• Comme il y a des poètes maudits, il y eut des penseurs maudits, et ce furent les sophistes. Le nom même de « sophiste », qui signifie « savant », détourné de son sens originel, est devenu synonyme de possesseur d'un savoir faux et trompeur. Aristote, en suivant le verdict de son maître Platon, désigna le sophiste comme « celui qui a de la sagesse l'apparence, non la réalité ».
    Ne convient-il pas aujourd'hui, avec un simple désir de vérité historique et scientifique, de plaider pour les sophistes ?
    À travers les figures de Protagoras, Gorgias, Thrasymaque, Critias..., cet ouvrage s'attache à faire revivre la vie et l'oeuvre de ces penseurs itinérants qui inaugurèrent le statut social de l'intellectuel moderne.
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  • Comme il y a des poètes maudits, il y eut des penseurs maudits, et ce furent les sophistes.
    Le nom même de « sophiste », qui signifie « savant », détourné de son sens originel, est devenu synonyme de possesseur d'un savoir faux et trompeur. Aristote, en suivant le verdict de son maître Platon, désigna le sophiste comme « celui qui a de la sagesse l'apparence, non la réalité ». Ne convient-il pas aujourd'hui, avec un simple désir de vérité historique et scientifique, de plaider pour les sophistes ? À travers les figures de Protagoras, Gorgias, Thrasymaque, Critias., cet ouvrage s'attache à faire revivre la vie et l'oeuvre de ces penseurs itinérants qui inaugurèrent le statut social de l'intellectuel moderne.
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  • Quand on lit Aristote dans son texte, on est frappé par la fréquence du retour d'expressions comme " la science de la chose ", " à partir de la chose elle-même ", " dans la nature de la chose " ; les physiciens pré-socratiques n'ont pu deviner l'essence, dit Aristote, que parce qu'ils ont été " poussés par la chose elle-même ". Si ce retour insistant ne se manifeste pas toujours dans la version française du texte, c'est parce que le terme grec de pragma recueille en lui tout un faisceau de sens que la traduction fait éclater en termes distincts : pragma se traduit par chose, mais aussi par cause, au sens juridique du terme, et par affaire. Pragma recouvre donc le champ des choses naturelles, mais aussi celui de la politique, qui est l'affaire de tous et la cause d'un chacun, et que les Anciens nommaient " affaires communes " et " chose publique ". Ce sens anthropologique s'est oblitéré de nos jours, si bien que la signification de pragma est beaucoup plus large que celle du vocable moderne de chose. La largeur du champ de pragma invite à faire porter l'analyse sur l'ensemble de l'oeuvre d'Aristote. Sous son aspect négatif d'abord, avec la critique de la sophistique et du platonisme ; sous son aspect positif ensuite, tel qu'il se déploie en trois perspectives essentielles : la relation de l'homme aux choses par la connaissance ; la nature propre de la chose concrète telle qu'elle subsiste par soi dans la nature ; la réalité politique, qui certes est l'oeuvre de l'homme, mais qui aussi subsiste à l'extérieur de lui dans la Cité d'une manière autonome comme ré-publique. On sait que les textes publiés par le Stagirite ont été perdus, et que le Corpus est constitué de notes de cours rédigées à des époques différentes. C'est dire que le philosophe méditant les écrits d'Aristote ne peut faire l'économie de considérations philologiques, lesquelles ne sont pas ici surcharge érudite mais font corps avec l'interprétation. Ainsi, l'étude précise de l'évolution d'Aristote dans sa théorie du sentir éclaire la genèse du traité De l'âme et invite à reconsidérer le problème de la date de sa rédaction. On résume souvent par le mot de " réalisme " l'inspiration de la pensée d'Aristote, réalisme " naïf " ajoutent certains naïfs pour désigner une pensée parfaitement au fait de ses présupposés. Mais si le réalisme se définit comme visée du réel, il se trouve affecté d'une énorme ambiguïté puisque la réalité est ce que tente d'exprimer toute philosophie. Une inspiration philosophique va donc se caractériser par le lieu particulier où elle invente de situer ce réel énigmatique ; si Aristote ramène la philosophie du ciel sur la terre c'est parce que, refusant de voir ce réel dans un monde idéal séparé, il veut lire l'essence dans les choses de ce monde, les pragmata. Le recours ici fait, à travers la pensée d'Aristote, au sens ancien de pragma vise à revaloriser la notion de chose, à lui redonner l'ampleur qu'elle a perdue en se bornant à désigner de nos jours l'objet simplement inerte.

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  • Cet ouvrage suit la pensée proustienne dans son cheminement interne qui nous conduit, à travers une métaphysique de la temporalité, de l'expérience sensible à une philosophie de l'esprit que Proust nomme «idéalisme».

  • Ont collaboré à ce volume : P. Aubenque, G. Aubry, M. Bastit, E. Berti, R. Brandner, C. Cambiano, M. Canto-Sperber, P. Destrée, J.-B. Gourinat, M. Gourinat, J. Laurent, C. Natali, P. Rodrigo, G. Romeyer-Dherbey, M. Schofield, E. Tsimbidaros, M. Vegetti, S. Vergnières, C. Viano, M.-A. Zagdoun.

    Si les éthiques grecques continuent sourdement d'alimenter nos manières d'etre et de penser de modernes, l'éthique aristotélicienne connaît un sort singulier : elle est, depuis quelques années, non seulement une référence mais un modèle pour la philosophie morale contemporaine. L'ambition de cet ouvrage, qui réunit des contributions de spécialistes français et étrangers, est d'aider à évaluer le sens de ce retour à l'aristotélisme : on y trouvera ainsi des mises au point, historiques et critiques, dues à certains de ses principaux acteurs. Mais c'est aussi de revenir à Aristote lui-même, c'est-à-dire de lire et commenter les textes des éthiques, pour tenter d'en penser à neuf les concepts centraux, les problèmes directeurs, et les orientations fondamentales - façon d'éclairer les diverses réactualisation de l'aristotélisme, mais aussi de retrouver une actualité d'Aristote qui, si elle peut y répondre, ne se réduit pas aux éxigences du présent.

  • Chacun a une idée intuitive du stoïcisme, puisque l'on fait " stoïquement " face à l'adversité et à la souffrance, et que l'on est " stoïque " au milieu du danger. Mais il y a beaucoup plus que ces attitudes existentielles dans le stoïcisme, qui fut la première philosophie de l'histoire à prendre la forme d'un système : transformant la théorie de la connaissance et la logique, les stoïciens construisent aussi l'une des théologies les plus audacieuses, ramènent par l'allégorie la religion traditionnelle à une mythologie, créent une physique originale, tentent de concilier la providence divine et la responsabilité humaine, et élaborent une éthique subtile et complexe, où apparaissent pour la première fois l'ébauche d'une subjectivité et une théorie de la personne. Ces thèmes, et bien d'autres, sont traités ici d'une façon qui renouvelle notre connaissance du stoïcisme. Une étude introductive établit le bilan des recherches sur le stoïcisme et son histoire, et diverses études montrent les origines, la transmission et les transformations de la tradition stoïcienne. Les études réunies ici ont fait l'objet de communications et de discussions durant les années 1998-2000, dans le cadre du séminaire du Centre de Recherches sur la Pensée Antique ("Centre Léon Robin"), équipe de l'Université de Paris-Sorbonne, associée au CNRS. À travers des questions débattues par les spécialistes du stoïcisme, l'ouvrage offre à la fois un tableau d'ensemble du stoïcisme, une introduction aux orientations actuelles de la recherche et une contribution à celle-ci.

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