• "17 juin 1940 Voilà, c'est fini. Un vieil homme qui n'a plus même la voix d'un homme nous a signifié à midi trente que cette nuit il avait demandé la paix.
    Je pense à toute la jeunesse. Il était cruel de la voir partir à la guerre. Mais est-il moins cr

  • La jeunesse morte

    Jean Guéhenno

    La Jeunesse morte est le premier et seul roman que Jean Guéhenno (1890-1978) ait jamais écrit : inédit jusqu'à ce jour, ce récit autobiographique évoque la Grande Guerre, sa Grande Guerre. Tout comme Jean Guéhenno, Toudic, le héros de La Jeunesse morte, est un jeune provincial, d'origine modeste, qui a réussi le concours de la rue d'Ulm. Doté d'une «foi farouche en la puissance des idées», Toudic croit en l'importance des livres et des maîtres, en la grâce de la paix et de l'amitié. Au Quartier latin, il a deux compagnons normaliens, Hardouin et Lévy (inspirés par les figures, bien réelles, de Marcel Étévé et d'André Durkheim), avec lesquels la vie «était magnifique et adorable tout ensemble»...
    Mais un archiduc autrichien est assassiné à Sarajevo, puis Jean Jaurès, et voici toute leur génération qui sombre dans le «bruit de la guerre», sous les encouragements de Maurice Barrès, d'Albert de Mun et des «vieillards» qui gouvernent la France. L'ardeur de ces jeunes gens, qui se veulent des «hommes nouveaux», nourrit dans un premier temps leur enthousiasme à défendre la patrie. Bientôt résignés à faire leur devoir, ils sentent monter indignation et révolte: «Les mythes en eux étaient morts. Ils savaient que la ligne de feu était une ligne de cadavres, que les balles qui vibrent autour des hommes couchés n'étaient point un vol d'abeilles, que le sang au soleil était horrible à voir, et fiers d'être vainqueurs, ils avaient honte d'être des hommes.» C'est le début d'un cauchemar, ponctué d'événements terribles: Lévy est tué ; Toudic, grièvement blessé, est évacué vers l'arrière où il apprend la mort de Hardouin. Désormais, Toudic-Guéhenno a charge de la mémoire de ses deux amis, dont la «mort inutile» pèsera moralement sur son parcours d'intellectuel dans le siècle...
    Aucun éditeur ne voulut publier ce « roman lyrique », commencé en décembre 1917 et achevé en octobre 1920. Ni l'oubli, ni l'inaction ne furent donc permis à Jean Guéhenno: «Beaucoup de nos amis sont morts tandis que nous avons la chance de vivre ; mais avons-nous le droit de nous reposer ?»

  • {Changer la vie }(1961) est l'autobiographie sentimentale et sociale du fils d'un cordonnier de Fougères. L'enfance fracassée par la pauvreté, l'usine à quatorze ans, la rage d'en sortir par la littérature libératrice qui le mènera au bachot et à la Rue d'Ulm. La beauté conquise n'impose qu'un devoir: changer la vie des autres.

  • J'ai été bien souvent tenté de corriger le portrait qu'il plut à Monsieur Renan de faire de moi. Mais quoi que je dise, c'est lui qu'on croira. Les créations des philosophes et des poètes sont plus vraies que la réalité. Caliban il m'a

  • "Les textes réunis ici témoignent avec justesse et justice de l'activité de celui qui, sept années durant, fut à la revue Europe, plutôt qu'un simple rédacteur en chef, une sorte de maître d'oeuvre. C'est cet engagement pour ces fameux "droits de l'homme", qu'on redécouvre ces jours-ci, qui le conduisit - lisons les textes - à prendre la tête d'une pétition pour le Viêt-nam - déjà, encore... - ou à être, en 1936, le premier écrivain français à s'interroger publiquement sur les Procès de Moscou. Après son départ d'Europe en 1936 il se consacre à une tâche plus absorbante encore, et sans doute plus urgente, celle d'animer l'hebdomadaire Vendredi, autre bel exemple de périodique intellectuel, cas limite, même, de conjonction entre une mystique et une politique. Jean Guéhenno : celui qui sera bientôt à la fois l'écrivain clandestin des Editions de Minuit et le premier titulaire, à la Libération, de cette Direction de la Culture populaire et des Mouvements de jeunesse qui était comme l'aboutissement, sur le terrain, de quelques-unes des inspirations les plus aiguës du Front populaire." P. O.

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  • « L'humanisme de Michelet a sa source en ses origines populaires. Il savait, non par ouï-dire, mais d'expérience, ce qu'était la pauvreté. La vie pauvre avait été la sienne pendant vingt années, et les souvenirs qu'elle lui laissa ne cessèrent jamais de nourrir et de fortifier sa pensée. »Jean Guéhenno

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  • Un superbe roman de Jean Guéhenno.

