• Sartre écrit, dans Plaidoyer pour les intellectuels, que l'intellectuel est perçu comme celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, quand Beauvoir - cela saute aux yeux - se mêle de ce qui la regarde, dans ses livres sur le Deuxième Sexe et sur la Vieillesse. Depuis quelques décennies, la question sexe/genre a réussi à s'imposer comme problème théorique, et par conséquent comme champ de recherche, lieu d'explorations, de théories. Mais aucune position de surplomb n'est enore possible parce que l'objet de pensée échappe sans cesse à la sérénité académique, parce que le sujet de pensée doit défendre encore sa légitimité scientifique. Comment penser l'égalité des sexes ? Être un « être de raison » fut contesté au sexe féminin depuis Fénelon et la fin du xvii e siècle. Face à cette exclusion de la pensée, Geneviève Fraisse s'est construite en résistance à une ritournelle négative. La philosophie est le bastion le plus solide, parce que le plus symbolique, d'une suprématie masculine. On reconnaît plus facilement l'historienne que la philosophe, et à travers le parcours de l'autrice, c'est celui de toute une génération qu'on saisit. Le féminisme qui ressurgit au lendemain de mai 68, persuadé d'inventer l'Histoire, reprend un fil déjà ancien, celui du « nous » les femmes de 1830, saint-simoniennes, qui inaugure une dynamique d'émancipation féministe qui va jusqu'à #metoo. Notre xxi e siècle parle du corps politique, collectif, impensé du contrat social et de nos démocraties. C'est un pas de plus dans la représentation de ce qui a bloqué l'émancipation des femmes, donc l'égalité des sexes.

  • Si, à la suite du mouvement #MeToo, la prise de parole des femmes s'est exprimée avec une ampleur inattendue, aujourd'hui à qui incombe concrètement tant la charge matérielle que mentale du « service domestique » ?

    Cette nouvelle édition de l'ouvrage précurseur de Geneviève Fraisse retrace la généalogie de la notion de service - de la domesticité au paradigme du care, de la question de l'emploi et de la hiérarchie sociale entre femmes à celle de la solidarité, du service « à la personne » à la construction d'une société commune aux deux sexes.

    Rendre au mot de « service » toute sa polysémie, analyser l'histoire du travail des femmes et de leur émancipation à travers une pensée de l'égalité et de la justice, telle est la grande originalité de ce livre.

  • Honni par une droite réactionnaire qui se cherche une identité, célébré par une gauche intellectuelle qui a pourtant tardé à en entreprendre l'étude, le genre fait toujours polémique. En désaccord avec les uns et les autres, Geneviève Fraisse s'emploie à explorer cette promesse conceptuelle soucieuse d'un nouvel objet philosophique en construction, dans la droite ligne de ses travaux sur l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes.

    Il sera question de vérité, où l'Un, le Deux et le Multiple font face à l'exigence « queer » qui cherche à se définir. « Genre » est un mot en excès, car la question qu'il traite - l'égalité des sexes et la sexualité humaine - déborde toujours l'ordre établi.

  • Ce livre réunit des entretiens et des articles écrits depuis les années 1970 (de L'Humanité aux Cahiers du genre en passant par Le Monde), mettant ainsi en lumière à la fois l'histoire du féminisme depuis plus de 40 ans et la constance de l'engagement de Geneviève Fraisse pour les droits des femmes.
    Les questions théoriques du féminisme ont pris et continuent de prendre forme dans l'histoire en acte ; Geneviève Fraisse, dans des entretiens stimulants, relève mille exemples à travers l'Histoire, depuis la situation de tutelle civile des femmes au XIXe siècle, l'obtention du baccalauréat par Julie Victoire Daubié, l'établissement du divorce ou la lutte pour l'avortement, jusqu'à la question de l'emploi des femmes aujourd'hui, de la parité, de la prostitution, du service domestique, la révolution que représente la maîtrise du vivant, la situation des femmes au Maghreb, l'affaire DSK...
    Elle reconstitue avec limpidité le puzzle de la domination masculine.

  • « L'émancipation des femmes a suivi deux chemins parallèles et distincts au lendemain de la Révolution française, et au commencement du débat démocratique : celui du «pour toutes» et celui du «pour chacune». Le premier menait aux droits civils et civiques, citoyenneté, éducation, emploi, responsabilité individuelle, autonomie sociale. Le second ouvrait la voie à la liberté de créer, de penser, d'écrire, de partager avec les hommes les lieux de la jouissance intellectuelle et artistique. C'est sur le deuxième chemin, emprunté par ce livre, que j'ai voulu arpenter la suite de l'Histoire.

