• De Guernica, on croit tout savoir. Tableau majeur du XXe siècle, exposé dans les plus grands musées, reproduit sous toutes les formes possibles, c'est un monument artistique et un étendard politique, un emblème. Guernica, c'est Pablo Picasso, et pour certains, Picasso c'est Guernica. Mais connaît-on vraiment l'histoire de cette oeuvre ? Germain Latour est allé au-delà de la légende et a reconstitué avec précision la genèse et l'itinéraire de ce tableau. A l'origine de Guernica, un village basque qui doit sa notoriété au chêne centenaire devant lequel tous les souverains espagnols venaient prêter serment, raison pour laquelle il sera choisi pour cible au mois d'avril 1937 par Franco et ses alliés pendant la guerre civile. Germain Latour montre de quelle façon cet événement va s'imposer à Picasso, qui travaillait déjà sur cette toile pour l'Exposition universelle de 1937, et analyse la révolution que cette oeuvre a constitué. Mais il ne s'est pas arrêté à cette histoire artistique aux détails pourtant méconnus. L'odyssée de Guernica permet à Latour de faire un état des lieux limpide de l'histoire politique espagnole, du franquisme à la movida. Le parcours financier et institutionnel tortueux de cette oeuvre hors norme s'avère complexe et fascinant, qu'il s'agisse de ses voyages américains, de son installation au MoMA ou de la bataille pour sa restitution, dont les soubassements se révèlent plus subtils et retors qu'on ne l'imagine... Une étude unique qui lève le voile sur un des plus grands mythes artistiques du siècle dernier.

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  • Février 1944, Grenoble. Mlle Brun, directrice de crèche, se voit confier deux enfants juifs, Robert et Gérald Finaly, à la suite de l'arrestation et du départ en déportation de leurs parents.



    Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les tantes des deux enfants parviennent à retrouver leur trace et, découvrant leur statut d'orphelins, manifestent le désir de reprendre auprès d'elles leurs neveux. Mlle Brun, qui a caché et fait baptiser les enfants, est inflexible : elle ne veut pas les rendre et dénie aux tantes tout droit à leur revendication.



    Éclate alors une bataille sans nom où tous les coups sont joués. II faut, pour la famille, se résoudre à saisir la justice afin d'obtenir que les deux orphelins ne soient plus maintenus dans un abandon contre nature. Cette bataille va durer huit ans.



    Avec les années qui voient les oppositions et les obstacles s'accumuler devant les démarches de la famille, l'affaire, entre toutes banale en février 1945, quitte la sphère privée et locale pour occuper le devant de la scène et remuer l'opinion publique. S'y affrontent, en 1953, les autorités judiciaires, les gouvernements français et espagnol, le Vatican ainsi que deux communautés religieuses, l'une catholique, l'autre israélite.



    Au travers de cette « affaire Finaly », s'est rejouée, un demi-siècle après l'affaire Dreyfus, une vieille querelle qui a contribué à façonner la trame culturelle de l'Europe : une tradition d'antijudaïsme au sein de l'Église catholique.

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