• Aminata

    Gilles Laubert

    PRIX A L'ECRITURE THEATRALE 2011 DE LA SOCIETE SUISSE DES AUTEURS (SSA) « Une clandestine venue dans la pirogue. Faudrait te reconduire dans la soute des avions. Une bonne ? Faut me laisser rire ! T'es bonne à lever le cul et c'est bien le tout. Oui ça me donne le sang chaud. Oui, c'est de votre faute. Vous nous faîtes devenir des bêtes. Faut repartir. Ici moi je suis propre. » Aminata, c'est le prénom d'une jeune femme sans papiers, qui se livre à la prostitution. Gilles Laubert, dans une écriture subtile et pleine d'humanité, nous plonge dans les contradictions du sentiment amoureux confronté à l'altérité.

    Création de Jacob Berger au Théâtre Vidy-Lausanne, à Genève, le 4 décembre 2012.

  • Alors tu vois‚ pour le zizi la vérité‚ là‚ il faut la dire. Après la tache. L'attouchement. Le plus affreux les torgnoles c'est pas ; c'est pas ces mains d'adulte sur tes cuisses ; c'est pas tes mains derrière ton dos quand il te dit que tu es puni‚ que tu baisses la tête‚ les yeux aussi‚ que tu sais pas ce qui t'arrive‚ que tu sais pas si c'est juste ou si c'est faux‚ que tu sais pas si aux autres petits garçons aussi on leur a déjà fait‚ là‚ ce truc‚ des claques‚ du zizi‚ de la punition‚ que si c'est normal‚ que c'est ça la vie‚ et que si c'est ça la vie‚ alors tu pleures quand même‚ que la morve elle te coule du nez‚ que tu la renifles‚ que là‚ cet adulte‚ il te dit de ne pas pleurer‚ qu'il te reprend dans ses bras‚ qu'il te la remonte ta chemisette‚ qu'il te le colle son gros truc sur le ventre‚ qu'il te caresse‚ te mouche‚ te mouille avec des petits baisers après qu'il t'ait bien battu‚ qu'il te dit : attends‚ attends tu vas voir ! petit sale "‚ qu'il te respire très fort dans l'oreille‚ qu'il recommence à te pincer‚ qu'il t'appelle " mon petit‚ mon petit ".

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