• La crise de la Covid-19, avec le Brexit et la présidence Trump, confirme le constat de la première édition de cet ouvrage en 2011 : la démondialisation est en marche. L'histoire, le politique, la souveraineté et les nations reprennent leurs droits. Ce mouvement est aussi une désoccidentalisation du monde. Nous devons en prendre acte, en tirer les conséquences.

    Au nom du libre-échange, les puissances dominantes ont en permanence usé de leur force pour s'ouvrir des marchés, s'accaparer des richesses, éliminer de potentiels concurrents. Elles l'ont longtemps fait sous le masque d'un prétendu ordre économique mondial. Celui-ci se déchire désormais. Nous revenons alors au monde des réalités.

  • Ces chroniques couvrent une série de problèmes fondamentaux qui, réorga- nisées, dessinent une logique. Les questions militaires et stratégiques ne s'opposent pas à l'économie, bien au contraire car cette dernière est bien un espace de rapports de force. Et quand on parle des unes, on évoque l'autre; et inversement. Au l de ces textes, véritables chroniques littéraires, le XXe siècle qui a vu tous les visages de la stratégie se mettre en place, c'est une nouvelle approche du fait stratégique qui se dévoile. Les principaux chapitres portent sur : L'économie à la lecture de la stratégie ainsi que treize chroniques de stratégie. - Aux origines de la mobilisation économique. - Le Journal de Guerre du Général Buat: évolutions et transformations du haut-commandement pendant la guerre de 1914-1918 - L'adaptation, clef de la victoire? - La question des victimes civiles françaises des bombardements alliés et le piège du point de vue « doloriste ». - De quelques mythes urbains concernant la seconde guerre mondiale. - Guerre, religion et politique: la trajectoire de l'Amiral d'Argenlieu. - L'armée rouge au travers des yeux de l'armée française. - Le 80e anniversaire du Pacte Germano-Soviétique. - Staline, Hitler et l'opération Barbarossa. - La bataille de Koursk: un point de vue allemand. - La marche à la guerre en Asie et la question de l'Indochine. - Le symbole de Bir Hakeim. - Du Front Populaire à la Résistance: Suzanne Cointe. - Le Covid-19 et l'impératif stratégique L'auteur Jacques Sapir est Directeur d'études à l'EHESS (École des hautes études en sciences sociales) et du CEMI (Centre d'études des modes d'industrialisation). Économiste non-orthodoxe, c'est un spécialiste reconnu des questions de dé- fense et stratégie depuis 1986. Auteur de nombreux ouvrages chez Tallandier, au Seuil ou aux Éditions du Cerf... Il dirige depuis quelques années les travaux d'une équipe d'historiens chargés de rendre crédible militairement, politique- ment et économiquement l'uchronie : « et si la france n'avait pas perdu en juin 1940... »

  • Le 9 août 1945, plus d'un million d'hommes appartenant à plusieurs armées des forces soviétiques entraient sur le territoire de la Mandchourie, le Mandchoukouo, alors sous occupation japonaise. En dix jours, la puissante armée japonaise du Kwantung était anéantie. L'Armée rouge signait là une victoire totale dont les conséquences géopolitiques, en Corée et au Japon, ont survécu à l'effondrement de l'Union soviétique. Exemplaires, les campagnes de Mandchourie de 1939 (Khalkhyn-Gol) et de 1945, totalement ignorées, constituent pourtant un point de repère théorique essentiel pour la compréhension de l'art de la guerre soviétique. Elles permettent en effet de connaître le potentiel d'une armée qui, après avoir absorbé les purges staliniennes et la surprise allemande, s'exprimera victorieusement à Stalingrad, Koursk, et sur l'opération Bragation de 1944. Ce livre montre comment l'histoire militaire soviétique a plongé ses racines dans un passé tsariste dont la société russe tout entière gardait encore les signes de grandeur et toute la démesure. Il tente d'analyser comment la société soviétique a pensé le problème de la guerre et ce qui la définissait comme une grande puissance militaire.

  • Pourquoi la science économique, celle que l'on enseigne aujourd'hui à tous les étudiants du monde, de chicago à moscou en passant par paris, celle qui fonde le discours universel des experts, a-t-elle construit un modèle économique qui exclut les questions de l'argent et du temps ? en partant de cet étonnant paradoxe, jacques sapir, nous raconte la fabuleuse histoire de la science économique dominante au xxe siècle qui, en fait de science, n'a peut-être construit qu'une gigantesque fable idéologique.
    Ce livre, qui se présente comme un essai vivant et polémique, rend aussi le service d'un petit traité de la pensée contemporaine et de méthodologie économique.

