• Pourquoi, depuis presque un quart de siècle, cet ouvrage fait-il à ce point référence pour comprendre l'évolution du Proche-Orient contemporain? Parce qu'il est le fruit d'un regard porté de l'intérieur de cette région sur la confrontation entre l'Orient et l'Occident. Libanais, économiste, Georges Corm se situe au carrefour de ces deux cultures, dont il mesure les ambitions, les réussites et les échecs. Il analyse notamment les prétentions occidentales à régir des peuples et nations orientaux - prétentions s'appuyant sur des valeurs universalistes mais légitimant, somme toute, un interventionnisme dicté par des intérêts qui n'ont rien en partage avec l'humanisme des discours.
    Lire Georges Corm, c'est apprendre à se décentrer, c'est prendre le risque de ne plus tenir pour évidentes les idées simplistes sur lesquelles se fondent en Occident chancelleries, spécialistes patentés, conseillers autoproclamés et médias aveugles, c'est d'abord entendre la parole de l'Autre.

  • Georges Corm, dont les travaux sur le Proche-Orient contemporain et les rapports entre Europe et Orient sont devenus des références incontournables, propose ici une vision synthétique et vivante de l'histoire du Moyen-Orient depuis la plus haute Antiquité, c'est-à-dire bien avant l'apparition de l'islam. Il rappelle ainsi utilement ce qu'il appelle la « géologie des cultures », ces différentes couches anthropologiques sur lesquelles l'Islam a bâti une des grandes civilisations de l'histoire de l'humanité. Le Moyen-Orient apparaît ainsi dans la diversité de ses patrimoines culturels, avec les ruptures et continuités entre les empires et les civilisations qui ont marqué son histoire.
    Pour mieux dépeindre la complexité de cette région du monde ouverte sur trois continents, l'auteur présente les « socles géographiques » sur lesquels se sont bâtis ces empires : le socle anatolien, le socle iranien et mésopotamien, le socle égyptien. Grâce à cette approche, il devient enfin possible de sortir des amalgames entre des peuples de langues différentes, mais en interaction permanente : Iraniens, Turcs et Arabes, aujourd'hui confondus dans la « nébuleuse islamique ». Enfin, les dynamiques malheureuses des rapports entre l'Occident et le Moyen-Orient, ainsi que la décadence de cette région depuis deux siècles, sont explicitées de façon claire et objective, prenant en compte les facteurs sociaux et économiques si souvent négligés dans la littérature sur l'islam et le monde musulman.

  • L'originalité foncière et reconnue de cette entreprise sans équivalent? Georges Corm, convaincu que le drame du Proche-Orient, région d'une complexité immense, vient des représentatioons simplistes qui dictent les politiques des puissances occidentales comme des régimes arabes, construit son oeuvre en deux temps. D'abord, les outils de compréhension - les cadres mentaux des camps en présence et les jeux troubles de la mémoire et de la perception aux sources d'un Proche-Orient introuvable parce que imaginaire.
    Puis, éclairé par cette première partie, le récit historique des événements, de 1956 - date symbole du renouveau d'un interventionnisme occidental qui, jusqu'au début du XXIe siècle, prétendra remodeler la région en sa faveur - à 2012, c'est-à-dire jusqu'aux divers printemps arabes et leurs ambiguïtés.
    Comme toutes les éditions précédentes, celle-ci laisse ouverte la question de l'avenir, et des espérances que nourrit encore Georges Corm, longtemps préoccupé par la permanence de la décadence, et qui concluait naguère : «Au fond, quel qu'aient été mes efforts de lucidité, j'ai toujours été en deça de l'horreur qui pouvait encore survenir au Proche-Orient voué au malheur depuis plus d'un demi-siècle.»

  • Cet ouvrage expose les multiples facettes de la pensée politique arabe depuis le XIXe siècle, attestant la vitalité de cette pensée et des grandes controverses qui l'ont traversée. Il montre que ses acteurs, loin d'être figés dans le carcan théologico-politique décrit par certains récits canoniques sur les Arabes et l'islam, ont souvent exprimé une pensée critique forte, sur les plans religieux et philosophique, anthropologique et politique.
    Inscrivant l'oeuvre de ces penseurs dans le maelström des bouleversements géopolitiques et socioéconomiques ayant marqué le monde arabe depuis deux siècles, Georges Corm explique comment les puissances externes ont contribué à marginaliser la pensée critique arabe. Cela a facilité l'installation hégémonique de la pensée islamiste, instrumentalisée par certains régimes arabes comme par leurs protecteurs occidentaux. En retraçant finement les avatars successifs du nationalisme arabe moderniste, confronté à partir des années 1950 au double défi de la création de l'État d'Israël et de la manne pétrolière, Georges Corm donne les clés pour comprendre les révoltes libertaires arabes de 2011, ainsi que les contrerévolutions et interventions externes qui les ont suivies.
    Un guide précieux pour se familiariser avec la complexité de la pensée arabe.

