• L'image du philosophe « stoïque », serein et ferme, indifférent à son sort, à la souffrance comme aux plaisirs, représente assez bien le stoïcisme mais ne rend pas compte de la complexité d'une philosophie exempte de fatalisme, qui est à la fois un exercice de méditation et le premier système philosophique conçu comme tel.
    De la fondation de cette école par Zénon de Citium au IIIe siècle av. J.-C. jusqu'aux nombreuses résurgences du stoïcisme au fil des siècles, cet ouvrage présente une reconstitution de la doctrine des fondateurs, en particulier Chrysippe, et explique les transformations qu'elle a subies à Rome (Sénèque, Épictète, Marc Aurèle) et aux Temps modernes, pour en dégager l'essence.

  • Nous parlons couramment de « stoïcisme », entendant par là une certaine « fermeté d'âme », en référence au système théorique des stoïciens. Le stoïcisme promeut une maîtrise rationnelle de soi qui repose sur la connaissance de processus psychiques, entièrement corporels. Les stoïciens pensaient pouvoir ainsi donner aux hommes les moyens de cette sérénité devant les passions, la souffrance et la mort qui caractérise leur philosophie. Paradoxalement, c'est en prônant la soumission à l'ordre de l'univers qu'ils ont ébauché les premières théories de la volonté. Ce thème touche aux trois parties de leur philosophie : à la physique par la physiologie, à la logique par l'épistémologie, à l'éthique par la doctrine des impulsions et des passions. L'âme se répand dans le corps comme les tentacules d'une pieuvre, lesquelles sont rattachées à la partie directrice qui est rationnelle. On découvrira l'originalité des stoïciens dans cette présentation synthétique de leur doctrine, publiée ici dans une nouvelle édition entièrement revue et actualisée.

  • Pendant cinq siècles, de 300 av. J.-C. jusqu'au crépuscule de Marc Aurèle, la philosophie stoïcienne domina la culture antique. Encore aujourd'hui, notre grammaire, nom logique et notre linguistique sont les héritières plus ou moins conscientes de l'une des trois parties de cette philosophie, la dialectique. Dès l'enfance, l'une de nos premières leçons de grammaire, la distinction du nom commun et du nom propre, était en fait une leçon de dialectique stoïcienne.
    Nous parlons et nous pensons donc souvent en stoïciens, sans même nous en rendre compte. Si nous voulons comprendre pourquoi, nous nous heurtons à la disparition des textes fondateurs.
    En effet, la dialectique stoïcienne dans sa forme classique fut l'oeuvre de Chrysippe (280-204 av. J.-C.), dont les 311 volumes qu'il écrivit sur cette question, notamment ses Recherches logiques, furent sans doute la plus extraordinaire somme de logique de l'Antiquité.
    De cette oeuvre immense ne reste que quelques pages.
    Ce livre est la première reconstruction synthétique de la dialectique stoïcienne dans son ensemble, car les études antérieures n'en ont souvent reconstruit que des parties. Son point de vue est en outre entièrement nouveau.
    En effet, d'après les histoires de la philosophie, la dialectique a connu son heure de gloire avec Platon, a été - minimisée par Aristote avant de devenir un des " arts libéraux " de l'université médiévale et de renaître sous une autre forme dans l'idéalisme et le matérialisme allemands du XIXe siècle.
    Ce sont les histoires de la logique qui nous apprennent que les stoïciens ont développé, un siècle après Aristote, la forme antique de la " logique des propositions ", complément de l'analytique d'Aristote.
    En réalité, les stoïciens n'avaient pas une logique au sens moderne du terme, mais une dialectique, c'est-à-dire une technique de l'argumentation dialoguée. La conception complexe, à première vue multiple et équivoque de la dialectique stoïcienne reçoit ainsi un éclairage inédit, qui permet de comprendre son originalité et d'en réinterpréter la place dans l'ensemble du système.
    Cela nous permet aussi de mieux comprendre le sens des disciplines qui en sont les héritières infidèles.

  • L'image du philosophe " stoïque ", serein et ferme, indifférent à son sort, à la souffrance comme aux plaisirs, représente assez bien le stoïcisme mais ne rend pas compte de la complexité d'une philosophie exempte de fatalisme, qui est à la fois un exercice de méditation et le premier système philosophique conçu comme tel.
    De la fondation de cette école par Zénon de Citium au IIIe siècle av. J.-C. jusqu'aux nombreuses résurgences du stoïcisme au fil des siècles, cet ouvrage présente une reconstitution de la doctrine des fondateurs, en particulier Chrysippe, et explique les transformations qu'elle a subies à Rome (Sénèque, Épictète, Marc Aurèle) et aux Temps modernes, pour en dégager l'essence.
    Jean-Baptiste Gourinat est directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le stoïcisme.

  • Avant-propos 1¡-¡Épictète et le stoïcisme I. Une philosophie de la résignation ? Le stoïcisme, mépris de la souffrance et de la mort 1. Épictète boiteux¡: le mépris stoïque de la douleur 2. Mourir stoïquement II. La philosophie stoïcienne, de l'ascèse à l'action 1. Historique du stoïcisme 2. L'ascèse stoïcienne 3. Les trois domaines de la philosophie selon Épictète 2¡-¡La composition du Manuel d'Épictète I. La vie et l'enseignement d'Épictète II. La composition du Manuel 1. Qu'est-ce qu'un manuel¡?

