• Un poète entre dans la cage aux fauves et raconte les ménageries de cirque aujourd'hui disparues. Un reportage sans concession, sensible et prophétique.

    Armand Gatti, célèbre auteur de théâtre, a aussi été journaliste. En 1954, il écrit une série d'articles sur un métier qui nourrit de nombreux fantasmes : les dompteurs de fauves. Panthère, ours, lion font partie des animaux qu'il côtoie au cours de ce reportage aux allures de bestiaire. Il expérimente ainsi la peur et l'adrénaline que procure la proximité des fauves, récolte des histoires stupéfiantes et décrit la relation parfois tendre et souvent cruelle entre l'homme et la bête. Une enquête qui esquisse une réflexion sur la place de l'animal dans notre société.

  • La vie de Dante Sauveur Gatti dit Armand Gatti (1924-2017) est en elle-même comme une extraordinaire fresque épique où l'écriture protéiforme mais toujours essentiellement poétique est indissolublement liée à l'action. Fils d'un éboueur, anarchiste italien, et d'une femme de ménage, Gatti s'engage dans la Résistance à dix-huit ans. Arrêté, il s'évade et devient parachutiste à Londres : tel est le début d'une épopée où le poète, mais aussi journaliste (Prix Albert Londres en 1954), cinéaste, dramaturge, metteur en scène croise toutes les grandes aventures révolutionnaires de son siècle et côtoie les plus grands protagonistes de l'action politique, de l'art et de la littérature comme, par exemple, Che Guevara, Mao Tse toung, Jean Vilar, Boulez, Soupault, Michaux, Kateb Yacine, Marion Brando ou Chris Marker... Au coeur de tout cela, l'écriture poétique est l'outil permanent et privilégié : il s'agit d'inventer une révolte par le langage qui ouvre à l'émancipation des consciences. Marqués par un lyrisme ardent et concret, d'une oralité vigoureuse, les poèmes de Gatti sont d'une constante liberté formelle et toujours aux prises avec le concret du monde, questionnant histoire et utopie. Sa parole libertaire n'a aucun équivalent dans notre littérature.

  • La mission est ultra-urgente : il faut passer à l'action immédiatement ! Le professeur Griffiths vient à Amsterdam donner son avis sur un projet de forages pétroliers. Mais de sinistres personnages sont bien décidés à l'en empêcher... Et le professeur Griffiths risque de se retrouver en sérieux danger !

  • Un faux nom, un petit tube dans lequel sont roulés quelques dollars, de la colle pour masquer ses empreintes digitales, un gilet de sauvetage, trois boîtes de sardines, une grande bouteille d'eau, cela suffit à Fabrizio Gatti, journaliste à L'Espresso, pour se transformer en Bilal, immigré imaginaire. À partir de Dakar, il va remonter jusqu'à Tripoli, infiltré dans la route de l'émigration, afin de rentrer en Europe par la porte de Lampedusa, comme le font chaque jour des centaines de clandestins. Ce faisant, il traverse le Sahara sur des camions, rencontre des membres d'Al-Qaida, des passeurs sans scrupules, des esclavagistes nouveau modèle, et, à Lampedusa, il vit le quotidien de ces demandeurs d'asile que l'on va libérer avec une feuille d'expulsion. Feuille qu'ils se hâtent de déchirer en mille morceaux pour tenter leur chance en Italie, en France, en Allemagne...
    Lucide et impitoyable, Bilal est la chronique de la plus grande aventure du troisième millénaire vécue à la première personne par l'auteur et racontée comme un récit.

  • Zelda (11ans) : analytique comme une micropuce, silencieuse comme un papillon.
    Marcus (10 ans) : n'aime pas la technologie et la technologie ne l'aime pas.
    Imogen (14 ans) : un visage de marbre qui lui permet de faire semblant et de mentir en toutes circonstances.
    Lazlo (le père) : bon vivant, gentiment moqueur.
    Veena (la mère) : d'une grande agilité et très sensible à la bonne éducation.

    Voilà une famille en apparence ordinaire.
    Pourtant, tous sont des espions de talent. Une authentique famille d'espions !

    Ce soir, ils sont réunis au grand complet. Zelda et Marcus font enfin partie de l'équipe d'espions de la famille. Leur première mission les conduit à Paris où un célèbre joaillier s'est fait voler, sous son nez, un saphir de la plus grande valeur.