  • L'effondrement financier de La Russie en août 1998 a déclenché une double réaction en chaîne aux effets dévastateurs.
    D'abord et surtout pour la population russe, confrontée à une crise politique, économique et sociale sans précédent. Mais aussi, d'une autre façon, pour le reste du monde, en particulier pour les pays de l'Union Européenne. Pour comprendre cette crise et ses effets possibles à moyen et à long terme, il est fondamental d'en connaître les causes. Tel est le premier objet de court essai de l'un des meilleurs spécialistes français de la Russie.
    Jacques Sapir y montre, de façon particulièrement convaincante, pourquoi le krach, pourtant largement prévisible a surpris la majorité des responsables et des experts occidentaux : ceux-ci ont préféré fermer les yeux sur le chaos dans lequel le pays était plongé depuis plusieurs années. Et il montre aussi comment ces responsables (FMI. G.7) ont encouragé les gouvernements russes à suivre des politiques qui ne pouvaient mener qu'à des impasses.
    Tout autant que ses graves conséquences matérielles, le krach a ouvert une profonde crise morale en Russie, qui frappe de discrédit la nouvelle élite russe, coupée de la société et déchirée par de féroces conflits. Mais cette crise touche aussi les opinions occidentales, choquées par les erreurs incroyables des grandes puissances qui prétendent régenter le monde. Pourtant le pire n'est pas sûr, comme le montre Jacques Sapir en explorant en conclusion les conditions de redressement.

  • Le « non » Français à la Constitution européenne claqua comme une gifle magistrale des simples citoyens aux élites tellement assurées de leur domination qu'elles n'hésitèrent pas à manifester leur mépris pour une opinion populaire présumée vulgaire. De là à dire que ce vote historique n'exprime qu'un décalage entre l'élite informée et le peuple dépassé par un monde qu'il ne comprend plus, il n'y a qu'un pas. De là à croire que ce « non » ne débouche sur rien, car il n'y a pas d'alternative au « modèle » euro-libéral, il n'y a aussi qu'un pas. Mais ce sont deux faux pas que le livre de Jacques Sapir entreprend de corriger. Au-delà du « non » français, ce livre bref, décapant, savant et pourtant facile à lire, va aux fondements mêmes du décalage entre le peuple du « non » et l'élite du « oui ». Jacques Sapir démonte tous les non-sens économiques sur lesquels repose le discours euro-libéral dominant. Dans une forme accessible, il explique comment les résultats de la science économique réduisent à néant le culte de la concurrence libre et non faussée sur lequel repose la construction européenne
    depuis vingt ans. Il met en lumière la « nouvelle trahison des clercs » unis pour le « oui ». Leurs argumentaires, mélanges d'attaques haineuses et de lieux communs erronés, témoignent d'une profonde crise intellectuelle et du mépris pour la démocratie. Une fois démontrées l'absurdité du discours euro-libéral, l'auteur peut présenter les fondements d'un modèle alternatif pour l'Union
    européenne : l'économie mixte organisée plutôt que l'économie de marché dérégulée.

  • « La nation rassemblée et l'état d'urgence décrété, nous vivons un moment souverainiste.
    Mais à quel prix, et sous quelles conditions, pouvons-nous vivre ensemble ? Cette question fait clivage. Le souverainisme est ce nouveau spectre qui hante le monde. Rien de plus normal pourtant, car la question de la souveraineté est fondatrice de la démocratie. Elle fonde la communauté politique, ce que l'on appelle le peuple, et définit un ordre politique.
    Partout en Europe et dans le monde s'exprime la volonté populaire de retrouver sa souveraineté.  Que ce soit face aux incohérences de l'Union européenne sur la crise des réfugiés, ou face aux questions suscitées par le déni de la souveraineté grecque des institutions de la zone Euro, la souveraineté est la question d'aujourd'hui.
     Si la notion de souveraineté a pris une place centrale dans le débat, c'est bien parce qu'elle touche à quelque chose d'essentiel : la liberté. Celle de faire et de décider, en son propre nom comme de manière collective.
    Mais qui dit souveraineté dit aussi peuple et laïcité. Aujourd'hui plus que jamais, il est impératif de rejeter les définitions du peuple fondées sur l'ethnie ou la religion, et d'affirmer la nature historique et politique de cette notion.
     Faire disparaître du champ politique le principe de souveraineté ne peut se justifier que par une volonté de faire disparaître aussi le principe de démocratie. Il ne faut alors pas s'étonner de ce que la société glisse vers l'anomie et la guerre de ''tous contre tous''. » (J.S.)    

