• Le Caire. À cinq ans, Justine sort d'un coma qui l'a laissée amnésique. Pour l'aider à reconstituer ses souvenirs, elle ne peut pas compter sur son père, qui préfère lui réciter en français des versets des Évangiles et qui refuse de prononcer les mots « mère » et « Liban » leur pays d'origine. Justine devra combler elle-même les blancs de son existence : l'absence de sa mère, ce pays ravagé, autrefois berceau de tant d'espoirs. Des rêves d'émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d'Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d'explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde.Une intimiste quête de soi.  Christine Rousseau, Le Monde des livres.Hyam Yared tente le pari de la reconstruction d'une femme ex nihilo. Au-delà de Justine, c'est la mémoire d'un peuple écartelé qui se fraie un chemin. Passionnant.  Alain Nicolas, L'Humanité. 

  • En attendant que soit enfin prononcé son divorce au Liban, une mère de deux enfants multiplie les aventures clandestines. C'est à Paris cette fois qu'elle a rendez-vous avec son singulier amant au bras de qui elle se rêve en femme totalement émancipée. Au moment de refermer la porte du taxi qui doit la mener jusqu'à lui, elle est loin de se douter que Mélanie, la conductrice transgenre, va faire voler en éclats nombre de ses certitudes.

    Ce roman est l'histoire de la rencontre de deux femmes avides de liberté et dont la plus sujette aux déterminismes n'est peut-être pas celle que l'on croit.

  • Pour garder vive la mémoire de sa grand-mère tout juste disparue, la narratrice se réfugie dans son boudoir, où se sont entassés au fil des ans lettres, dessins et carnets. La fantaisie, la liberté et la générosité de la vieille dame qui pendant toute la guerre du Liban a refusé, malgré les objurgations de sa famille, de quitter sa maison et son jardin, situés sur la ligne de démarcation entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest, s'y retrouvent tout entières. Veuve à trente et un ans, cette encore jeune femme, d'origine arménienne, avait décidé de consacrer sa vie aux autres, après avoir juré fidélité à son défunt mari. Pour sa petite-fille, en instance de divorce, déchirée entre sa quête de liberté et son besoin d'amour, elle était à la fois un point d'ancrage et un modèle inatteignable. Au fil du roman va pourtant apparaître, derrière la figure idéalisée, une femme plus complexe et plus mystérieuse aussi. S'arrachant à son isolement, la narratrice finit par rejoindre dans le salon les visiteurs venus présenter leurs condoléances, ceux qu'elle appelle les « corbeaux ». Elle y croise un inconnu, dépité d'être arrivé trop tard pour remettre à l'occupante des lieux l'épais dossier qu'il lui destinait. Pendant une longue conversation sous la tonnelle, la narratrice médusée va découvrir tout un pan caché de l'existence de sa lumineuse grand-mère. Car le visiteur que nul n'attendait n'est autre que le fils d'un homme épris d'absolu et d'archéologie, Youssef, que rencontra la jeune veuve lors d'une croisière en 1947. Construisant son deuxième roman comme une invocation à cette grand-mère disparue, tissant la trame de son intrigue dans celle des déchirements de l'histoire, Hyam Yared dresse là un très beau portrait de femme, hanté par ses propres obsessions sur la passion, le désir et la violence.

  • Naître si mourir

    Hyam Yared

    À travers une poésie forte, brutale, Hyam Yared évoque la naissance, la mort, le corps dans toute sa trivialité, rejetant l'organisme lorsqu'il se fait uniquement reproducteur au profit d'une analyse du rapport aux orifices, à la chair. Une distanciation entre corps et âme qui teinte d'une froideur clinique l'évocation du vide.
    A travers ces cris de détresse, c'est la solitude qui se retrouve ici brandie pour exposer ce corps qui ne sert plus à rien ou qui, au contraire, est le repaire ultime d'une exploration sans bornes qui donne, peut-être, l'illusion d'exister. Les corps se cherchent sans forcément se trouver, ils s'affrontent dans une explosion des sens. Rien d'érotique ici, mais une avancée minutieuse dans les tréfonds du soi, des muscles, des os, du cerveau et donc de l'âme car, quoi que l'on fasse, tout reste indissociable.
    Entre désespoir et rancoeur résonne un énorme cri d'amour-haine qui va ciseler le récit au fil des fragments poétiques, composants d'une structure charnelle que Hyam Yared a tôt fait de bousculer, libérant maux et pensées, ordonnant aux mots de dire l'indescriptible. Une poésie qui évoque le présent et l'absent, qui interpelle nos tourments enfouis pour mieux les torturer.

  • Esthétique de la prédation est un recueil d'une terrible puissance. Il est au coeur de la violence qu'il met en scène. L'ouvrage établit le lien entre les termes usuels de la technologie, de la guerre, de la libido et du quotidien. Ces poèmes nous plongent dans le spectacle d'une vision de la modernité qui dévore les rêves, les êtres et les objets.
    Éprouvant. Vrai. L'auteure Hyam Yared n'y va pas de main morte. La prédation est notre nature. Nous nous dévorons dans notre belle civilisation humaine jusqu'à devenir parfaits dans cet empire de la barbarie. Ne reste alors comme armes de combat que la lucidité et la révolte.

  • Implosions Nouv.