  • Le poisson noir est l'une des pièces majeures de gatti (saluée en 1959 par le prix fénéon).
    Le poisson noir, c'est l'empereur ts'in, le premier et terrible empereur chinois, le constructeur de la grande muraille, que le pays de yen, dernier refuge de la liberté, tente de faire assassiner par un de ses lettrés, king k'o. " l'homme nouveau " est toute la question qui engage déjà cette " tentative théâtrale " sur un chemin de paradoxes et de conflits oú, comme l'écrivait philippe sollers dans un compte rendu enthousiaste " la vie ne tient plus qu'à un fil, celui du discours ".
    Un homme seul est la deuxième pièce chinoise de gatti. c'est l'histoire de li tche-liou, inspirée par les versions multiples et parfois contradictoires du récit de la vie d'un militant réduit à la solitude après avoir vu se briser tous les espoirs révolutionnaires - nous sommes dans la chine sombre des années trente. cette fois, ce ne sont pas les personnages du passé mais ceux du futur qui viennent habiter le présent du désespéré et qui opèrent le renversement.
    La bataille des sept jours et des sept nuits est d'ores et déjà une victoire. son nom le dit assez : c'est la bataille de la création.

  • Écrit en 1958, Le Bombardement de Berlin parut en 1960 dans Plus, une revue poétique bruxelloise. Ce fut, jusqu'à présent, la seule édition du poème.
    Le Bombardement de Berlin se présente comme le plan d'une ville. Ce poème devient la ville bombardée par les mots, par le verbe, donnant existence à un élément complexe de l'univers, protagoniste non idéalisé du poème, le mot FEU. Écrit en majuscules, il se propage sur la feuille blanche, sur toute la ville. Le feu, ses cheminements et ses traces constituent le poème lui-même.

  • Armand Gatti mêle ici de façon subtile et adroite la petite et la grande histoire, l'amour et la guerre, le chant et l'horreur. Paysages de maquis, évocations des "frères" de combat, des espoirs et de la misère des temps de guerre. Il faut dire, il faut écrire pour ceux oubliés, tombés, pour tout ce qu'on arrache a? l'existence. Il en ressort une sorte d'interrogation constante : comment continuer a? aimer quand tout autour de nous est mort et désillusions ? Le sentiment de l'amour, qu'il soit celui d'une femme ou celui de la patrie, peut-il nous sauver, être la réponse a? tout ? C'est en même temps une très belle lettre de mémoire et d'amour pour tous ces frères qui se sont laissés attraper par la "sirène". Cette image est très intéressante et semble représenter ce Elle qui alors serait la patrie, qui serait le chant mélodique attirant les pauvres âmes au bord des tranchées, en première ligne, prêts a? donner leur vie pour elle.

  • Mile a rarement eu l'occasion de renconter un personnage ayant eu une vie aussi remplie, aussi variée, aussi extra -ordinaire. Alors l'adolescent se demande : ça fait quoi, d'avoir une vie pareille ? D'être et d'avoir été un artiste complet, créateur et raconteur, un témoin de l'Histoire, un citoyen engagé, un journaliste reporter, passeur de mots et de maux ? Dans cet échange entre un adolescent et un créateur, on (re)découvre la curiosité dont on peut témoi gner à cet âge. La pertinence des questions amène son interlocuteur à se centrer sur l'essentiel de sa pensée et à la resti tuer avec clarté et concision. Il en résulte un entretien au ton original, exigeant, accessible et souligné par le trait intelligent de Pascal Lemaître, qui intéressera aussi bien les ados que leurs parents.

  • La Moitié du Ciel et Nous fait suite à une rencontre entre Armand Gatti et Ulrike Meinhof, ancienne journaliste, cofondratrice de la Fraction Armée Rouge (plus connue en France sous le nom de « Bande à Baader-Meinhof »), qui s'est livrée à des attaques armées contre les bases militaires de l'armée américaine, en pleine guerre du Vietnam.
    Alors qu'Ulrike Meinhof et plusieurs de ses camarades sont incarcérées à la prison pour femmes de la Lehrterstrasse, Gatti s'arrange pour écrire cette pièce avec elles, par l'intermédiaire de leurs avocats.
    Il s'agit donc d'un livre hommage : hommage aux femmes qui « portent la moitié du ciel » si l'on en croit le proverbe chinois, y compris celles qui prirent part à la tourmente révolutionnaire et envers lesquelles l'opinion publique, la presse et la justice de l'époque ont été impitoyables ; hommage à ce texte original longtemps disparu et retrouvé à la bibliothèque universitaire de Paris 8 ; hommage encore au regretté Armand Gatti, poète, journaliste et homme de théâtre dont la trace lumineuse accompagnera longtemps plusieurs générations d'acteurs et de spectateurs.
    « La Moitié du ciel, c'est jamais la même pour moi... Le plus souvent c'est l'autre, celle que je ne suis pas en train de chercher...»