    2. Comment Arrien a composé le Manuel d'Épictète III. Le plan du Manuel 1. Introduction¡: ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous 3¡-¡Comment débuter en philosophie. Les concepts majeurs du Manuel I. Le principe fondamental¡: nos choix dépendent de nous II. Supprimer le désir et suivre la nature 1. Suivre la nature 2. Désir et passion III. Impulsion et action : ce qu'il convient de faire 1. Discipline de l'impulsion¡: agir avec réserve 2. L'éthique du devoir et ses origines naturelles IV. Sur la voie du progrès philosophique 1. L'ascèse du jugement 2. Comment vivre en philosophe Conclusion - L'apport et la postérité du stoïcisme du Manuel I. Lectures antiques du Manuel II. " Un des philosophes du monde qui aient mieux connu les devoirs de l'homme " : la postérité classique du Manuel (XVIe-XVIIIe siècle) III. Le stoïcisme d'Épictète aujourd'hui ?

    Texte - Manuel d'Épictète Lexique Approfondir

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  • L'image du philosophe « stoïque », serein et ferme, indifférent à son sort, à la souffrance comme aux plaisirs, représente assez bien le stoïcisme mais ne rend pas compte de la complexité d'une philo-sophie exempte de fatalisme, qui est à la fois un exercice de méditation et le premier système philosophique conçu comme tel.
    De la fondation de cette école par Zénon de Citium au IIIe siècle av. J.-C. jusqu'aux nombreuses résurgences du stoïcisme au fil des siècles, cet ouvrage présente une reconstitution de la doctrine des fondateurs, en particulier Chrysippe, et explique les transformations qu'elle a subies à Rome (Sénèque, Épictète, Marc Aurèle) et aux Temps modernes, pour en dégager l'essence.

  • Le stoïcisme, né à Athènes vers 300 avant J.-C., a été et reste l'une des philosophies les plus influentes de l'Antiquité. Par-delà l'image actuelle du stoïcisme au quotidien, la philosophie est en réalité l'un des systèmes philosophiques les plus complexes et les plus riches de l'Antiquité. Cet ouvrage se veut une initiation à la compréhension de cette complexité. Il a été rédigé par une équipe de chercheurs de nationalités et d'horizons divers. Il est divisé en deux parties : le stoïcisme hellénistique (Zénon, Chrysippe, Posidonius) et le stoïcisme romain (Sénèque, Epictète, Marc Aurèle). Une introduction présente l'histoire du stoïcisme et les difficultés liées à la lecture de textes fragmentaires. Une chronologie, une bibliographie et un index complètent l'ouvrage.
    Ouvrage dirigé par Jean-Baptiste GOURINAT, directeur de recherche au CNRS, et Jonathan BARNES, professeur émérite des Universités d'Oxford, de Genève et de Paris-Sorbonne.

  • Tout au long de l'Antiquité, logique et dialectique ont entretenu des relations étroites et complexes. Tandis que la dialectique apparaît dès Socrate et Platon, il faut attendre Aristote pour le premier développement de la logique, sous le nom d'« analytique », et les stoïciens pour qu'apparaisse le terme de « logique ». Le développement historique de la logique suit ainsi un mouvement d'extension à partir de la dialectique, et celle-ci est tantôt conçue comme une espèce de la logique, tantôt comme une discipline rivale. Les deux disciplines ont pour objet le raisonnement, et l'avènement de la logique se fait en partie en détachant les règles du raisonnement de la forme dialoguée et du contenu concret des arguments, symbolisés par des lettres ou des nombres, mais la forme dialogique reste souvent prévalente. Les deux disciplines hésitent entre le statut d'instrument de la philosophie (l'organon aristotélicien) et celui d'une partie de la philosophie. Cet ouvrage étudie l'histoire des différentes conceptions de ces deux disciplines, ainsi que la relation qu'elles ont entretenue entre elles, depuis Socrate et Platon jusqu'au néoplatonisme, en passant par Aristote et la philosophie hellénistique (les stoïciens, les cyniques).
    Les études réunies ici ont fait l'objet d'un colloque, organisé du 10 au 12 décembre 2009 par le Centre de Recherches sur la Pensée Antique (Centre Léon Robin), UMR 8061 du CNRS (Université Paris-Sorbonne et ENS Paris).

    Ont oollaboré à ce volume : J. Barnes, M. Bonelli, L. Castagnoli, P. Crivelli, L.-A. Dorion, D. El Murr, J.-B. Gourinat, M. Gourinat, S. Husson, K. Ierodiakonou, J. Lemaire, A. Longo, M. Narcy, C. Rapp, A. Schiaparelli, C. Viano, F. Wolff.

  • Chacun a une idée intuitive du stoïcisme, puisque l'on fait " stoïquement " face à l'adversité et à la souffrance, et que l'on est " stoïque " au milieu du danger. Mais il y a beaucoup plus que ces attitudes existentielles dans le stoïcisme, qui fut la première philosophie de l'histoire à prendre la forme d'un système : transformant la théorie de la connaissance et la logique, les stoïciens construisent aussi l'une des théologies les plus audacieuses, ramènent par l'allégorie la religion traditionnelle à une mythologie, créent une physique originale, tentent de concilier la providence divine et la responsabilité humaine, et élaborent une éthique subtile et complexe, où apparaissent pour la première fois l'ébauche d'une subjectivité et une théorie de la personne. Ces thèmes, et bien d'autres, sont traités ici d'une façon qui renouvelle notre connaissance du stoïcisme. Une étude introductive établit le bilan des recherches sur le stoïcisme et son histoire, et diverses études montrent les origines, la transmission et les transformations de la tradition stoïcienne. Les études réunies ici ont fait l'objet de communications et de discussions durant les années 1998-2000, dans le cadre du séminaire du Centre de Recherches sur la Pensée Antique ("Centre Léon Robin"), équipe de l'Université de Paris-Sorbonne, associée au CNRS. À travers des questions débattues par les spécialistes du stoïcisme, l'ouvrage offre à la fois un tableau d'ensemble du stoïcisme, une introduction aux orientations actuelles de la recherche et une contribution à celle-ci.

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