• Jean-Daniel Magnin est scénariste, auteur de théâtre et d'opéra : c'est sa première incursion dans le roman - le numérique et les jeux comme terrain de la fiction, et quel roman...
    Justement, parce que le scénario est implacable (même lorsqu'il bifurque et nous mène soudain dans d'étranges strates souterraines et divergentes du livre), et que c'est du grand opéra que nous livrent les personnages.
    L'univers du jeu vidéo n'est-il pas un rêve de mise en abîme du monde réel comme des représentations qu'on en dresse ?
    Cette maëstria est le premier régal de ce récit implacable. Les strates du temps se superposent, chacune avec leurs fétiches et illusions. Faire depuis le futur une archéologie de nos années baba-cool, ou secouer un peu nos années politiques, est aussi une mine de bonheur. La manipulation génétique, l'addiction au jeu vidéo, les conflits entre les "no life" et les autres un substrat formidable à l'imagination.
    Un livre s'écrit avec les codes d'aujourd'hui. Instructions de code, e-mails, peer-to-peer, monde du logiciel libre, tout cela s'emmêle joyeusement parce que nous savons que tel est l'autre côté de l'écran, et qu'il importe que nous sachions en démêler les fils, malgré ce bazar d'avatars et de cookies, où les figures tutélaires ordonnatrices du web, moteurs de recherche ou grosses compagnies, ne seront surtout pas des méchants de carton-pâte.
    Alors science-fiction ou pas, l'envie de dire que telle est la fiction d'aujourd'hui, où le numérique a le statut qu'avaient les vieux quartiers en démolition de la ville chez Balzac. Tout ici est parfaitement logique, de la première à la dernière ligne, selon les lois essentielles du thriller d'anticipation.

  • En écho au célèbre Monte-plats de Harold Pinter - et pour prolonger le destin de ses personnages Ben et Gus - voici un Monde plat où presque plus rien ne se transmet entre père et fils, entre homme et femme, entre vie et vie...hormis peut-être l'art de bousiller ses chances...un monde abruti où l'amour pousse encore quelques tiges incertaines.

    Cette pièce forme un diptyque avec L'Ami de grand chemin.

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