  • Dans cet essai, Georges Corm entreprend, à la suite de ses précédents ouvrages, une nouvelle plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l'Est de la Méditerranée et du monde arabe, carrefour stratégique et géopolitique convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIXe siècle. Une vaste littérature avait été produite à cette époque sur la « question d'Orient », alors qu'il s'agissait en fait des rivalités implacables entre puissances européennes avides de se partager les vastes territoires de l'Empire ottoman. Cet ouvrage rétablit les continuités et les ruptures entre cette ancienne question d'Orient et la « nouvelle question d'Orient », débutant après la Seconde Guerre mondiale et donnant naissance à son tour à des violences ininterrompues, aujourd'hui à leur paroxysme.
    Georges Corm dénonce aussi bien les tendances hégémoniques de l'Alliance atlantique que le « chaos mental » qui s'est souvent installé à ses yeux auprès des grands décideurs et dans les analyses des médias dominants pour légitimer à nouveau les interventions des puissances occidentales en Orient. Celles-ci ne sont qu'un rebondissement amplifié de l'ancienne question d'Orient, leur cadre intellectuel étant aujourd'hui actualisé par la théorie du « choc des civilisations », héritage de l'ancien racisme de nature coloniale. Le développement exponentiel du terrorisme en provenance de cette partie du monde est le résultat de ce dérèglement de la raison. Il peut se comparer aux effets que produit le dérèglement climatique en termes de catastrophes naturelles, elles-mêmes dues à une déraison économique et consumériste que rien ne semble pouvoir arrêter.

  • Découvrez Le Liban contemporain - Histoire et société - édition revue et augmentée, le livre de Georges Corm. L'histoire du Liban contemporain, ce petit pays clé du Moyen- Orient objet des convoitises des puissances régionales et internationales depuis trois siècles, est mal connue. Elle a trop souvent été écrite en fonction de la géopolitique internationale, interdisant ainsi de cerner la réalité complexe de cette société, marquée par l'interpénétration de l'islam et du christianisme depuis treize siècles. D'où de nombreux clichés, exploités pour stimuler la fièvre destructrice qui, entre 1975 et 1990, s'est emparée du pays, pris dans les affres du conflit israélo-arabe et de la guerre froide. De "Suisse du Moyen-Orient", le Liban est devenu alors une sorte de repoussoir, archétype des situations de fragmentation et de communautarisation d'une société. Au rebours de ces clichés, ce livre tente de dénouer les fils enchevêtrés de l'histoire du Liban depuis son ouverture sur l'Europe au XVIIe siècle jusqu'au début du XXIe siècle.
    Georges Corm s'attache à forger des clés de compréhension des événements et des comportements des acteurs de cette histoire, afin de dépasser les langues de bois qui ne mettent l'accent que sur les communautés et leur diversité ou leurs évolutions divergentes. Il invite à réfléchir sur les phénomènes communautaires, en analysant le jeu complexe des facteurs endogènes et exogènes dans l'évolution historique du pays, jusqu'à ses développements les plus récents, comme la création du Tribunal spécial sur le Liban, magistralement analysé ici.

  • C'est à une réflexion de fond qu'invite ce livre, pour comprendre les logiques de guerre qui déchirent le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la guerre froide. Des conflits le plus souvent justifiés par la thèse débilitante du « choc des civilisations » et de la lutte contre le terrorisme « transnational » islamiste. Cette thèse a imposé une vision binaire du monde qui n'en finit plus d'enfler, au point de fabriquer toujours plus de violence.
    Georges Corm donne ici les clés pour comprendre les mécanismes ayant permis depuis les années 1990 de paralyser les oppositions aux guerres injustes et d'étouffer la pensée objective du réel et de ses complexités : la puissance des représentations médiatiques (et académiques) portées par la manipulation de la mémoire et de l'histoire, l'instrumentalisation de prétendues valeurs politico-religieuses pour susciter des conflits, la relation perverse entre les intérêts géopolitiques de certains États et leur prétention à défendre dans l'ordre international des idéaux religieux, l'application sélective du droit international aux situations conflictuelles. D'où l'accent mis ici sur la nécessité d'une lecture profane des conflits face aux « fanatismes civilisationnels » et sur la problématique de la laïcité et de la liberté, dans sa version républicaine « à la française ».


