• Outsiders a renouvelé l'approche de la délinquance en constituant un objet d'étude plus vaste, la déviance, qui inclut des comportements non conventionnels comme ceux des fumeurs de marijuana et des musiciens de jazz. De façon originale, cette approche consiste aussi à prendre en compte à la fois le point de vue des déviants et celui des entrepreneurs de morale et des agents de la répression.

  • Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des « idées » (ou théories) et des « données », toujours produites par des procédés de fabrication à analyser.
    La distinction, qui structure la profession, entre recherches « qualitatives » et « quantitatives » ne change rien à l'exigence de fournir des « preuves » solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données.
    Cette ré?exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.

  • Howard S Becker analyse la production de toute oeuvre d'art comme une action collective.
    L'artiste est au centre d'une chaîne de coopération liant tous ceux qui, à des titres divers, concourent à l'existence de l'oeuvre. Il se réfère à des créateurs du passé ou de son temps ; il mobilise des fabricants de matériels, des collaborateurs, des intermédiaires diffusant l'oeuvre, des critiques, des théoriciens, des fonctionnaires pour soutenir ou censurer l'activité créatrice, des publics. Tous agissent sur la base de conventions communes qui s'incarnent dans des savoirs, des techniques, des habitudes de travail et des catégories de perception.
    L'oeuvre apparaît ainsi dans le mouvement de sa genèse matérielle et cognitive : elle est empreinte des multiples décisions et interprétations qui font du " monde de l'art " tout entier son " auteur ".

  • S'appuyant sur une longue expérience de chercheur et d'enseignant, becker propose dans ce livre des façons de penser la réalité sociale pour la saisir et l'étudier.
    Loin d'enfermer le lecteur dans un moule, becker montre à travers des cas précis comment réfléchir aux diverses étapes de la recherche en évaluant les conséquences des choix que nous faisons. quelle représentation d'un phénomène social avons nous empruntée ? comment concilier l'étude d'un cas particulier et la nécessité de généraliser ? oú trouver nos concepts pour organiser nos données ? quelles ressources la logique nous fournit-elle pour mesurer les implications de nos découvertes ? à ces problèmes, becker propose des solutions pratiques exprimées en un style simple et vivant.
    Pour cela, il s'appuie sur différentes disciplines (anthropologie, histoire, ethnomusicologie, sociologie, études urbaines, photographie, littérature, etc. ) et sur une multitude d'exemples de la vie sociale (l'usage des opiacés, la délinquance des cols blancs, le choix des acteurs pour monter une pièce, les collections d'art, la grève d'ouvriers anglais, la perception des malades par des étudiants en médecine, le décor de la maison de paysans blancs du sud des états-unis, les présupposés du racisme.
    ). un livre utile aussi bien pour conduire une recherche que pour mieux lire les ouvrages de sciences sociales.

  • Howard S. Becker poursuit ici une réflexion engagée dès le début de sa carrière sur l'usage des « cas » en sciences sociales.
    Les observations des sociologues de terrain portent en effet sur des cas particuliers, enracinés dans un environnement historique et social spécifique. Quelles sont les démarches intellectuelles qui permettront d'en tirer des connaissances dont la portée dépasse leur objet initial et enrichit la science sociale ? Comment utiliser les études de cas de manière comparative ? Comment mettre ces comparaisons au service de la découverte de nouvelles variables pour l'analyse sociologique ? Telles sont quelques-unes des questions méthodologiques d'intérêt général dont traite cet ouvrage.
    Avec simplicité et clarté, dans un style alerte où percent constamment l'humour et la distance, l'auteur propose des analyses suscitées par des anecdotes tirées de sa vie personnelle, par ses propres recherches (sur les carrières dans l'enseignement, l'usage des drogues, l'art, la musique) dont il offre ainsi une forme de récapitulatif réflexif, mais aussi par celles de ses pairs et maîtres (Hughes, Freidson, Moulin, Durkheim). Le public familier des oeuvres de Becker retrouvera ici les enseignements donnés dans le désormais classique Les Ficelles du métier.