    La suite de l'Histoire, pour une femme artiste, ce n'est pas seulement la conquête de droits et la transgression des contraintes établies, c'est aussi la construction de pratiques nouvelles et le déplacement des repères obligés. L'égalité, c'est encore la liberté de trouver de nouvelles formes de création. Et c'est pourquoi, sans s'arrêter à l'identité sexuelle ou à la visibilité sociale, ce qui est en jeu, ici, c'est d'abord et avant tout leur production. »

  • Un anniversaire de naissance - elle aurait cent dix ans en 2018 - convoque les souvenirs. Geneviève Fraisse évoque le parcours de celle qui se voyait en «correspondante de guerre» au coeur de l'histoire philosophique, politique et littéraire.
    Comment Simone de Beauvoir, qui use si souvent du mot «privilège», place-t-elle son désir de connaître et de se connaître au coeur du Privilège de la pensée que le XXe siècle lui a accordé? Formidable espace que celui de la femme savante, pensante, tout éblouie par ces lumières intellectuelles offertes, enfin sans limites, au sexe féminin.
    Pourquoi se pose-t-elle alors la question du deuxième sexe, de l'autre sexe? Pourquoi, surtout, introduit-elle l'idée d'un «devenir» de la femme, d'une histoire peut-être, qui produirait enfin un écart après tant de siècles répétitifs?
    Commémorer une grande figure, telle Simone de Beauvoir, n'est pas une affaire d'héritage ou de transmission dans le cadre d'une histoire des femmes, encore fragile, trop peu légitime. Il s'agit, plus sûrement, de découvrir la possibilité d'une appropriation ; il ne faut pas recevoir, mais prendre.

  • Du consentement

    Geneviève Fraisse

    « J'ai longtemps pensé que l'acte de consentir relevait de l'intimité la plus grande, mélange de désir et de volonté dont la vérité gisait dans un moi profond. Lorsque j'ai entendu ce mot consentement dans des enceintes politiques, Parlement européen, débats télévisuels, discussions associatives, j'ai compris qu'il pénétrait l'espace public comme un argument de poids.

    Je voyais bien que la raison du consentement, utilisée pour défendre le port du foulard, ou exercer le métier de prostituée, s'entourait de principes politiques avérés, la liberté, la liberté de choisir, la liberté offerte par notre droit ; et la résistance, la capacité de dire non à un ordre injuste. Car dire « oui », c'est aussi pouvoir dire « non », l'âpreté de l'établissement d'un viol nous le rappelle méchamment.

    J'ai beaucoup cherché, des années durant, à identifier les lieux de l'autonomie des femmes contemporaines. Ce travail sur le consentement m'entraîne, désormais, dans la pensée du lien, du mouvement de l'un vers l'autre des êtres, de chacun des êtres que nous sommes. Par là commence, ainsi, la construction d'un monde. »

  • Pourquoi en france, les femmes participent-elles si peu aux affaires de la cité ? faut-il, en réponse, changer la loi pour changer les moeurs, imposer la parité des hommes et des femmes dans les instances du pouvoir, obliger à des quotas aussi misérables que le retard qu'ils seraient censés combler ? l'écho que cet ouvrage, longtemps introuvable, a rencontré dès sa parution tient à ce que, le premier, liant histoire et philosophie, il a posé la question fondamentale du pourquoi de l'exclusion politique des femmes, en remontant à son origine - la révolution française, celle-là même qui émancipa politiquement les sujets en citoyens.
    Car la révolution française tint, y compris chez ses éléments les plus avancés, à marquer la différence des sexes. constance de salm, mme gacon-dufour, cabanis, mme de staël, condorcet, fourier, stendhal, de maistre ou de bonald - toute la révolution est traversée par la question de savoir si le génie peut exister chez une femme, si le sexe de la femme est en rapport avec son cerveau, si les femmes ont le même droit à l'éducation que les hommes, donc à une future citoyenneté.
    Cette volonté, qui agite la france bien au-delà de 1789, de marquer une différence entre les sexes là oú l'émancipation politique a effacé les différences entre les êtres permet enfin de comprendre comment une société qui prétend respecter l'identité des personnes assume la différence des sexes, pourquoi la démocratie française devint, jusqu'en 1945, pour les femmes une démocratie exclusive.