    Le 4 août 2020 à 18 heures et 7 minutes, la narratrice se voit propulsée sous le bureau de sa thérapeute. Elle est à quatre pattes, entre son mari et leur psy. Une bombe vient de ravager Beyrouth. Une apocalypse. Et le scénario en train de se produire dans ce cabinet : celui d'un couple en déliquescence. La narratrice est une affranchie. Elle veut vivre tout de suite et tout à la fois. Être mère, épouse et écrivaine, « beauvoirienne » et pondeuse multi-récidiviste. Plutôt que de choisir, elle a embrassé la multitude : femme remariée, mère de cinq filles, auteure de nombreux livres, écartelée entre Beyrouth et Paris, entre sa soif d'écriture et ses maternités, entre la joie de l'enfantement et l'instinct de fuite. Son énergie vitale est ce prix, c'est une bombe à retardement. Comme son couple, tiraillé entre un homme analyste et une femme guidée par les méandres de l'écriture. En bref, « la rencontre d'une centrale nucléaire avec une éolienne ». Comme cette ville qu'est Beyrouth, fendue, divisée, sectionnée de toutes parts, par les guerres, les rancoeurs entretenues, jusqu'à cette ultime désintégration. La narratrice n'a plus que l'écriture pour consolation. Elle prend la plume à bras le corps et nous offre un récit d'une puissance inouïe où se reflètent jusqu'au vertige l'explosion de la ville et la déflagration intime, la dérive orwellienne de notre planète et l'hyper-connexion des êtres humains qui évoluent désormais « en distanciation sociale ». On retrouve le style plein d'humour et de rage de vivre de Hyam Yared, ses réflexions sur le sens de nos vies, la sexualité, le couple, la maternité, l'inadaptation au monde délirant dans lequel nous vivons... et l'amour qui triomphera toujours de la fin du monde.

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  • L'armoire des ombres

    Hyam Yared

    L'armoire des ombres.
    Beyrouth au moment des manifestations de 2005. une comédienne se présente à un casting. l'accueil est étrange : dès son arrivée, l'ouvreuse lui demande de laisser son ombre au vestiaire. le metteur en scène veut que l'actrice soit dépouillée de tout pour mieux s'emparer du rôle. comme elle a un farouche besoin de gagner sa vie - le loyer que lui réclame sa propriétaire et l'éducation de son fils - elle accepte le bout d'essai.
    Quand elle revient au théâtre après avoir décroché le rôle, le metteur en scène s'est envolé, et il n'y a pas de scénario. pour tout décor une armoire, dans laquelle elle découvre. des ombres soigneusement pliées. devant un public de plus en plus nombreux, elle déploie les ombres, improvisant à partir de chacune d'elles : elle est greta la prostituée, mona la réprouvée. tout en se révoltant contre sa mère, une femme désespérément conventionnelle.
    Alors qu'elle finit par se fondre jusqu'au vertige dans ses multiples identités, la comédienne dresse le tableau saisissant d'une société libanaise oú les individus n'ont pas de place, et moins encore les femmes. personne ne parvient à exercer son libre-arbitre, si fortes sont les pressions : même les manifestants exigent des passants une adhésion aveugle à leur cause. poète, hyam yared écrit un premier roman singulier qui capte à merveille le surréel et l'étrangeté du quotidien tout en livrant une vision du monde subversive et violente.
    Car son livre interroge avec clairvoyance une société cadenassée par le poids de l'histoire et des traditions, oú toute tentative d'émancipation se paie au prix fort.

  • La malédiction

    Hyam Yared

    "Dans un style volcanique et avec un humour satirique, Hyam Yared raconte l'histoire terriblement vraie de Hala, une héroïne d'aujourd'hui au coeur d'une tragédie antique. Hala n'est pas une seulement une femme vivant dans un pays arabe, c'est une femme universelle, une Antigone sacrifiée au nom de l'ordre de la société masculine.
    Un roman d'une force inouïe, d'une beauté ravageuse qui devrait marquer la rentrée littéraire."

    Sur commande
  • Nayla Hachem a été l'une des responsables du CICR durant la guerre civile qui a ensanglanté le Liban, de 1975 à 1990. Bien plus qu'un témoin, elle fut une actrice majeure dans cette tragédie qui a vu s'affronter Hezbollah, phalanges chrétiennes, druzes, palestiniens, israéliens.
    La Croix Rouge est censée être neutre, mais dans un tel maelstrom, comment le rester ? Nayla Hachem outrepassera souvent les règles. Accueillant un jour un phalangiste en armes dans les bâtiments du CICR, faisant passer la ligne de démarcation à trois palestiniens trois jours plus tard.
    Une autre fois, risquant carrément sa vie, elle remplacera par du valium le maxiton que des miliciens étaient venus lui demander sous la menace de leurs kalachnikov.
    C'est elle qui exfiltrera Bernard Kouchner du Liban, lorsque les phalangistes mettront un « contrat » sur son équipe de MSF. Il ne lui en manifestera jamais aucune reconnaissance.
    Il y a des pages terribles dans ce livre. Comme celles où elle n'hésite pas à raconter comment elle a volontairement laissé mourir un sniper qui venait de tuer une petite fille, morte dans ses bras.
    D'autres sont cocasses, comme son parcours à dos d'âne vers la Bekaa pour y apporter des médicaments. A dos d'âne parce qu'on lui avait dit que les ânes évitaient les mines, nombreuses dans la région !

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