• Dans ce livre, initialement publié en 1974, félix guattari présentait le fruit de quinze années de réflexion sur les incidences de la psychanalyse, aussi bien dans le champ psychiatrique que dans le champ politique.

    Un thème central traverse ces textes : la promotion d'une méthode d'analyse institutionnelle, qui devra dépasser chacune des strates séparées constituant les sciences sociales et les sciences humaines. pour guattari, la problématique de la révolution est nécessairement liée à celle d'un remaniement radical des conceptions et des méthodes qui ont cours dans le champ de l'analyse. c'est donc un principe de transversalité qui doit rapprocher et unifier la fonction de l'analyste et celle du militant.

  • La philosophie n'est ni contemplation, ni réflexion, ni communication. Elle est l'activité qui crée les concepts. Comment se distingue-t-elle de ses rivales, qui prétendent nous fournir en concepts (comme le marketing aujourd'hui) ? La philosophie doit nous dire quelle est la nature créative du concept, et quels en sont les concomitants : la pure immanence, le plan d'immanence, et les personnages conceptuels. Par là, la philosophie se distingue de la science et de la logique. Celles-ci n'opèrent pas par concepts, mais par fonctions, sur un plan de référence et avec des observateurs partiels. L'art opère par percepts et affects, sur un plan de composition avec des figures esthétiques. La philosophie n'est pas interdisciplinaire, elle est elle-même une discipline entière qui entre en résonance avec la science et avec l'art, comme ceux-ci avec elle : trouver le concept d'une fonction, etc. C'est que les trois plans sont les trois manières dont le cerveau recoupe le chaos, et l'affronte. Ce sont les Chaoïdes. La pensée ne se constitue que dans ce rapport où elle risque toujours de sombrer.

  • L'espace lisse, ou nomos : sa différence avec l'espace strié.
    - ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme.
    - ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités. - ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, cosmos.
    - les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'etat.
    Chaque thème est censé constituer un " plateau ", c'est-à-dire une région continue d'intensités.
    Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant les lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.

  • Force de kafka.
    Politique de kafka. déjà les lettres d'amour sont une politique où kafka se vit lui-même comme un vampire. les nouvelles ou les récits tracent des devenirs-animaux qui sont autant de lignes de fuite actives. les romans, illimités plutôt qu'inachevés, opèrent un démontage des grandes machines sociales présentes et a venir.
    Au moment même où il les brandit, et s'en sert comme d'un paravent, kafka ne croit guère à la loi, à la culpabilité, à l'angoisse.
    à l'intériorité. ni aux symboles, aux métaphores ou aux allégories. il ne croit qu'à des architectures et à des agencements dessinés par toutes les formes de désir. ses lignes de fuite ne sont jamais un refuge, une sortie hors du monde. c'est au contraire un moyen de détecter ce qui se prépare, et de devancer les "puissances diaboliques" du proche avenir. kafka aime à se définir linguistiquement. politiquement, collectivement, dans les termes d'une littérature dite "mineure".
    Mais la littérature mineure est l'élément de toute révolution dans les grandes littératures.

  • La philosophie n'est ni contemplation, ni réflexion, ni communication.
    Elle est l'activité qui crée les concepts. comment se distingue-t-elle de ses rivales, qui prétendent nous fournir en concepts (comme le marketing aujourd'hui) ? la philosophie doit nous dire quelle est la nature créative du concept, et quels en sont les concomitants : la pure immanence, le plan d'immanence, et les personnages conceptuels.
    Par là, la philosophie se distingue de la science et de la logique.
    Celles-ci n'opèrent pas par concepts, mais par fonctions, sur un plan de référence et avec des observateurs partiels. l'art opère par percepts et affects, sur un plan de composition avec des figures esthétiques. la philosophie n'est pas interdisciplinaire, elle est elle-même une discipline entière qui entre en résonance avec la science et avec l'art, comme ceux-ci avec elle : trouver le concept d'une fonction, etc.

    C'est que les trois plans sont les trois manières dont le cerveau recoupe le chaos, et l'affronte. ce sont les chaoïdes. la pensée ne se constitue que dans ce rapport oú elle risque toujours de sombrer.

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