  • Les femmes et leur histoire, car écrire l'histoire des femmes ne peut se limiter au seul usage des règles et méthodes de la discipline historique.
    L'histoire des femmes dépasse l'opposition commune entre le réel et sa représentation, et la quête de la place du sujet dans cette opposition : elle renvoie, en effet, fondamentalement à la différence des sexes, à la manière dont les philosophes ont pensé cette différence, aux modalités grâce auxquelles législateurs et acteurs de l'histoire ont bâti avec cette différence l'ordre politique. Ecrire l'histoire des femmes oblige donc à lier ensemble, dans la construction de l'objet historique, les systèmes de la philosophie - de Rousseau à Derrida - et les données empiriques de l'histoire - des initiatives révolutionnaires à l'inscription de la parité dans la Constitution.
    Des figures singulières du combat féministe - telles Madame de Staël, George Sand, Louise Michel, Clémence Royer ou Madeleine Vernet - côtoient donc dans cet ouvrage l'analyse serrée de grands discours ou textes fondateurs de l'exclusion comme de l'inclusion des femmes. Parce que, nous montre Geneviève Fraisse, la question des femmes fût de se réintroduire dans l'histoire, c'est-à-dire de prendre part à l'énigme du devenir plutôt que de continuer à être représentées comme des énigmes de la nature.

  • Toutes les femmes sont citoyennes, quelques femmes sont artistes. La citoyenne et l'artiste sont-elles les semblables des hommes ? Oui. Tout autant concernées par la politique et par l'art ? Oui.
    Au commencement de l'ère démocratique, initiée par la Révolution française, ces affirmations furent pourtant sources de débats et de polémiques : aux femmes la famille plutôt que la cité, la muse plutôt que le génie, arguaient bien des hommes qui n'étaient pas tous réactionnaires. Deux cents ans après, nous en discutons encore.
    L'ouvrage revient sur les conséquences de ce moment fondateur. Il rend compte du travail sans fi n de la démonstration de l'égalité, dans une « démocratie exclusive » où chacun - donc chacune - peut théoriquement se voir individu, sujet, citoyen, créateur, un, une parmi tous et toutes. De Poulain de la Barre, philosophe du XVIIe siècle, à Jacques Rancière, penseur contemporain, avec Virginia Woolf comme avec Simone de Beauvoir, les textes réunis ici montrent à quel point ces questions demeurent essentielles pour la modernité : celle de la jouissance revendiquée, celle de la stratégie subversive, celle de la mesure de l'émancipation des femmes, celle du féminisme comme dérèglement de la tradition occidentale.

  • Ce livre réunit des textes parus dans la presse (L'Humanité, Libé, Politis, Le Monde, Regards, Le Nouvel Obs.), ou dans des revues (Vacarme, Réfractions, Cahiers du genre, Mouvements, Revue de l'OFCE, Non fiction...) depuis trente-cinq ans. Il est une sorte de double-témoin : de la pratique et de la théorie ainsi que de leurs rencontres répétées, mais aussi de ce que, à tous les étages de la question féministe, la pensée est convoquée.
    Au début des années 1970, il y avait les slogans féministes, le jour - nal Le torchon brûle et une figure de référence, Simone de Beauvoir.
    Comme dans l'histoire passée, les féministes passaient pour des agitées et l'intellectuelle se déclinait au singulier. Geneviève Fraisse appartient à la génération qui a mis la figure de la femme intellectuelle au pluriel, en nombre.
    Autour de Jacques Rancière et de la revue Les Révoltes logiques, elle se fait historienne des idées d'émancipation, démontrant que cette histoire était réfléchie par les actrices elles-mêmes. Il s'en suit alors que les femmes font l'Histoire.
    À son entrée au CNRS, en 1983, elle poursuit la généalogie de la pensée féministe, notamment celle qui se déploie à l'ère démocratique.
    Et puis, la pratique de la généalogie redoublait, comme en écho, les questions d'actualité féministe. Celles-ci se sont égrenées des années 1970 à aujourd'hui : réflexion sur le collectif politique du mouvement des femmes, sur le féminisme au temps de la gauche, sur le débat autour de la parité. Vint alors le moment, inattendu, des charges politiques où les textes sont aussi des interventions directement liées à l'agenda des institutions ou des medias.
    La quasi totalité de ces articles et, bientôt, des entretiens répondent à des sollicitations des quotidiens ou des revues à celle qui tentait de suivre dans son travail d'analyse de la pensée féministe l'histoire en train de s'écrire.