  • Faut-il sortir de l'euro ?

    Jacques Sapir

    • Seuil
    • 12 January 2012

    De la Grèce à l'Italie, en passant par l'Irlande, le Portugal et l'Espagne, la zone euro est en feu. La monnaie unique censée nous protéger se révèle un piège dangereux. Tout cela avait été prévu car les défauts structurels de la zone euro étaient notoires et bien connus des économistes.

    L'Histoire dira la responsabilité de nos gouvernements qui, par idéologie, par conformisme et parfois aussi par lâcheté, ont laissé la situation se dégrader jusqu'à l'irréparable. Elle dira aussi l'immense culpabilité de ceux qui ont cherché à imposer une Europe fédérale en contrebande, par le biais de la monnaie unique, à des peuples qui n'en voulaient pas. Aujourd'hui, c'est aussi une certaine conception de l'Europe qui agonise. La crise actuelle solde à la fois les erreurs d'une financiarisation à outrance et la faute politique que furent le traité de Lisbonne et le déni de démocratie qui suivit le référendum sur le projet de traité constitutionnel en 2005.

    Faut-il, dans ces conditions, sortir de l'euro ? Ce livre tente de répondre à cette question. Il se propose d'examiner la crise actuelle, de mettre en évidence tant ses origines que la conjonction de politiques particulières qui l'ont rendu inévitable. Il entend montrer au lecteur comment nous en sommes arrivés là, à partir des espoirs ? pour certains réels et pour d'autres imaginaires ? qui avaient été mis en l'euro à l'origine. Il se propose enfin de montrer les solutions possibles qui s'offrent à nous, et d'évaluer objectivement si nous avons un intérêt à rester dans l'euro.

  • La "nouvelle Russie" a vingt ans.
    Elle est devenue l'un des acteurs a de notre monde multipolaire et fait aujourd'hui partie des économies "émergentes". La transformation de l'Union soviétique en la Russie constitue un phénomène aux répercussions essentielles, un véritable défi pour la science économique et pour les économistes occidentaux. Entre 1992 et 2011, le pays a fonctionné, à son corps défendant, comme un immense laboratoire de mise en pratique des théories économiques.
    Les bouleversements qu'il a subis nous semblent particulièrement éclairants pour comprendre les phénomènes macroéconomiques actuels. La Russie a connu de 1993 à 1997 une privatisation sauvage et largement criminelle. Elle a traversé en 1998 une "crise de la dette souveraine", dont elle est sortie par l'action conjuguée d'un défaut et d'une forte dévaluation. Si le pays est devenu membre de l'OMC, c'est qu'il a su remettre à flots son industrie, en particulier dans le secteur automobile, au moyen d'une politique protectionniste raisonnée.
    La "grande transition" montre ainsi l'importance des institutions pour le devenir économique d'un pays, mais aussi le rôle de la pérennisation de l'épargne populaire. Toutes ces questions sont aujourd'hui d'une pertinence essentielle pour analyser la situation européenne. Cet ouvrage rassemble les textes de quatre économistes, trois Russes et un Français, directement engagés dans cette histoire tumultueuse.
    Il a pour ambition de présenter au lecteur une synthèse des vingt dernières années, afin d'identifier les défis auxquels la Russie se trouve aujourd'hui confrontée et ses atouts pour les relever. Mais l'expérience russe nous tend aussi un miroir sur notre futur mouvementé. Car ce livre éclaire non seulement le devenir de la Russie, appelée à devenir un acteur majeur entre l'Europe et l'Asie, mais aussi celui de nos économies occidentales.

  • La dissolution de l'urss et la guerre du koweït ont signé en 1991 la fin du xxe siècle.
    On imaginait alors un xxie siècle dominé par les états-unis, hyper puissance militaire et économique. mais ce " siècle américain " a avorté entre 1997 et 2003. la crise financière internationale de 1997-1998 a suscité l'irruption de nouvelles stratégies économiques, le sursaut de la russie, la rupture de nombreux pays latino-américains avec le modèle américain et l'émergence de la chine comme pivot de la stabilité en extrême-orient.
    En tentant de restaurer leur hégémonie par la force, les états-unis ont engendré, en afghanistan et en irak, deux désastres militaires et politiques. alors qu'ils faisaient figure de victime le 11 septembre 2001, ils sont aujourd'hui isolés diplomatiquement et doivent affronter l'image de guantanamo et des tortures à abou ghraïb. sous nos yeux naît un nouveau xxie siècle, sans puissance régulatrice, marqué par un monde multipolaire et où la souveraineté nationale redevient un axe clé de la pensée politique.
    Las, les élites européennes tardent à reconsidérer leurs politiques à l'aune de cette nouvelle donne. comme leurs aînées incapables de comprendre le xxe siècle ouvert par la " grande guerre ", elles s'accrochent à des prismes politiques obsolètes. pour combattre la répétition de cette erreur funeste, jacques sapir s'attache à montrer quelles leçons la france et l'europe devraient tirer d'une perception plus juste du siècle qui vient.

