• Histoire de l'amazonie

    Jean Soublin

    • Payot
    • 26 February 2000

    Qui n'a rêvé à l'Amazonie, à ses fleuves interminables, ses forêts magiques, ses Indiens, son vide ? Peu de territoires aussi vastes ont une telle puissance évocatrice.
    Au fil des siècles les hommes se sont forgé des images patrie des Amazones, Eldorado, terre de mission où les moissonneurs d'âmes engrangeaient des récoltes miraculeuses, royaume du caoutchouc et des fortunes éphémères, laboratoire secret de la nature, enfer vert maléfique, poumon de la planète menacé par l'asphalte de toutes dérisoires... Ces images ont engendré depuis toujours des convoitises, des dégoûts, des colères et bien des injustices ; leur succession forme l'histoire de l'Amazonie.
    Cette histoire, Jean Soublin la raconte en écrivain. Il médite sur les enthousiasmes et les effrois des premiers voyageurs. Il nous emmène au sein d'une mission jésuite pour expliquer la politique indienne du Portugal, ou sous la hutte du seringueiro pour démonter les effarants mécanismes de l'économie caoutchoutière. Et puis il insiste sur ce qui lui tient à coeur : la révolution sociale qui établit un pouvoir populaire en Amazonie trente ans avant la Commune de Paris, ou encore la foule misérable des métis de tous sangs qui s'entêtèrent à survivre dans ce pays, le leur depuis cinq siècles..

  • Lascaris d'Arabie

    Jean Soublin

    Le chevalier Jules Lascaris de Vintimille est dignitaire de l'ordre de Malte. Il a participé avec brio, sous les ordres de Napoléon, à la campagne d'Égypte, puis il a connu une longue période de disgrâce. Il s'exila en Crimée puis en Syrie où il devint un professeur de violon fort pauvre. C'est là que nous le retrouvons au début du livre, lorsqu'un colonel de Napoléon, Drovetti, se souvient de lui pour accomplir une manoeuvre diplomatique secrète.
    Lascaris a pour mission de s'introduire dans les tribus bédouines, de partager la vie de ces hommes - et femmes - en bleu, et de gagner leur confiance. Celle de leurs chefs avant tout, qu'il doit convaincre de s'unir en leur faisant comprendre que la France peut les aider à secouer et à se libérer du joug des Turcs. Ces tribus, qui couvrent les déserts de Syrie et d'Arabie, ont aussi la main sur les puits entre Damas et Bagdad.
    Lascaris se lie avec Fatallah, vendeur de pistaches, qui devient son homme de confiance. Il entre en contact avec Ibn Challan, le chef des Ruella, se fait passer pour un colporteur pour traverser les territoires de Corietain. Lascaris parvient à pactiser avec les émirs du désert qui songent à remettre la main sur Bagdad et acceptent de préparer le passage de la Grande Armée à travers le désert. Les Anglais ont la même intention que les Français. Ils ont dépêché sur place un certain Burckhardt qui donne un autre éclairage sur la personnalité de Lascaris tombé amoureux du désert et pas prêt à trahir " ses " Bédouins. D'ailleurs, lorsque Napoléon se désengage, trop pris par sa campagne de Russie, Lascaris leur reste fidèle. Menacé d'assassinat il passe pour de bon dans le camp adverse et se met au service d'une aventurière, elle-même à la solde des Anglais : Lady Stanhope, la propre nièce du premier ministre britannique. Celle-ci voudrait devenir princesse de Damas, et, blonde incendiaire, préfère les étreintes vigoureuses des esclaves aux propos tortueux de Lascaris.
    Notre (anti-)héros se noie dans la mondanité mais rêve encore : de devenir bédouin, de livrer la Syrie à l'Arabie pour que les Arabes forment un peuple unifié. La folie le gagne au Caire et il meurt en doutant, et en nous faisant douter, de ses propres souvenirs.
    La méticuleuse érudition de Jean Soublin fait des merveilles dans ce patchwork de correspondances, de rapports, de journaux intimes qui confère toute sa réalité à une existence qui a de quoi laisser rêveur.

  • C'est une guerre minuscule qui se livra en 1809 entre une armée portugaise principalement recrutée chez les indiens d'Amazonie, et la garnison de Guyane qui somnolait loin des champs de bataille napoléoniens.
    Les Portugais prirent et occupèrent Cayenne, puis ils rendirent sa colonie à la France et l'épisode n'eut pas de conséquences durables.