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  • "On n'écrit pas ce qu'on veut, dit Jules Renard dans son Journal, on n'écrit que soi-même." Et c'est bien ainsi. C'est tout le devoir d'un écrivain et particulièrement aujourd'hui.

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  • « On n'écrit pas sans scrupules sous un tel titre. Et pourquoi moi ? Quel droit ai-je à le faire ? Je suis d'une manière très générale plein de méfiance pour les « je », mais plus particulièrement pour le mien, si je puis dire, et, à l'instant de commencer une telle profession de foi, j'espère que mes lecteurs sont dans la même disposition et je les prie de ne voir dans ces déclarations aucun orgueil, aucune vaniteuse assurance, ni surtout aucun désir de séduire qui que ce soit à mes pensées. Il ne s'agit que de chercher ensemble la vérité. Au delà de ma propre foi, je n'ai jamais cessé de sentir que chacun vit comme il peut. Le débat avec soi-même est le plus difficile qui soit et l'honneur d'un homme est souvent à la mesure de cette difficulté même. Ainsi suis-je plein de respect et d'amitié pour beaucoup d'hommes qui croient ce que je ne crois pas ou ne croient pas ce que je crois. Sans doute, quand on croit ensemble, la vie en est plus plaisante et plus chaude. Mais que chacun croie ce qu'il croit, pense ce qu'il pense. J'ai horreur du dogmatisme et du prosélytisme, et je ne me cherche point de disciples. » Jean Guéhenno

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  • Changer la vie, dont on n'a pas oublié le succès, était un récit pathétique. La mort des autres, que voici, est un livre à la fois violent et généreux, une méditation soignée. La mort des autres, c'est la guerre. Ceux qui ne la font pas mais seulement la

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  • Crise de la politique et interrogations sur la construction européenne, effervescence religieuse, montée en puissance de l'Asie, nouveaux modes de gestion des entreprises : ces différents phénomènes sont rarement mis en relation, et c'est le cloisonnement des analyses qui empêche de comprendre le monde en train de naître.
    1989 ne ferme pas seulement la parenthèse soviétique, il met fin à l'âge des Etats-nations né de la Révolution française. La mobilité des hommes et des capitaux remet en cause la logique territoriale sur laquelle reposent nos sociétés. Ce mouvement de fond, un moment retardé par la confrontation Est-Ouest, produit maintenant tous ses effets : les grandes constructions institutionnelles et la concentration du pouvoir cèdent la place à un monde de réseaux et à une diffusion de la puissance qui posent des questions nouvelles. Comment gérer les communautés humaines et répondre à leur besoin d'identité ? Comment contrôler des pouvoirs de plus en plus insaisissables et préserver la liberté dans un monde caractérisé par le conformisme et par la corruption ? Et que veut dire le mot paix dès lors que la multiplication de «guerres sans front» vide de son sens la distinction entre sécurité intérieure et sécurité extérieure ?
    En réponse à ces questions, Jean-Marie Guéhenno propose une nouvelle grille de lecture pour un monde «impérial», qui devra davantage à l'Asie qu'à la tradition européenne de l'Etat-nation et de la démocratie : comprendre les règles du jeu de ce monde nouveau, c'est se mettre en mesure non de lutter contre lui, mais de sauver ce qui peut - et doit l'être - de l'idée de liberté.

  • Paulhan se juge " tout à fait banal ", se range dans " le parti des gens qui s'intéressent, qui sont à chaque instant épatés ". Guéhenno a la conviction d'appartenir à " une espèce commune de l'humanité ", celle de " ces hommes de série ", que désemparent les événements. Coquetteries d'intellectuels et d'écrivains qui savent trop bien qu'on ne les prendra pas au mot, que leurs rouvres disent tout le contraire ? Leurs lettres incitent à ne pas répondre trop vite. A côté de la Grande Guerre, du Front Populaire ou de l'Occupation, il y est beaucoup question de divers petits événements, que l'on appelle trop vite, avec un mépris bien injustifié, " faits divers ".
    L'un, " esprit insaisissable ", se méfie des professeurs, auxquels il reproche " d'avoir leur siège fait, leur système ". L'autre en veut aux " joueurs " et a parfois soupçonné son ami " d'aimer les idées pour le plaisir, à tous risques, et dût le monde s'écrouler ". Pourquoi dans ces conditions leur amitié n'a-t-elle jamais connu de ces " vacances " qui séparent des esprits pourtant mieux faits pour se comprendre et s'estimer ? Parce qu'ils partagent une conviction " Nous ne sommes pas le centre du monde, nous ne valons, nous ne sommes dans la vérité qu'à condition de nous négliger nous-mêmes pour autre chose. " Cette autre chose peut être la politique, la métaphysique, ou, quand les circonstances l'exigent, la résistance à l'oppression. Dans tous les cas, elle passe par cet amour de la littérature qui, seule, peut expliquer le monde, et donner un sens aux faits divers dont il est question dans cet entretien de quarante ans.