  • pour nombre d'observateurs, les événements du 11 septembre 2001 confirment l'hostilité supposée millénaire entre l'orient et l'occident.
    dans cet essai incisif, georges corm explique pourquoi il s'agit en réalité d'une " fracture imaginaire ", cachant de façon opportune des intérêts de puissances très profanes. remontant aux sources de ce sentiment de fossé infranchissable entre civilisation occidentale et orient " musulman ", il explique comment se sont imposés au xixe siècle les clichés d'un orient
    mystique, archaïque et irrationnel et d'un occident matérialiste, rationaliste et individualiste.
    sans indulgence pour les intellectuels orientaux qui s'en font l'écho symétrique, il met ainsi au jour la " laïcité en trompe l'oeil " de la pensée occidentale moderne, forgée par les valeurs religieuses, imprudemment mêlées à de fumeuses théories raciales sur la hiérarchie des peuples, des nations et des civilisations. les passions soulevées par les événements du 11 septembre, l'invasion de l'irak par les états-unis, le rebondissement du drame israélo-palestinien et la foi aveugle dans les bienfaits de la globalisation ont contribué à figer dangereusement la pensée critique.
    pour l'auteur, il est temps que la pensée politique occidentale quitte un discours devenu dangereusement narcissique et qui continue de s'articuler sur des archétypes bibliques.

  • Alors que la crise de 2007-2009 a révélé à tous les méfaits de la mondialisation et de la spéculation financière, rien ne change, malgré les dénonciations qui se multiplient de tous bords. Pour comprendre les racines de cette inertie mortifère des décideurs économiques et politiques mondiaux, l'auteur explore dans ce livre les mécanismes permettant la reproduction de cette « civilisation des affaires en déclin » (Robert Heilbroner).

  • Dans cet essai percutant, l'économiste libanais Georges Corm analyse, sous un angle original, les causes de la crise économique mondiale et de l'incapacité des politiques, au Nord comme au Sud, à y répondre efficacement : méconnaissance du rôle des économies « souterraines » et de la corruption, illusions du libéralisme économique, erreurs répétées de la bureaucratie bancaire, permanence des visions idéologiques du développement... Au-delà d'une critique mordante des grands acteurs de l'économie mondiale, un vibrant plaidoyer pour une renaissance d'une véritable économie politique.

  • Le message de cet ouvrage est clair: la pratique des grandes puissances en Méditerranée a contribué à dévaloriser et à décrédibiliser les valeurs démocratiques. Les solutions préconisées ou mises en oeuvre par la communauté internationale dans les conflits ont exaspéré les opinions publiques. Pour apaiser les conflits, il faut oeuvrer avec urgence pour y rétablir la crédibilité des valeurs démocratiques qui seules peuvent assurer la paix et la prospérité. Sur le plan économique, il faut dépasser le cadre des ajustements structurels et des recettes du libre-échange, en tenant compte de la spécificité des économies méditerranéennes.

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  • Cet ouvrage expose les multiples facettes de la pensée politique arabe depuis le XIXe siècle, inscrite dans la richesse d'une culture trop méconnue. Avec ce vaste panorama, vivant et érudit, Georges Corm atteste la vitalité de cette pensée et des grandes controverses qui l'ont traversée. Il montre que ses acteurs, loin d'être figés dans le carcan théologicopolitique décrit par certains récits canoniques sur les Arabes et l'islam, ont souvent exprimé une pensée critique forte, sur les plans religieux et philosophique, anthropologique et politique.
    Inscrivant l'oeuvre de ces penseurs dans le maelström des bouleversements géopolitiques et socioéconomiques ayant marqué le monde arabe depuis deux siècles, il explique comment les puissantes hégémonies externes, militaires, académiques et médiatiques ont contribué à marginaliser la pensée critique arabe. Cela a facilité l'installation hégémonique de la pensée islamiste, instrumentalisée par certains régimes arabes comme par leurs protecteurs occidentaux. En retraçant finement les avatars successifs du nationalisme arabe moderniste, confronté à partir des années 1950 au double défi de la création de l'État d'Israël et de la manne pétrolière, Georges Corm donne les clés pour comprendre les révoltes libertaires arabes de 2011, ainsi que les contre-révolutions et interventions externes qui les ont suivies.
    Un guide précieux pour se familiariser avec la complexité de la pensée arabe, exposée ici de façon claire et exhaustive. Un guide d'autant plus utile que le retour à la paix dans la région dépend largement de la reconnaissance de la puissante dynamique de cette pensée à la fois critique et profane, loin de l'image politico-religieuse sclérosée qui en est souvent donnée.