  • ?L'économie n'est-elle que jeu d'intérêts particuliers ? La globalisation met-elle fin au rôle de l'État ? Les privatisations sont-elles un simple retour à la normale ? La dérégulation est-elle un impératif qui ne se discute pas ? Les délocalisations sont-elles un mal inéluctable ? Jacques Sapir plaide pour une conception de l'économie où les institutions (État, associations, syndicats, presse, entreprises, etc.) seraient des tuteurs de comportement la régulant et la maintenant sur le sentier de la croissance. La liberté des agents économiques est inconcevable, sans institutions régulatrices !
    Jacques Sapir, économiste, est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Il a publié dernièrement Les Trous noirs de la science économique et Les Économistes contre la démocratie.

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  • «À l'origine de la crise de l'Union européenne se trouve l'euro.
    Exacerbant les oppositions entre pays, il en corrode les fondations et met à mal la démocratie en suscitant la montée de pouvoirs tyranniques. » J. S.

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  • La dissolution de l'Union sovitique bouleverse le monde que nous connaissions et ouvre des perspectives qui inquitent. Comprendre les enjeux des annes venir et valuer les risques, tels sont les objectifs que s'est fixs l'auteur, l'un des meilleurs spcialistes franais de l'ex-URSS.

  • De soubressauts économiques en crises politiques, les changements entamés en Russie depuis 1992 ont suivi une route bien chaotique.
    Le démantèlement du système économique soviétique est loin d'avoir produit les effets que l'on en attendait : non seulement la crise rend chaque jour la vie plus difficile à la population, mais il n'est pas sûr que les transformations en cours aient vraiment rapproché la Russie des économies de marché occidentales. Le pays semble divisé entre une capitale, Moscou, qui s'occidentalise, et une province qui retourne au soviétisme.
    Le bilan politique n'est guère meilleur. En dépit des élections, la démocratie recule et la guerre se poursuit en Tchéchénie. Les gouvernants russes retrouvent les réflexes hérités de leurs prédécesseurs soviétiques, voire tsaristes. La corruption endémique au sein de la nouvelle élite, dont le développement des mafias n'est que l'un des aspects, aboutit à l'émergence de guerres privées. Ces dernières portent en elles le risque de la guerre civile et témoignent de la montée d'une pathologie politique inquiétante.

    Ecrit par l'un des meilleurs spécialistes français de l'ex-URSS et de la Russie, ce livre éclaire d'une lumière crue l'ensemble de ces évolutions. A partir de l'expérience de son auteur, qui fut ces dernières années au coeur des débats se déroulant à Moscou comme dans les capitales occidentales sur le devenir de la transition, il montre comment un processus dans lequel on avait pu mettre de si nombreux espoirs a déraillé.
    A ce constat, il donne un sens qui n'est pas celui d'un retour inéluctable à la guerre froide, ou à la marginalisation de la Russie. Cette dernière est moins la victime d'une malédiction historique que de l'application sans retenue ni réserve du libéralisme occidental.

  • Pourquoi la science économique, celle que l'on enseigne aujourd'hui à tous les étudiants du monde, de Chicago à Moscou en passant par Paris, celle qui fonde le discours universel des experts, a-t-elle construit un modèle d'économie qui exclut les questions de l'argent et du temps ?
    À partir de cet étonnant paradoxe, Jacques Sapir, économiste et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, dévoile les ressorts d'une discipline compliquée, dont les contorsions n'ont qu'un objet : évacuer la réalité de l'économie et soumettre l'activité humaine au mythe de la concurrence.
    Cet ouvrage, qui permet de découvrir les thèses de Walras, Keynes et Hayek, théoriciens du marché, ou encore de Lange, théoricien de la planification, présente une analyse authentique et objective des phénomènes économiques contemporains. Mais il répond aussi à cette étrange question : pourquoi les économistes, dont le discours envahit notre vie, parlent-ils avec un bâillon sur la bouche ?