  • Toute la pensée de Gracchus Babeuf a été orientée vers la réduction des inégalités. Son militantisme lui a valu de passer la moitié de sa vie en prison. En 1797, il est guillotiné pour avoir demandé l'application de la Constitution de 1793 qui donnait plus de pouvoir au peuple et qui instituait l'égalité entre les citoyens.
    Ce livre s'adresse à ceux d'entre nous - et tout particulièrement aux jeunes -, qui refusent le monde tel qu'il est aujourd'hui, sa violence, sa veulerie, mais surtout son injustice, Jean Soublin adresse cinq lettres qui racontent ce qu'a vécu Babeuf et comment il a répondu à ces dilemmes : égalité/bonheur, égalité/propriété, égalité/génétique, et finalement le plus difficile : égalité/liberté.

  • Fort de ses certitudes, le voyageur civilisé porte normalement un premier regard de mépris sur les peuplades qu'il rencontre.
    Parfois pourtant une idée insolite viendra plus tard l'inquiéter : et si les Barbares étaient comme lui ? Ou même supérieurs à lui, porteurs de vertus oubliées, de valeurs brutales mais précieuses...
    La littérature de voyage a souvent traité ce moment de doute, cette première lézarde dans l'arrogance du dominateur : ils constituent le sujet de cet essai.
    Avec les époques, les critères et les systèmes de valeur évoluent.
    Chacun des écrivains étudiés dans ces pages porte un lourd bagage de préjugés ou d'objectifs personnels. Ce sont souvent ses vertus favorites qu'il s'enchante de découvrir chez l'autre, ou des arguments pour ses démonstrations.
    Mûrie au fil des lectures, cette étude séduisante reflète les goûts littéraires de son auteur. D'Hérodote (historien grec du Ve siècle avant J.-C.) à Constantin Cavafis (poète alexandrin mort en 1933), ses onze chapitres sont autant d'ouvertures et d'invitations à réfléchir en redécouvrant.

  • Qui se souvient qu'un des meilleurs romans jamais consacrés à la conquête de l'Ouest a été publié au milieu des années 80 (sous le titre Le Champ d'asile) par le Français Jean Soublin ; et que ce livre, traduit en plusieurs langues, a connu un large succès sous d'autres cieux (sous le titre La République des vaincus) avant de se laisser oublier chez nous ? Les aficionados de Jean Soublin, ils sont plus nombreux qu'on ne croit, se désolaient de ne plus pouvoir offrir ce livre à leurs amis. La présente réédition voudrait leur rendre le sourire et apporter quelques jolies surprises à ceux qui ont encore à découvrir l'histoire qui nous occupe ici.
    Une histoire triste et vraie (Soublin romancier a toujours campé sur les marges de l'Histoire) : celle d'une poignée de soldats perdus qui, après la chute de Napoléon, partirent rejoindre au Texas le général Lallemand pour fonder une colonie agro -militaire ouverte à tous les exilés du grand rêve révolutionnaire.
    Ces hommes avaient été formés à la terrible école de la guerre. L'un d'eux, le voltigeur Verbatim, arrachera le pouvoir aux officiers qui gouvernaient cette petite république et tentera de la transformer en une « société d'égaux » d'un genre nouveau. Mais la méchanceté du climat, l'hostilité des Indiens et l'ordinaire folie des apprentis -sorciers de l'utopie mettront largement à mal ce beau projet.
    Une peinture sans complaisance des dessous de la légende de l'Ouest, qui nous rappelle que le succès d'une conquête n'est bien souvent que la somme pathétique des échecs de chacun.

  • Le mur

    Jean Soublin

    « Avant de se consacrer pleinement à l'écriture, il y a une dizaine d'années de cela, il a étudié (en Europe et aux États-Unis), il a lu, il a voyagé - en Amérique latine surtout, et singulièrement au Brésil, qui lui a inspiré une Histoire de l'Amazonie. Ses romans, au moins certains d'entre eux (Lascaris d'Arabie, 1983 ; Niobé, 1992 ; Je suis l'empereur du Brésil, 1996), sont les enfants adultérins de Clio et de Merlin. Ils nous rappellent, entre autres, que l'aventure humaine est une affaire trop grave pour qu'on en confie la chronique à des spécialistes. Tous les enfants savent cela, mais ont tendance à l'oublier en se civilisant. » (Jean-Pierre Sicre)

  • La gare

    Jean Soublin

    « L'État s'écroule. Dans une gare frontière, un lieutenant s'ennuie. Que peut-il faire, sinon tamponner les passeports des bourgeois qui désertent l'Empire ?
    Ou gémir sur les séquelles de sa blessure au bas-ventre, et cette maudite indifférence envers les femmes ?
    Ou peut-être se venger du destin. Sur qui ? sur les riches fuyards qu'il peut refouler vers l'horreur, et surtout, surtout sur leurs épouses.

