• L'antispécisme - la lutte contre toute discrimination fondée sur l'appartenance à une espèce -, plus explicitement politique que le véganisme, donne naissance à des mouvements radicaux dont certains reposent sur l'action directe. Héritier des communautés végétariennes socialistes et anarchistes de la fin du XIXe siècle, le militantisme animaliste radical est apparu en Grande-Bretagne et s'est rapidement internationalisé.
    À travers une étude du mouvement en France, au Canada et en Israël, cet ouvrage analyse les points les plus sensibles du discours antispéciste, tels que la comparaison entre les abattoirs et les camps d'extermination, aborde la question du vegan-washing, et évalue les progrès de la cause et l'ouverture de nos sociétés aux questions liées à notre rapport aux animaux.

  • « Cette recherche est une réussite et elle mérite de passionner un large public (...).
    Adulte, Jérôme est entré dans l'armoire des Segal et il en est ressorti à Vienne. » Serge Klarsfeld Sur quatre générations, à mi-chemin de l'histoire et de la littérature, Jérôme Segal cherche ses racines en tirant les fils d'une enquête quasi policière.

    On découvre ainsi les arrière-grands-parents ayant fait fortune dans un pays défunt, la Galicie de l'empire austro-hongrois, et qui, fuyant la Première Guerre mondiale, se retrouvent à Vienne sans pour autant se mêler à la pauvreté des masses prolétaires juives ; le grand-père, que "l'Histoire avec sa grande hache" oblige à fuir son pays en mai 1938, et le château de Schwadorf où il a vécu, avant d'être interné au stade de Colombes près de Paris ; les parents, militants communistes dans les années 1970, qui participent à Saint-Quentin-en-Yvelines à l'utopie d'une vie nouvelle, bientôt ravagée par l'islamisme... et une armoire qui constitue le pivot entre les chapitres. La quatrième génération est celle de l'auteur lui-même, qui décide en 2004 de faire le chemin inverse de celui de son grand-père, quittant la France pour s'installer à Vienne où le passé de sa famille se fait de plus en plus présent.

    Dans ce texte à la mesure du monde, l'auteur, devenu citoyen autrichien, en apportant son grain de sel dans la grande et belle conversation entre les vivants et les morts, donne à l'indifférence de l'Histoire le don du concret et de la véracité. La littérature devient, pour reprendre une expression de Claude Lanzmann, une fiction du réel.

  • Dix questions sur l'antispécisme : comprendre la cause animale Nouv.

    Fin des animaux sauvages dans les cirques, remise en cause de l'élevage (émissions de gaz à effet de serre et déforestation), prise en compte des risques sanitaires liés à l'exploitation animale (zoonoses), vidéos dénonçant la réalité des abattoirs... tout ceci donne du crédit au mouvement dit « antispéciste ».
    Le mot « spécisme » n'est entré dans les dictionnaires que récemment, mais son usage se répand rapidement pour désigner des discriminations fondées sur l'espèce. Une des conséquences de l'antispécisme est le véganisme, vu comme refus de participer à l'exploitation d'animaux sensibles, capables d'une expérience subjective de la vie.
    Cet ouvrage concis et percutant permet de comprendre les liens de ce mouvement avec des courants de pensée comme le socialisme, l'anarchisme et le féminisme. Il appréhende son rapport avec l'écologie, les religions et la critique du capitalisme, et finalement aborde la question de la convergence des luttes, mais aussi d'une redéfinition de la place de l'humain sur notre planète.

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  • Contrairement à une opinion commune, les termes " juif " et " athée " ne sont pas incompatibles. Sous la forme d'un essai tout à la fois argumenté et engagé, ce livre évoque la richesse de l'identité juive dès lors qu'elle s'émancipe du poids de la religion. Car il existe bien une identité juive culturelle, pluriséculaire, en perpétuelle évolution, libérée des dogmes religieux archaïques. A l'inévitable question " Qui est juif ? ", l'auteur apporte une réponse éloquente : est juif qui se dit juif, quelles que soient ses raisons, culturelles, familiales ou philosophiques.
    Clairement distinguée du judaïsme, la judaïté - la diversité des manières d'être juif - devient alors passionnante. Pour beaucoup, elle se vit sous la forme d'une solidarité essentielle, contribuant à la mise en place d'un nouvel humanisme dont l'Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie - le Bund - en fut, à la fin du XIXe?siècle, un précurseur héroïque. Cet humanisme s'inscrit dans un mouvement séculaire de désaliénation vis-à-vis du religieux, dont Spinoza fut l'un des premiers acteurs, préfigurant en cela le siècle des Lumières.
    Pour d'autres encore, judaïté rime avec cosmopolitisme et modernité - c'est pré­ci­sément pourquoi l'historien Yuri Slezkine put nommer le siècle dernier le " siècle juif ", au sens d'une identité universellement partageable car non exceptionnaliste et non essentialiste, par conséquent non hégémonique. Dans une époque marquée par un déchaînement xénophobe et l'essor des commu­nau­ta­rismes, l'approche prônée par Jérôme Segal est salutaire : un appel à se délivrer des identités turbides et rigides, afin d'endosser des identités fluides et évolutives, libératrices.
    Cet essai peut ainsi se lire comme une invitation à des développements similaires, et à des rapprochements, dans d'autres milieux, no­tamment musulmans.

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