  • Tout a commencé avec le contrat social, lorsque, refusant l'analogie entre famille et état, rousseau pose la dissociation entre domestique et politique, entre la famille et la cité.
    Cette séparation des sphères est avant tout une séparation des gouvernements - gouvernement domestique et gouvernement politique. elle signe la fin d'une comparaison quant à l'exercice du pouvoir. mais que s'est-il passé, pour les femmes, dès lors que la société civile et politique a été disjointe de la société domestique ? qui a pensé, parmi les théoriciens du pouvoir, la société domestique ? plus que jamais, une femme est plusieurs êtres à la fois - mère, fille, soeur ; épouse, amante, fille majeure ; travailleuse, ménagère, etc.
    Tout le débat sur la citoyenneté se déploie en étoile à partir des statuts et des rôles de la femme contemporaine. la citoyenneté des femmes n'est pas une construction abstraite comme ce fût le cas pour les hommes ; elle s'est conquise concrètement, à partir des déterminations réelles. aussi l'enjeu est-il désormais de penser ensemble les deux gouvernements, la parité domestique et la parité politique, et de trouver une articulation nouvelle, par-delà toute " conciliation " ou " réconciliation ", pour la double journée des femmes, qui serait aussi celle des hommes.

  • Le mot de mixité désigne, à l'origine, l'instruction et l'éducation dispensées en commun aux garçons et aux filles. Revenons sur cette évidence de la mixité scolaire ; regardons ce mélange des deux sexes pendant l'enfance et l'adolescence il est fait de clarté et d'obscurité. Est-il à l'image d'une vie future, miroir de la réalité sociale, ou est-ce un privilège du temps et de l'espace de l'enfance ? Qu'est-ce que la mixité : un progrès, une expérience, une valeur républicaine, un plaisir ? En tous les cas, le mot a fait fortune, pour désigner d'autres mélanges, mixité sociale, mixité urbaine...

  • Eros et libido, sexe et genre : Les mots se succèdent depuis un peu plus d'un siècle pour dire la dualité et le rapport entre hommes et femmes.
    Si l'on cherche l'objet philosophique, on trouve l'expression " différence des sexes ", " Geschlechterdifferenz " sous la plume hegelienne. Quant au genre, ce mot fait le pari de brouiller les pistes des représentations contraintes qui assignent chaque sexe à sa place. Et si, toute terminologie confondue, on s'en tenait à ce que la " différence des sexes " est une catégorie vide ? Alors, on se situerait " à côté du genre ", à côté des affaires de définition et d'identité, pour établir le repérage des lieux où sont pensés les sexes, dans leur tension, leur décalage, leur disparité au regard du contemporain démocratique.
    Au fond, la démarche est inversée : il ne s'agit pas de voir ce qu'il en est du sexe et du genre, mais de dire ce qui surgit dans la pensée quand égalité et liberté révèlent des enjeux sexués dans la politique et la création, l'économique et le corps, la pensée et l'agir.

  • L'europe est un terrain d'expériences.
    Ces expériences prennent des formes anciennes, saltimbanques qui ignorent les frontières, langues qui coexistent sur des territoires entremêlés, traditions familiales ou laborieuses distinctes dans des pays voisins. l'europe n'est pas neuve ; seules ses institutions, parlementaires ou administratives sont des inventions récentes. loin de la recherche d'une identité ou âme européenne qui unifierait on ne sait quoi, ces chroniques radiophoniques ont cherché à tisser des références historiques avec l'actualité multiple.
    Bribes de questions sur ces êtres européens, immigrés ou philosophes, artistes ou politiques, sexes réels ou figures littéraires ; morceaux d'enjeux politiques sur les biens et les services, les traductions et les échanges, les lois des uns et les résistances des autres. telle est l'europe des idées : de la matière d'idées sans dessein d'ensemble, de la multiplicité d'idées sans contradictions simples.
    Les chroniques ici rassemblées ont été produites par france culture. geneviève fraisse fut invitée à les réaliser alors que son mandat de parlementaire, comme membre de la gauche unitaire européenne (gue), s'achevait au printemps 2004. " touriste en démocratie " fut écrit en point final d'un " service politique " commencé en 1997 comme déléguée interministérielle aux droits des femmes.