  • Jupiter dementat

    Jean Soublin

    « Les rumeurs circulent vite, dans notre camp ; de chambrée en chambrée, de cuisine en cantine, de sentinelle à sentinelle. Celle-ci courait depuis quelques heures déjà quand le jeune de relève me l'a transmise... il paraît qu'ils ont ramené un prisonnier, un sauvage. » Jean Soublin est l'auteur de plusieurs romans, publiés notamment aux éditions du Seuil.

  • Un écrivain passe de la plage de Copacabana (Brésil) à celle de Fréjus (France). Non pour de paisibles vacances mais pour écrire un livre ; un essai historique sur un épisode oublié de l'Histoire : la conquête de la Guyane française, sous Napoléon, par un aventurier au service du Brésil, qui fera pendant neuf ans la loi à Cayenne avant que les choses ne rentrent dans le bon ordre colonial.
    D'une plage à l'autre, deux ans auront passé. L'écrivain nous raconte ce que furent ces deux années d'enquête. Son essai s'attache à étudier un événement minuscule, qui n'a que très modérément troublé la marche du monde. Mais l'écrivain aime bien cette insignifiance-là. Il a souvent écrit sur des sujets dont nul n'avait souci : il est l'homme des recoins poussiéreux, des fonds de grenier, des tombes à l'abandon, des obscurs musées de province. Maintenant il se demande pourquoi il est comme ça, cherche à comprendre "peut-être à se comprendre", analyse le plaisir qu'il prend à goûter l'odeur des archives, à fréquenter le petit monde diligent qui les consulte, à parler aux gens : un colonel non : deux, une religieuse, un chauffeur de taxi, un séraphin, des historiens aussi. Il évoque ses voyages, les lieux et les cuisines qu'il aime. A son baromètre intime le temps change souvent, il y a du grand beau, du variable, quelques dépressions. De cela aussi, il parle, comme il parle de son métier, sans illusion mais non sans ferveur, comme il parle de sa femme : il se lâche quoi !
    Mais sans faire de vagues inutiles. Soublin reste Soublin. Et c'est tant mieux. Son drôle de livre y gagne une légèreté à la Cingria qu'apprécieront les connaisseurs.

  • Le tango d'Alzheimer

    Jean Soublin

    Un homme se trouve confronté à la maladie, au rythme lent des jours anciens et des instants qui s'effacent. Des mots reviennent à la surface comme les stigmates du passé sur l'écorce du temps ; des lieux disparaissent quand d'autres surgissent au fil des pas... La mémoire s'accommode souvent des détails, mais elle devient aussi un écran fugace où défilent les paysages. La « Dulcinée » qui marche à ses côtés, elle, tient la ligne assez droite pour ne pas faillir.
    L'auteur nous guide dans un labyrinthe encore peuplé des ombres fugitives de la rue, d'hésitations et de flashes, du souvenir d'un Ministère ou encore des rythmes de l'Amérique latine et de la pampa où il a passé de nombreuses années. Retiré au milieu de ses livres, il essaie de se réinventer de nouvelles aventures.
    L'auteur nous livre ici un témoignage sensible, pudique, vrai et émouvant.
    Jean Soublin, romancier et essayiste est l'auteur d'un douzaine d'ouvrages. Il a collaboré longtemps au Monde des Livres et travaille aujourd'hui comme écrivain public dans une association humanitaire

  • Niobe

    Jean Soublin

    • Phebus
    • 8 March 1999
  • Glorieux déchu de la campagne d'Égypte, Lascaris de Vintimille est envoyé par Napoléon au beau
    milieu du désert. Il a pour mission d'unifier les tribus bédouines et de les convaincre de se soulever
    contre la toute-puissante Turquie.
    La pire des catastrophes qui puisse arriver à un espion lui échoit : il tombe amoureux ; amoureux
    du désert, de ses purs lointains, du rêve de grandeur qu'il rend concevable.
    Quand Napoléon se désengage, lui reste fidèle à ceux qui l'ont accepté et - au point de se perdre
    définitivement - à cette Anglaise qui le manipule, la sulfureuse Lady Stanhope.

