Entreprise, économie & droit

  • En octobre 1930, John Maynard Keynes publie Perspectives économiques pour nos petitsenfants. Volontaire et optimiste malgré la crise, il affirme que nous pouvons enfin « résoudre notre problème économique » à condition de bien vouloir sortir des conceptions classiques de l'économie. Aussi et surtout nous devrions remettre l'économie à sa véritable place, au service de la société, pour nous consacrer enfin et principalement à notre « problème véritable et permanent : comment employer la liberté arrachée aux contraintes économiques ? » « Si les économistes pouvaient parvenir à se faire considérer comme des gens humbles et compétents, sur le même pied que les dentistes, ce serait merveilleux ! » Merveilleux, oui, si enfin débarrassés de nos faux besoins et de notre insatiable cupidité, nous pouvions faire place à l'amour, à l'art et à l'amitié. Au sein du fameux groupe de Bloomsbury, Keynes cultive les amitiés plus ou moins sulfureuses et les discussions érudites. En 1919, il dénonce virulemment les conditions et les risques du Traité de Versailles, dans un texte (Les conséquences économiques de la paix) qui le rendra célèbre. Développant sa Théorie générale il développe une forte critique contre le laisserfaire et les principes de l'orthodoxie monétaire.
    Au cours de la conférence de Bretton Woods (1944), il défend l'idée d'une monnaie mondiale. Ces quatre épisodes permettent de percevoir un Keynes toujours soucieux de défendre une perspective globale de la société où l'art de vivre est sa plus grande préoccupation. Ce n'est pas là une posture de dandy ou de bourgeois bien pensant : c'est la seule manière sérieuse d'interroger tout système économique en posant la question de ses finalités.

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