. Consacrée à la société civile, la deuxième partie met en évidence l'aporie du social, justification négative d'un espace politique qui ne soit pas simple extension de la société. Partant du dialogue silencieux entre Tocqueville et Hegel sur la modernité politique, la troisième partie étudie la critique hégélienne de la démocratie et sa conception de la représentation, qui suggèrent une révision du paradigme de la démocratie libérale. La dernière partie montre que la doctrine de l'esprit objectif pose la question de la subjectivité en des termes non subjectivistes en s'intéressant aux conditions de son institution ; interface normative entre le sujet et l'univers institutionnalisé de l'éthicité, la moralité a un rôle essentiel. L'ouvrage s'achève par une réflexion sur la "passion du concept " qui anime la philosophie hégélienne.

  • Jürgen Habermas, représentant majeur de l'École de Francfort, est devenu un auteur classique mais son oeuvre complexe et multiforme, composée d'une cinquantaine d'ouvrages et d'un millier d'articles, continue d'être mal identifiée. Comment saisir la diversité de ses intérêts, des théories de l'action et du langage à la morale et au droit ? C'est aussi un acteur, qui intervient régulièrement dans la presse et les débats publics. Comment articuler ces prises de position avec ses travaux proprement théoriques ?
    Dialogues avec Jürgen Habermas, issu d'un colloque international, offre un panorama complet du parcours intellectuel de Habermas, depuis ses premiers écrits jusqu'aux plus récents. L'espace public, l'agir communicationnel, la modernité, la démocratie, l'autonomie, les intérêts de connaissance, etc. sont ici discutés. Plus largement, c'est l'actualité même de sa pensée qui est soulignée et interrogée à propos de thèmes qui font débat : les effets du droit sur la société, la compréhension que l'on peut avoir des crises du capitalisme, ou encore le rapport complexe de la modernité aux religions.
    Cet ouvrage comprend deux textes inédits du philosophe, un texte d'ouverture sur l'Europe et un texte de clôture où il répond aux intervenants.

  • Suspendons la croyance qui est la nôtre quant au fait que les individus et certains groupes humains (peut-être aussi d'autres êtres) ont des droits; un rapide examen historique montre d'ailleurs que la conviction que les hommes ont ou doivent avoir des droits est assez récente. Demandons-nous donc s'il y a des raisons fortes qui, indépendamment de nos convictions humanistes, nous contraignent d'admettre que les hommes ont des droits. Et d'abord, que signifie exactement avoir un droit?

  • Quatre philosophes majeurs : Kant, Fichte, Schelling, Hegel et tout leur environnement formé de penseurs, mais aussi d'artistes et de poètes.
    Neuf thématiques essentielles : la raison et l'absolu, l'idée de système, la connaissance, la nature, la morale, le droit et la politique, l'histoire, la religion, l'art.
    Deux parcours inédits : la présentation des positions philosophiques du romantisme en Allemagne et l'histoire de la réception de l'idéalisme allemand en Europe.
    Une bibliographie internationale, actualisée et particulièrement adaptée au public francophone, portant sur les oeuvres, les traductions, les commentaires.
    Instrument de travail unique en son genre, ce livre est destiné à tous ceux qui s'intéressent à cette séquence majeure de la culture européenne.

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  • Quel rapport Hegel entretient-il avec la métaphysique ? Cette question engage un jugement quant à la nature des convictions fondamentales sur lesquelles repose sa philosophie : alors qu'elle a longtemps été louée (ou vilipendée) en tant que métaphysique spéculative, des approches récentes s'estiment en mesure de contourner ce problème. Les arguments hégéliens semblent alors pouvoir être reconstruits et évalués indépendamment des convictions métaphysiques professées par leur auteur ; la « conscience de soi métaphysique » de Hegel ferait en quelque sorte écran au potentiel rationnel et normatif de cette pensée. D'autres lectures actuelles résistent à une telle façon de voir : dissocier les analyses hégéliennes de leur arrière-plan métaphysique serait les priver de ce qu'elles ont de plus tranchant, les ramener au niveau de ce que Hegel nommait la pensée d'entendement. À vouloir actualiser sa philosophie, ne la condamne-t-on pas à l'insignifiance ?

    Ce débat, au coeur du commentaire hégélien actuel, s'est développé au mois de juin 2009 à l'Université de Poitiers et à la Sorbonne, lors d'un colloque international qui a réuni au total plus de vingt contributeurs comptant parmi les commentateurs les plus réputés de Hegel. Ce volume contient les textes qui y ont été présentés. Il constitue une pièce majeure de la discussion contemporaine autour de cette philosophie et montre combien Hegel est plus que jamais présent.

  • L'ouvrage contient les actes d'un colloque international dont l'objet était d'étudier les rapports complexes qu'entretiennent les droits subjectifs et la citoyenneté d'un point de vue philosophique et juridique, à l'échelle à la fois nationale et supranationale, européenne en particulier.

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