• En 1939, lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclata, Pierre Berchet avait treize ans.
    Ce n'était encore qu'un très jeune adolescent qui vivait dans l'insouciance. Mais le départ de son père pour la guerre allait changer bien des choses dans sa vie : il allait se retrouver devant des responsabilités que son jeune âge ne lui avait même pas fait entrevoir. Il allait devoir travailler pour aider sa mère.
    Mais l'année suivante, une catastrophe venait endeuiller le pays. La France perdait la guerre, les troupes allemandes occupaient la moitié du territoire et y instauraient de très sévères privations.
    Le manque de nourriture allait peser très lourd sur la santé de Pierre, et encore bien davantage puisqu'il était en pleine croissance.
    Heureusement pour lui, des gens bien placés veillaient sur lui et le firent soigner. Mais bien que leur dévouement fût sans faille, il conserva tout de même sa faiblesse et il allait la ressentir toute sa vie.
    Durant ces quatre années de privations et de souffrances, que Pierre et sa mère supportèrent stoïquement, ils eurent tout de même la chance d'avoir de véritables amis qui firent tout ce qu'ils purent pour leur faire oublier ces terribles moments, et ils purent leur parler aussi de cet être cher qui leur manquait tant.

  • Le village de Bournat près de Bugue, en Dordogne, fut marqué par des événements violents survenus au cours des années 1940-1944. Celui-ci était habité par des familles rurales, et la bonne entente régnait entre elles. Elles s'entendaient même si bien, que deux d'entre elles pensaient unir leurs enfants afin de pouvoir, un jour, rassembler leurs propriétés afin d'en faire un petit domaine.
    Mais leur projet devait être remis plus tard : la guerre, qui couvait depuis plus d'un an déjà, éclatait subitement, ce 3 septembre 1939, obligeant les deux chefs de famille à se rendre sous les drapeaux.
    La guerre durait peu. L'Armistice était demandé et accepté. Puis c'était le retour au foyer.
    Reprenant enfin la vie commune auprès des leurs, le Gustave Lauriac et le Frédéric Cadouin pouvaient marier leurs enfants et faire aboutir aussi leur projet de réunion des propriétés.
    Les deux mariages furent célébrés à la mairie et à l'église du Bugue en présence de nombreux invités.
    Mais quelques jours plus tard, la zone dite libre était envahie par les troupes allemandes ; puis c'était l'occupation abusive et odieuse qui commençait. Ces soldats vêtus d'uniformes vert-de-gris et noir finissaient même par faire régner la terreur en évoquant divers prétextes. La jeunesse qui n'avait pas accepté la défaite de la France, se révoltait et rendait à l'ennemi coup pour coup...

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