• Un châtelain peut en cacher un autre. Autant Michel de Pallois se montre hautain, méprisant, autant son fils Onésime se veut proche de ses semblables, au point de les aider et de les guider, notamment par sa fonction de maire. A l'ombre du château vit un peuple besogneux et les employés de la belle demeure : Paul Genêt et Isidore Lamblin. En avance sur son temps, ce dernier, comme Voltaire, cultive son jardinet et voue un amour infini à son verger et à ses fruits.
    A l'époque du Second Empire et des débuts de la Troisième République, il constitue ce que l'on appellerait aujourd'hui un écologiste. Vivre au contact de la NATURE représente tout pour Isidore. Pourtant, la France, dans un effort exceptionnel pour combler son retard sur l'Angleterre, connaît alors une expansion industrielle à nulle autre pareille : chemins de fer, métallurgie, chimie, machines à vapeur- et la soif du profit qui les accompagne- progressent à une vitesse sans précédent...

  • Les quatre Henri

    Gilles Goiset

    C'est l'histoire peu commune de quatre Henri nés en 1874. Trois d'entre eux, dont deux issus de milieux fort modestes, accédèrent à des promotions exceptionnelles : faculté de médecine, Saint-Cyr, Polytechnique.
    La ruralité gardait en ce temps-là un certain dynamisme. L'exode rural balbutiait seulement. Ainsi, Aprey maintenait une population de quatre cents âmes. Au recensement de 1911, on ne compta plus que trois cent vingt-cinq habitants ; on chuta à deux cent quarante-huit en 1921. La Grande Guerre vida les campagnes françaises de leurs forces vives.
    Henri Baudin naquit à Paris dans une famille aisée. Son père s'étant retiré à Aprey, il le rejoignit pour y installer son cabinet médical en 1904. Je parlerai peu de lui, l'ayant déjà évoqué dans l'ouvrage : Henri Baudin, médecin de la Grande Guerre.
    Henri Marie, fils d'un charpentier, entra dans une des plus grandes écoles de France, grâce à une bourse accordée par la IIIe République, tout comme son ami Henri Royer, originaire de Rouelles, qui fréquentait très souvent son frère Jules, plâtrier à Aprey. On pourrait chipoter sur le titre d'amiral attribué à Henri Royer par ses neveux, qui ne l'appellent que comme cela, car il conviendrait peut-être d'utiliser l'expression d'« ingénieur-amiral » du fait qu'il n'a pas combattu dans la marine.
    Des quatre, seul Henri Morisot quitta l'école communale une fois le certificat d'études en poche pour reprendre la ferme de ses parents. Il resta fort apprécié et estimé des trois autres et plus particulièrement de Royer. Il fut également le seul à laisser une postérité directe.
    Alors que j'écris ces lignes, j'ai l'impression de voir s'agiter devant moi quatre êtres hors pair, de les entendre parler, penser, de les regarder agir. Eux, que je n'ai pas connus, emplissent ma tête qui s'illumine de leurs regards bienveillants.
    La Grande Guerre faucha Marie et Baudin, les deux autres survécurent. Le dernier Henri mourut en 1954. Je ne reviendrai pas sur les sources déjà évoquées dans le prologue qui m'ont permis d'écrire ce livre quelque peu romancé. J'insisterai davantage sur la transmission de la mémoire, acte indispensable à l'établissement du présent et du futur. Ici, en quelque sorte, je rédige, sans avoir la prétention d'égaler l'illustre Chateaubriand, des Mémoires d'outre-tombe.

  • L'homme mort

    Gilles Goiset

    Dans mes années de jeunesse, j'étais bien loin de me poser la question : pourquoi, mon père m'envoie-t-il travailler dans un lieu à l'appellation sinistre : l'Homme Mort ?
    Les besoins de l'époque et du machinisme agricole naissant me conduisaient là, bon an mal an, pour échardonner, pour épandre du fumier, pour faner ou pour confectionner des tas de gerbes.
    L'âge avançant, je me suis interrogé sur le toponyme, désormais balayé par le remembrement et la solution de l'énigme a éclaté sur le meurtre commis là en 1833, grâce à quelques traces généalogiques fournies par mon épouse.

    La magie du roman donne toute son ampleur pour retracer les tenants et aboutissants de cette sombre affaire et les mésaventures vécues par le meurtrier, en devançant quelque peu l'ouverture du bagne de Guyane, où tant de condamnés, parfois pour des broutilles, connurent des heures abominables.
    Reste le remords de l'acte accompli, sans doute dans un excès de colère, qui poursuit sa vie durant le coupable et qu'illustre parfaitement le vers de Victor Hugo : « l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn ».

  • Aprey

    Goiset Gilles

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