  • Les chercheurs en sciences sociales - étudiants en 3e cycle ou universitaires chevronnés - connaissent les règles de l'écriture.
    Pour autant, ils choisissent généralement de les ignorer et écrivent dans un style ampoulé, pompeux et souvent obscur. howard s. becker, fidèle à sa réputation, cherche une explication à cet étrange comportement non dans le psychisme de ses collègues mais dans les formes d'apprentissage et les contraintes intériorisées du métier universitaire. l'organisation des études et des diplômes, les exigences de publication, les conditions de promotion engendrent peurs et inhibitions qu'il s'agit ici de combattre par une analyse rigoureuse de l'écriture scientifique comme activité sociale.
    Mettant à profit ses 35 années d'expérience de chercheur, écrivain et enseignant, howard s. becker expose avec humour ses propres épreuves et erreurs devant la " page blanche ". il ne propose pas à ses lecteurs des règles à appliquer servilement mais un modèle dont ils peuvent s'inspirer. bien que ses exemples soient tirés de la littérature sociologique, ses conclusions s'étendent à toutes les sciences sociales et, en fait, à tous les domaines de la production scientifique.
    Le message est clair : vous n'avez pas besoin d'écrire comme un chercheur en sciences sociales pour en être un.


  • Les mondes de l'art
    Howard S. Becker analyse la production de toute oeuvre d'art comme une action collective. L'artiste est au centre d'une chaîne de coopération liant tous ceux qui, à des titres divers, concourent à l'existence de l'oeuvre. Il se réfère à des créateurs du passé ou de son temps ; il mobilise des fabricants de matériels, des collaborateurs, des intermédiaires diffusant l'oeuvre, des critiques et des théoriciens, des fonctionnaires pour soutenir ou censurer l'activité créatrice, des publics. Tous agissent sur la base de conventions communes qui s'incarnent dans des savoirs, des techniques, des habitudes de travail, des catégories de perception. L'oeuvre apparaît ainsi dans le mouvement de sa genèse matérielle et cognitive : elle est empreinte des multiples décisions et interprétations qui font du « monde de l'art » tout entier son « auteur ».
    Les Mondes de l'art compte parmi les contributions les plus originales au développement de la sociologie de l'art.


  • " Si l'art était un travail, cela impliquait une approche très différente de celle, philosophique et historique, qui était à l'époque celle de la sociologie de l'art. Cela signifiait étudier la manière dont ceux qui fabriquent, distribuent et consomment l'art réussissent à mener aussi facilement une entreprise aussi complexe, cela impliquait donc des études concrètes sur les situations où s'effectue le travail de production et de consommation ". H.-S. Becker.

    Sur commande
  • De dimanche en dimanche, les vide-greniers se sont multipliés et généralisés partout en France et ailleurs, à la ville comme à la campagne, en banlieue comme dans les quartiers chics. Ces pratiques de vente et d'achat d'objets de « seconde main » ont considérablement augmenté depuis le début des années 1980 : brocantes, kermesses, ventes de charité « bon enfant » sont peu à peu devenus des moments de systèmes d'échanges complexes, des lieux où se joue une véritable économie parallèle. Qualifiés de « musées de plein air où se bricolent les mémoires » par Octave Debary, les vide-greniers génèrent des espaces et un temps propices à la rêverie mais aussi à l'échange de valeurs tant symboliques que pratiques. Le flâneur se laisse prendre par la nostalgie des vieux objets, le chineur recherche la bonne affaire pour compléter une collection en cours, l'étudiant ou le couple de retraités tel objet d'usage encore en état de fonctionnement. Retraçant cette histoire, qui est aussi l'histoire d'un mot, l'anthropologue Octave Debary, auteur de plusieurs ouvrages et articles de références sur ces questions, accompagne le photographe Philippe Gabel sur ce territoire éphémère, petit théâtre mobile de l'intime, des vide greniers (ici essentiellement à Paris et dans le Morvan). Cette photographie à la fois humaniste et insolite, traduisant avec tendresse la joie de s'approprier (ou se réapproprier) un peu de ce qui a disparu, n'est pas dépourvue de surréalisme Des « textes objets », dont celui très touchant du grand sociologue américain Howard S Becker qui s'est ici prêté au jeu à partir d'un objet qui lui est cher, font écho à des scènes de rue et à des portraits de chineurs qui tiennent en main leur trouvaille.