  • Ce livre propose une perspective originale sur la polémique sexe/genre, sur la critique des stéréotypes et sur l'usage de la nudité en politique. Honni par une droite réactionnaire qui se cherchait une identité, célébré par une gauche intellectuelle qui a pourtant tardé à en entreprendre l'étude, le genre se retrouve au coeur de polémiques politiques violentes. En désaccord avec les uns et les autres, Geneviève Fraisse fait d'abord le point sur celles-ci, et ce qu'elles signifient. Et s'emploie ensuite à constituer avec ce mot en partie nouveau un nouvel objet de pensée philosophique, dans la droite ligne de ses travaux sur l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes.

  • A l'heure où l'on célèbre le centenaire de Simone de Beauvoir, Geneviève Fraisse évoque le parcours de celle qui se voyait en "correspondante de guerre" au coeur de l'histoire philosophique, politique et littéraire. Comment Simone de Beauvoir, qui use si souvent du mot de "privilège", place-t-elle son désir de connaître et de se connaître au coeur du privilège de la pensée que le XXe siècle lui a accordé ? Formidable espace que celui de la femme savante, pensante, tout éblouie par ces lumières intellectuelles offertes, enfin sans limites, au sexe féminin. Pourquoi se pose-t-elle alors la question du deuxième sexe, de l'autre sexe ? Pourquoi, surtout, introduit-elle l'idée d'un "devenir" de la femme, d'une histoire peut-être, qui produirait enfin un écart après tant de siècles répétitifs ? Commémorer une grande figure, telle Simone de Beauvoir, n'est pas une affaire d'héritage ou de transmission dans le cadre d'une histoire des femmes, encore fragile, trop peu légitime. Il s'agit, plus sûrement, de découvrir la possibilité d'une appropriation ; il ne faut pas recevoir, mais prendre.

  • Philosophie, économie, histoire, sociologie, littérature, histoire de l'art, psychanalyse ... autant de sciences humaines qui délimitent les champs du savoir. Autant de disciplines fondamentales présentes de bout en bout dans la collection "Quadrige", à travers les plus grands auteurs, les plus grands titres, les plus grands textes. Quadrige : des ouvrages d'hier et d'aujourd'hui qui sont aussi des textes pour demain.
    La collection se divise en quatre sections : -- Références (dictionnaires, histoire générale ...) jaune pantone 116 -- Textes (Bachelard, Bergson, Durkheim ...) rouge 2718 -- Essais (Laplanche, Levinas ...) bleu 2728 -- Manuels (Ellul, Denis ...) vert green c .

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  • Notre siècle propose un nouveau paradigme du service, modèle social qui mêle emploi et solidarité.
    Il y eut jadis la domesticité d'apparat, puis la bonne de la bourgeoisie, et l'employée de maison de l'après-guerre. Désormais, la prise en charge de la vieillesse (mais pas seulement), et la volonté de trouver de nouveaux gisements d'emploi entraînent l'organisation du " service à la personne ". Que penser de cette mutation ? Deux directions s'offrent à nous, celle du rapport entre service et démocratie, et celle du lien entre corps et propriété de soi.
    La question posée au XXe siècle par le service domestique fut celle de la difficulté à penser ensemble une situation faite de hiérarchie et de dépendance avec le support politique d'une société nouvelle, conjonction du principe de l'égalité de tous et de l'autonomie de la personne. Comment penser l'égalité et la dissymétrie, l'autonomie et le lien ? Comment définir un métier fait de confusion des rapports humains et de tâches sans limites précises ? Tel est, trente ans après, l'intérêt de republier Femmes toutes mains, de manière à rendre au mot de " service " toute son opacité, à réfléchir à nouveau à ce terme simple, cru, et sérieusement équivoque.

  • " De même que les hommes qui ont le goût peuvent envahir la cuisine, les femmes qui y sont instinctivement poussées doivent pouvoir s'occuper de politique. " Signé Hubertine Auclert (1848-1914), que l'histoire retient comme " la suffragette française ". Et pour cause : le vote, pour elle, est la clé de voûte de tous les autres droits. Mais la suffragette se veut une " féministe intégrale ", elle est l'une des rares à revendiquer l'égalité entre les hommes et les femmes sur tous les plans : au travail, devant l'impôt, dans la famille et le mariage, en Algérie... Elle fait toujours par des actions " coup de poing " et en usant, dans ses discours, adresses et écrits, des armes du droit et de la logique. Une logique peu souvent prise en défaut chez cette militante singulière et solitaire, dont " la radicalité, la clarté et la rigueur peuvent encore nous accompagner dans nos réflexions ", écrit Geneviève Fraisse.

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