  • Bien que neuf ans séparent Jean Guéhenno de son cadet Louis Guilloux, une proximité d'évidence semble présider aux relations entre ces deux grands écrivains. Quarante années de correspondance disent l'essentiel de ces échanges fondés sur l'estime et l'amitié mais d'abord sur une origine sociale résolument identique et un semblable refus obstiné du monde comme il va. Au-delà des divergences d'appréciation qui ici et là apparaissent, Guéhenno et Guilloux s'entretiennent par le biais d'une parole souverainement libre qui donne la mesure de leur espoir et de leur foi en des temps meilleurs. Ces lettres, inédites à ce jour, témoignent de cette ferveur. Elles sont du plus essentiel intérêt pour entrer en communion avec la pensée, haute sur l'horizon, de deux combattants majeurs sur le chemin de l'émancipation des hommes.

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  • L'epreuve

    Guehenno Annie

    Plus de vingt ans ont passé depuis cette aventure de la Résistance, qui est celle même d'Annie Guéhenno. Elle la revit ici intérieurement, débarrassée de l'image déformante que l'histoire en a quelquefois donnée et dont les héros mêmes de l'aventure ont pu être dupes.Récit simple, nu et pourtant plein d'événements, où le drame et l'humour se mêlent. Étudiante à Paris pendant l'Occupation, Annie Guéhenno entre dans un mouvement de Résistance (parachutage d'armes) et accomplit toutes sortes de missions à travers l'Ouest de la France. Arrêtée par la Gestapo, elle est enfermée à la prison d'Angers. Elle y passe deux mois au secret. L'aventure prend alors un caractère profondément intérieur. Embarquée dans un train à destination de Ravensbrück. Annie Guéhenno s'évade. C'est la Libération. Elle retrouve une vie sur laquelle elle s'interroge.La réponse que chaque jeunesse se donne dépend, pour une grande part, de ce que fut sa rencontre avec son temps. Pour Annie Guéhenno et ses camarades, l'Occupation et la Résistance furent une épreuve d'eux-mêmes, peut-être une chance. À vivre dans l'anonymat, en marge des habitudes et de la comédie sociale, ils étaient paradoxalement libres et en quelque sorte à nu devant l'essentiel. La mesure de leur vie était la vie même. Quand l'aventure fut finie et qu'il fallut se rajuster à la vie quotidienne, beaucoup d'entre eux furent désemparés. Mais tout cela n'avait pas été vain... En disant très simplement ce que ce fut pour ses camarades et pour elle, Annie Guéhenno a cherché sans doute à sauver quelque chose de la mort .

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  • On se souvient de L'Épreuve qui a reçu le prix Femina-Vacaresco et que l'on a considéré comme un des témoignages les plus bouleversants sur la Résistance ; cet ouvrage fut traduit en diverses langues.Ce nouveau livre, très différent par le sujet, pose peut-être la même question : que signifie pour un homme la rencontre de la souffrance et de la mort ?Au centre du récit se trouve l'aventure banale d'un déménagement, qui est pour Guillaume, le héros, après la mort de ses parents, l'occasion d'une confrontation avec son passé. Parfois, les souvenirs renaissent à l'état pur, miraculeusement intacts, comme ces soirs de Noël tous confondus en un soir parfait. Mais le plus souvent, le passé, vu dans les lumières de la mort, s'est transformé, travesti : sur tout souvenir se plaque, en surimpression, le visage d'un mort. Comment faire autrement, pour pouvoir continuer de vivre, que de se réfugier dans la fuite et l'inconscience, comme ce petit fou en chapeau melon, qu'il voyait courir par les rues dans son enfance ? C'est ce qu'il fait d'abord, par une sorte d'instinct plus fort que son amour et que sa peine.Puis avec les mois, qui passent et rythment le récit, il revient à lui-même et découvre que la souffrance est là comme son bien le plus précieux. Ceux qu'il a aimés, mal aimés, vivent désormais en Guillaume. Leurs vies semblent en suspens, inachevées. Qu'attendent-ils de lui ? Il ne le sait pas. Mais il les regarde maintenant d'un regard plus attentif et pitoyable qu'avant.Et la joie même, qui revient en lui aussi, est changée par l'espoir et la découverte d'un nouvel amour, par la présence de la souffrance, comme une mélodie ne tient son prix que de la basse qui l'accompagne. La mort donne son sens à la vie.Annie Guéhenno a mis en exergue de la Maison vide ce mot de Dostoïevski : La souffrance, mais c'est l'unique source de la conscience ! .

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