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  • L'économie s'est-elle substituée à la politique ? Tel est peut-être le souhait de certains économistes.
    Jacques Sapir a pour cible un discours économique qui cherche à vider l'action politique de son sens, un discours qui, sous les dehors d'une soi-disant, rigueur scientifique, est en réalité profondément anti-démocratique. A travers l'apologie que font certains économistes des agences indépendantes et de la mondialisation, c'est le vieux fond libéral hostile à toute forme de souveraineté populaire qui s'exprime.
    Sous prétexte de parler d'économie, ces économistes veulent nous vendre un droit et une organisation sociale qui les laisseraient libres de tout contrôle et de toute responsabilité. Jacques Sapir analyse le lien qui existe entre une faillite théorique et des comportements souvent douteux. Il montre que le discours de l'économie dominante vise à enfermer le citoyen dans un espace qui n'aurait d'autres bornes que la technique et la compassion, dénonçant le projet de faire de l'expert le seul citoyen habilité à peser sur les décisions importantes.
    Au fur et à mesure que l'expertise des économistes perd en efficacité, monte une nouvelle idéologie, l'expertisme. Elle se construit, explique-t-il, en négation de la chose publique, la République.

  • Qu'est-ce qui fonde la souveraineté ? De quand date-t-elle ? Quelle était sa place dans les régimes politiques antérieurs à la Révolution française ? Pour répondre à ces questions, un économiste laïque, Jacques Sapir, et un philosophe dominicain, Bernard Bourdin, se confrontent.
    Quand le premier évoque les fondements du pouvoir à Athènes, dans la Rome impériale et au Moyen Âge, l'autre revient aux origines de la notion de peuple dans l'Ancien Testament, sur l'essence de l'autorité papale et la doctrine de La Trinité. C'est aussi l'occasion pour eux de dialoguer avec d'illustres penseurs : Platon, saint Augustin, Bodin, Hobbes, Spinoza, Locke ou encore Marx.
    Cette réflexion d'ordre historique et philosophique montre qu'il n'y a pas d'humanité sans racines, sans origines, sans legs, que ce soit pour celui qui croit au ciel comme pour celui qui n'y croit pas.
    Un ouvrage indispensable pour comprendre les enjeux de la souveraineté nationale dans son rapport au phénomène religieux en Occident.

  • Ce que l'on appelle le grand jeu a opposé, au xixe siècle, les intérêts géopolitiques russes et anglais, notamment en asie centrale, et est considéré comme un épisode majeur des relations internationales de cette époque.
    Pratiquement inconnu en france, à l'exception de quelques spécialistes, le grand jeu s'avère pourtant fondateur et son impact sur les représentations politiques dans les élites russes, britanniques, américaines, mais aussi indiennes et chinoises ne doit pas être sous-estimé. mais ce que les anglo-saxons ont baptisé le "grand jeu" et les russes le "tournoi des ombres", c'est aussi une incroyable épopée, presque romanesque, qui a fait émerger une galerie de portraits d'aventuriers, d'explorateurs, de militaires et d'espions qui ont inspiré la littérature comme le cinéma.
    Aujourd'hui, le grand jeu redevient d'une brûlante actualité. les affrontements, plus ou moins secrets, qui ont lieu en asie centrale et autour de la mer caspienne renvoient à ceux du xixe siècle. de nouveau, l'afghanistan et ses marges deviennent l'objet de toutes les convoitises, des lieux d'affrontements par personnes interposées et la scène de complots multiples. une histoire à découvrir, dont la connaissance, dans toutes ses dimensions, historique, mythique et politique, s'avère plus que jamais utile pour comprendre les enjeux contemporains.

  • Un livre sur un thème qui prend de l'ampleur à mesure que la crise s'amplifie. 72% des français au mois de juin 2011 se sont déclarés favorable à un protectionnisme européen Après L'art d'ignorer les pauvres de j Galbraith (Plus de 8000 exemplaires vendus à ce jour) voici le nouvel opus de la collection Monde diplomatique. Sur un thème éminemment politique et définitivement actuel (voir les débats fiévreux sur la démondialisation) il réunit 5 textes sur la question.