  • Depuis la fin du XXe siècle, la géopolitique mondiale, nous répète-t-on, serait traversée par le « retour du religieux », devenu la principale clé de compréhension des bouleversements du monde postmoderne. C'est à ce credo que s'attaque Georges Corm dans ce livre stimulant. Il y analyse les ressorts philosophiques et politiques de cette représentation du monde, issue de la pensée antirévolutionnaire postmoderne, qui nourrit notamment l'action des néoconservateurs américains.
    L'irruption du religieux dans le champ politique ne s'explique pas par une résurrection des identités religieuses que les Lumières auraient gommées. Prolongeant les analyses de Hannah Arendt, il décrit la crise de légitimité des vieilles démocraties, minées par les effets de la globalisation économique et financière. Une crise qui affecte aussi les trois monothéismes, juif, chrétien et musulman, et contribue à produire les extrémismes religieux.
    Pour Georges Corm, enfin, l'archéologie des violences modernes n'est pas à rechercher dans la Révolution française et la « Terreur », mais bien plutôt dans l'Inquisition et le long siècle des guerres de religion en Europe. C'est donc moins à un « retour du religieux » que l'on assiste qu'à un recours au religieux au service d'intérêts économiques et politiques fort profanes.

  • Pourquoi et comment une notion géographique, celle « d'Occident », est-elle devenue un axiome organisateur de toute vision politique et culturelle du monde ? Telle est l'enquête de ce livre à travers l'histoire de l'Europe, qui se situe à contre-courant des préjugés "occidentalistes". Cet ouvrage entend répondre aussi sans faux-fuyants à la question centrale de l'histoire de l'Europe : de Mozart à Hitler, que s'est-il passé?

  • Que, depuis presque trente ans, cet ouvrage fasse référence tient à son originalité foncière : Georges Corm, convaincu que le drame du Proche-Orient, région d'une complexité immense, vient des représentations simplistes qui dictent les politiques des puissances occidentales comme des régimes arabes, construit son oeuvre en deux temps.
    D'abord, les outils de compréhension - les cadres mentaux des camps en présence et les jeux troubles de la mémoire et de la perception aux sources d'un Proche-Orient introuvable parce qu'imaginaire. Puis, éclairé par cette première partie, le récit historique des événements, de 1956 à 2010, c'est-à-dire jusqu'à l'inflexion majeure de la politique américaine : non plus résoudre la crise du Proche-Orient et son noyau qu'est la création d'un Etat palestinien viable et souverain, mais remodeler, plus à l'est, le Moyen-Orient.
    Et de conclure sa réflexion sur la permanence de la décadence : " Au fond, quels qu'aient été mes efforts de lucidité, j'ai toujours été en deçà de l'horreur qui pouvait encore survenir au Proche-Orient voué au malheur depuis plus d'un demi-siècle."

  • Comment une simple notion géographique, celle d'Occident, est-elle devenue l'axiome organisateur de toute vision du monde ? C'est à cette enquête dans l'histoire de l'Europe qu'est consacré cet ouvrage. À rebours des grandes stylisations historiques qui y voient un continuum depuis la civilisation gréco-romaine, Georges Corm montre que les germes de la puissance européenne se trouvent dans l'intensité exceptionnelle de ses relations avec les autres civilisations, dès le haut Moyen Âge.
    Mais au XIXe siècle, une réaction romantique anti-Lumières part d'Allemagne, se propage en Russie et crée des tensions culturelles et politiques avivées par des systèmes philosophiques fermés. La religion reste au centre des débats enfiévrés de ce siècle et les malaises sociaux et culturels se traduisent par un antisémitisme délirant qui prépare le terrain à la destruction des communautés juives par le nazisme. Georges Corm rappelle aussi la face glorieuse de l'Europe, trop souvent oubliée : les sommets artistiques qu'elle a atteints ; sa curiosité pour toutes les affaires humaines ; la recherche d'une morale « cosmopolite » dont elle a toujours rêvé, sans jamais pouvoir la réaliser. À contre-courant des préjugés « occidentalistes », cet ouvrage tente de répondre à une question centrale : de Mozart à Hitler, que s'est-il passé ? Une relecture de l'histoire qui permet une vision plus sereine des conflits géopolitiques du monde actuel.

    Indisponible
  • Le moyen orient

    Georges Corm

    Aprs un rappel historique, expose les principaux problmes du Moyen Age et les racines du malaise actuel en remettant en question la perception occidentale de l'histoire de cette rgion.

  • La Mue

    Georges Corm

    • Blandin
    • 12 March 2003
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