  • Tous les soirs, aux quatre coins des Etats-Unis, et ailleurs, la même scène se répète. Des musiciens entrent dans un club, un bar, un restaurant ou autre, attrapent leur instrument, s'échauffent et, sans grande concertation préalable, ils se mettent à jouer. Ils ne s'étaient peut-être jamais rencontrés, même si ce n'est pas le cas plus fréquent. La plupart du temps, ils n'ont en tout cas pas répété, ou du moins pas ce qu'ils vont jouer le soir même. Et pourtant, tout va se passer pour le mieux, sans difficultés particulières. Comment des musiciens qui n'ont pas préparé une prestation peuvent-ils la donner sans problème apparent ? Comment parviennent-ils à jouer avec suffisamment de compétence pour satisfaire aussi bien un patron de bar, des jeunes mariés que la mère d'un garçon qui fait sa bar-mitsva ? On pourrait croire que la réponse va de soi : c'est parce qu'ils connaissent les mêmes morceaux. Faux. La réalité est assez différente, et le mystère s'épaissit... Tel est le point de départ de cette passionnante enquête signée par deux sociologues-musiciens (ou l'inverse), Howard Becker, longtemps pianiste professionnel, et Robert Faulkner, trompettiste toujours en activité, dans le circuit des " musiciens ordinaires ", des musiciens dont les compétences s'étendent à une grande variété de styles, intéressés par le jazz et désireux d'en jouer dès que c'est possible, mais qui se contentent du premier engagement qui se présente. Quelles compétences sont réellement nécessaires ? Quelles sont les dynamiques à l'oeuvre, en particulier sur scène, dans le feu de l'action ? Les modes d'apprentissage ? Qu'est-ce qu'un répertoire dit " de jazz " ? Comment se constitue-t-il dans le long parcours d'une vie de musicien, à titre individuel puis collectif dans l'orchestre ? Cette notion de répertoire peut-elle éclairer d'autres secteurs de l'action collective ? A partir de conversations, de récits, d'anecdotes, d'exemples musicaux de plain-pied dans la réalité concrète de la scène musicale, Becker et Faulkner explorent aussi un siècle de musique populaire américaine et d'édition musicale, de radio et d'industrie du disque. Ils soulignent les évolutions du métier, les rapports parfois conflictuels entre générations, etc.

  • Traduction longtemps attendue d'un essai consacré au travail de l'artiste Hans Haacke, sans doute le plus emblématique de l'art engagé de notre époque, et paru initialement dans un ouvrage lui-même devenu un classique : Framing and Being Framed.
    7 Works 1970-75, cette étude procède à l'évaluation de l'oeuvre de Haacke du point de vue sociologique et donne l'occasion à Howard Saul Becker de revenir, dans une postface inédite, sur la rencontre avec l'artiste qui l'a initié à l'art contemporain.

  • S'appuyant sur sa longue expérience d'enseignement et de recherches, le sociologue Howard S. Becker traite des différentes représentations de la société. Il met au jour et questionne les conditions de production et de réception de ces représentations, qu'il s'agisse de graphiques, de tableaux de statistiques, de cartes routières, de modèles mathématiques, de photographies, de pièces de théâtre, d'enquêtes sociologiques ou de romans. En une série d'études passionnantes, l'auteur se demande et nous demande, non sans humour, comment parler de la société.

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