    Celui de Chang, économiste américain , fils spirituel de j Stiglitz, l'un des premiers à avoir étudié le mythe du libre-échange dans l'histoire, démontrant dans son article que tous les pays développés le sont devenus par les vertus du protectionnisme et que leur conversion au libre -échange s'est produite dès lors que leur économie est devenue concurrentielle . Dans cet esprit imposer à des pays en voie de développement le libre- échange s'est promouvoir ses propres intérêts aux dépens de ceux que l'on prétend aider.
    Celui de Jacques Sapir, auteur de La déglobalisation (éditions du seuil), qui explique pourquoi aujourd'hui si l'on veut sortir du cercle vicieux de la crise un protectionnisme européen est vital pour nos économies anémiées.
    Celui de frédéric Lordon , auteur de nombreux livres dont le dernier : D'un retournement l'autre (éditions du seuil), qui dénonce la mauvaise foi des thuriféraires du libre-échange. Il ne peut y avoir de concurrence libre et non faussée à partir du moment où chaque pays dispose de lois sociales, fiscales, environnementales différentes. Bref par ce décalage il n'est point de véritable libre -échange.
    Celui de françois Ruffin qui raconte comment le mot protectionniste est devenu imprononçable alors que nos entreprises ne cessent de délocalisées.

    Celui de Serge Halimi qui revient aux sources du protectionnisme aux Etats-Unis et montre combien ce pays connu pour défendre le libre marché n' a eu de cesse depuis le XIX ème siècle jusqu'à nos jours d'y recourir

  • Et si la France avait continué la guerre en juin 1940 ? Et si le gouvernement français avait continué la lutte contre l'Allemagne hitlérienne depuis l'Afrique du Nord ?
    Telles sont les questions posées par cet essai où l'histoire rencontre la fiction à travers une oeuvre romanesque haletante et poignante.
    Ainsi prend forme une façon entièrement novatrice de relire et d'étudier l'histoire de l'année 1940, dans tous ses aspects : politique, économique, diplomatique et stratégique. Une alternative aux journées tragiques de juin à décembre 1940 se dessine alors, le contraste entre le possible et le réel n'ayant qu'un seul but : montrer que la décision de demander un armistice n'était en rien inéluctable.
    Voici le récit d'une histoire qui n'a pas été, mais qui aurait pu être.

  • Cet ouvrage est le produit d'un rêve partagé, puis d'un jeu et, enfin, d'un long travail de simulation mené par toute une équipe de passionnés, parmi lesquels plusieurs historiens. D'un rêve ? En effet :
    « Une description à vous mettre les larmes aux yeux de la Seconde Guerre Mondiale telle qu'elle aurait DÛ être », comme l'a dit un participant américain. Car tous les éléments sont ici rassemblés : la France avait tous les moyens potentiels ou réels de ne pas capituler honteusement en juin 1940 et de continuer la lutte contre l'Allemagne nazie, contrairement à tout ce qu'on a cherché à faire croire depuis lors. Cet ouvrage se veut donc le deuxième tome de 1940. Et si la France avait continué la guerre.
    Au terme de « notre » année 1940, nous avions certes laissé une France métropolitaine occupée par les Allemands avec un gouvernement de collaboration dirigé par Laval. Mais les armées alliées s'étaient emparées de la Corse et de l'Afrique du Nord italienne. En 1941 et 1942, les convois venus des Etats- Unis débarquent en territoire allié le matériel qui permet une reconstitution progressive des forces françaises. Hitler a les yeux tournés vers l'est, mais la présence française en Corse et en Sardaigne ainsi que l'influence des Alliés sur la Yougoslavie et la Grèce vont bouleverser ses plans, car il doit secourir l'Italie fasciste. Quand pourra-t-il enfin réaliser son grand rêve et se lancer à l'assaut de l'URSS ? De leur côté les Alliés vont payer leur résistance au prix fort, car ils sont encore incapables de s'opposer efficacement à l'armée allemande. Pourtant, l'arsenal des démocraties et l'industrie de guerre américaine, stimulés par les commandes françaises s'ajoutant aux commandes britanniques, monte très vite en puissance. Et pendant ce temps, le Japon s'apprête à jouer son va-tout et à se lancer dans un pari militaire encore plus risqué qu'historiquement.
    Si ce récit haletant se lit comme un véritable roman, il constitue aussi un exercice historique particulièrement stimulant d'un point de vue intellectuel. Une façon tout à la fois entièrement novatrice et fascinante de relire et d'étudier l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans tous ses aspects :
    Politique, diplomatique, stratégique, et même tactique ; sur terre, dans les mers et dans les airs ;
    Parmi les combattants comme dans les lieux de pouvoir où se prennent les décisions politicostratégiques.

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