Paris-mediterranee

  • " je n'étais pas préparé à fuir mon pays.
    Des tonnes d'images me revenaient. les images des voisins, des amis, de ma maison, de mes biens, de mes cuites avec les copains, de mes bars fétiches, de ma jeunesse, de mon enfance, tout cela repassait dans ma tête. le voyage en bateau a duré huit heures et je peux t'assurer que huit heures, c'est long. j'ai pleuré l'algérie tout le long. mon algérie. " ainsi s'exprime l'un des trois algériens réfugiés en france qui ont accepté de s'entretenir avec hacène belmessous.
    Agés de 8 à 10 ans au moment de l'indépendance de leur pays, tous les trois ont exercé des métiers publics, ce qui fait d'eux des témoins privilégiés de l'ascension puis de la chute de l'algérie. mieux que les récits de l'élite intellectuelle ou l'analyse du phénomène islamique, l'histoire de ces exilés peut s'apprécier comme un miroir du drame algérien. a l'heure où tout débat sur l'algérie s'avère impossible - comme le montre la polémique sur le " qui tue ? " -, ils nous parlent à haute et intelligible voix d'un pays qui a toujours été entre l'ombre et la lumière.

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