  • Régis et le mal

    Jean Soublin

    Dans la France de l'après-guerre de religions les hommes et les femmes sont en plein désarroi. Des soudards pillent, violent et massacrent. La misère prolifère. L'angoisse et la peur sont partout. C'est dans ce contexte que Jean Soublin reconstitue très librement les dernières années de la vie de Jean-François Régis (de 1635 à 1640), entré dans la compagnie de Jésus en rêvant d'évangéliser les Hurons et les Iroquois du Canada. C'est dans les montagnes sauvages du Vivarais et du Velay qu'il sera envoyé. Régis est prêt à tout pour annoncer l'Évangile, pour libérer les âmes des rets qui les enserrent. Sa haute taille en impose, mais sa douceur surprend. L'apôtre dont
    Soublin dresse un portrait haut en couleur, dans un milieu hostile, prend son monde à contre-pied, il invente, innove. Il cherche Dieu là où d'autres ne vont pas. Ainsi entre-t-il dans Privas en ruine où il mobilise les réfugiés et quelques personnages interlopes pour relever un quartier incendié. Ainsi mettra-t-il, au Puy le théâtre au service du catéchisme, se taillant un beau succès, et se démènera-t-il pour sortir de leur esclavage les filles de la rue, se mettant à dos les proxénètes. Ainsi, se rendra-t-il au Cheylard où il découvrira un monde rencogné sur lui-même dont il cherchera à percer la muraille. D'un bout à l'autre du livre, à force d'humilité et d'écoute, Régis tente d'ébaucher sa théorie du mal. Quelle est sa nature, comment lutter contre lui ? Dieu punit-il ? Faut-il poursuivre les coupables ou soigner les victimes ? Le mal s'incarne-t-il oe... Le Régis de Jean Soublin, dans un univers à la Breughel, ne connaît qu'une vérité : le mal n'est jamais une fatalité.

    Sur commande

  • Nono - dont la tête est parfois ailleurs - n'a qu'une idée depuis toujours : faire une gigantesque fiesta pour ses dix ans. Il rebat les oreilles de ses copains avec la couleur des guirlandes, les gâteaux et la playlist que son papa diffusera ce jour-là. Seulement, quand la tempête Marie-Thérèse débarque et fait souffler sur le pays ses bourrasques furieuses, tout est remis en question.
    Comment se retrouver tous ensemble pour cette fiesta alors que Nono habite dans l'immeuble d'en face ?
    Que vont inventer les enfants pour continuer à communiquer entre eux ?
    Quelles ressources vont-ils trouver en eux pour, malgré tout, découvrir et explorer le monde cadenassé, hygiénique, associable qu'on leur impose ?
    Une pièce, bouillante et tendre, sur la force de l'amitié, la nécessité d'être ensemble, la rage de vivre et qui célèbre la vie sans en occulter les moments difficiles.

  • Tout ça tout ça

    Gwendoline Soublin

    C'est l'été. La radio, la télé crient leurs scoops. Ehsan, douze ans, a disparu. Un petit mot posé sur son lit dit son encombrement face à un monde où la banquise fond, où les ours blancs vivent dans les hypermarchés et où les terroristes mitraillent.
    Ehsan veut agir, il dit qu'il s'en va. Sa petite soeur Chalipa, Samantha la baby-sitter, ainsi que deux alliés de choix, le tout petit Nelson et le débonnaire Salvador, cherchent à le retrouver. Ils se livrent à un jeu de piste imaginant Eshan enfermé dans le bunker du jardin de sa maison (comment l'en faire sortir ?) ou, pire, ayant définitivement dit ciao au monde ?
    Comment le retrouver avant de devoir prévenir les adultes ?
    Un texte vif, joyeux, et parfois grave, transcendé par la force du collectif.

  • Pig Boy 1986-2358 est un texte-gigogne en trois parties.
    La premie`re partie raconte l'histoire d'un jeune éleveur de porc franc¸ais en proie à la crise agricole des années 2010 et qui se rêve Cow-Boy pluto^t que Pig Boy.
    La deuxie`me imagine Pig Boy, porc-star de la marque de jambon PERTA et descendant direct d'un des porcs de cet éleveur breton, qui est accusé d'avoir copulé avec une fan japonaise, et qui se retrouve sous le feux des projecteurs à l'occasion d'un proce`s médiatique virtuel ou` le public peut décider de son sort.
    Enfin, la troisie`me partie propose une e´chappe´e vers un futur onirique. Nous sommes dans la te^te d'une truie qui s'échappe d'une maternité dans laquelle elle mettait bas à des bébés humains. C'est l'histoire de sa fuite vers la forêt - et c'est l'histoire de la réconciliation des trois histoires ou` bêtes et hommes se cherchent une raison d'e^tre, au milieu des flux technologies et la monte´e du transhumanisme.
    Quitte à inventer une nouvelle espe`ce ?

  • Coca Life Martin 33 cl

    Gwendoline Soublin

    • Koine
    • 25 November 2017

    H était une fois Coca Life Martin, une canette Life de 33 cl. Depuis sa naissance dans une usine du Nord de la France à Bierne jusqu'à ses déboires au métro Châtelet-Les Halles, c'est l'histoire d'une odyssée pacifique qui se raconte là. Ou comment le long périple existentiel d'une canette en plein océan la mène à se familiariser avec force rebuts, hommes et baleines, au rythme d'une chanson de Sia - 1623794650 vues sur youtube. lusqu'au septième continent? Il était une fois la nouvelle Bible moderne, celle d'une réclame Coca Cola, dont le verset principal serait: « Savoure l'instant».

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