  • Les dix-neuf pièces de théâtre qui composent La Traversée des langages font suite à l'édition des oeuvres théâtrales en trois volumes et constituent un cycle nouveau, une aventure à part entière. Pièce après pièce, La Traversée des langages célèbre la rencontre entre Jean Cavaillès (mathématicien et résistant) et Emmy Noether (mathématicienne juive allemande, persécutée par le régime nazi) sous la statue de La Synagogue aux yeux bandés de la cathédrale de Strasbourg. Cette rencontre devait donner lieu à l'écriture d'un livre sur la théorie des groupes. L'histoire en décida autrement?: Emmy Noether mourut en exil aux États-Unis en 1935, et Cavaillès, arrêté par la Gestapo, fut assassiné au fort d'Arras en 1944. Le livre ne fut jamais écrit.
    Comment dès lors relancer l'histoire?? C'est la question que soulèvent les groupes qui se rencontrent sur scène, conjuguant les théories scientifiques, les traditions mystiques, et la mémoire incandescente des grandes insurrections politiques.
    S'invente alors un théâtre où les incertitudes du langage de l'univers, révélées par les sciences du xxe siècle, l'irréductible mystère de la nature et de l'homme, s'élèvent contre toutes les formes d'oppression rationaliste du monde spectaculaire et marchand.
    Pour Armand Gatti, prise dans la tempête de l'histoire, la résistance est toujours victorieuse tant que dure le combat. Son utopie théâtrale est à la fois champ de bataille et chant d'espoir.

  • Un scénario-poème pour continuer la geste familiale d'Armand Gatti.
    Après Augusto aux abattoirs de Chicago et Armando, balayeur au Tir aux pigeons de Monaco, voici le temps d'expliquer " comment Sauveur Lusona mon grand-père a fait des docks du port de Marseille un jardin japonais ". Le tout sous forme d' " entretiens avec le soleil sur le jour de sa mort ".

  • Les Cahiers Armand Gatti sont une revue annuelle produite par La Parole errante, la structure dédiée à l'oeuvre et à l'actualité du grand dramaturge (né en 1924). De très belle facture, elle est coordonnée par Catherine Brun (maître de conférences en littérature française à La Sorbonne nouvelle) et Olivier Neveux (enseignant à l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, Ensatt). Les numéros précédents ont été consacrés au théâtre, au journalisme, au cinéma. Celui-ci est consacré aux liens entre les arts et l'oeuvre de Gatti.

  • Le couteau d'Evariste Galois qu'il leva à la place du verre de vin avec lequel ses amis portaient un toast au roi Louis-Philippe trancha le destin du jeune mathématicien et le redistribua sur plusieurs voies... C'est d'un couteau (encore) que se servit Richard Dedekind pour donner un destin à la droite autre que les calculs d'Euclide. A la traversée des langages mathématiques, le Yi King chinois ou Livre des mutations vient apporter sa contribution dans cette quête poétique de la parole qui fait toute la force dramaturgique de l'oeuvre de Gatti.

  • Ce quatrième numéro de AG. Cahiers Armand Gatti est consacré aux « journalismes d'Armand Gatti ». Gatti déclarait, dans ses entretiens avec Marc Kravetz: «Je dois beaucoup au journalisme ». Cette activité, il l'exercera une quinzaine d'années, dans l'immédiat après-guerre. Gatti a beaucoup écrit et de façon tout à fait singulière, pour Le Parisien Libéré, Libération, L'Express, Les Lettres françaises, Esprit, etc. Le prix Albert Londres, en 1954, le consacre pour une série d'enquêtes: «Envoyé spécial dans la cage aux fauves ». Le recensement des textes publiés, parfois canularesques, le plus souvent profonds, dessine, en deçà et au-delà de cette consécration, le vaste spectre de ses investigations: tribunaux, camps de réfugiés, bidonvilles, fractures d'un quotidien qui aurait pu être sans histoire(s). Des centaines d'articles parus au total, dont nous publions, en épilogue, la bibliographie la plus exhaustive à ce jour - matière à travailler et à rêver.

  • Gatti Dante, Sauveur, né le 26 janvier 1924 à la maternité de l'hôpital de Monaco, fils d'Auguste Rainier, balayeur et de Letizia Luzona, femme de ménage. Journaliste, cinéaste, dramaturge, écrivain, poète, Gatti ne cesse de se débarrasser de ses identités comme d'autant de peaux mortes. Peut-être le retrouverez-vous un jour à Pékin sur le Pont du Ciel, là où les conteurs se succèdent pour raconter, croit-on, la même histoire, en vérité la même histoire mais toujours différente car chacun en porte la version vraie dont il est le témoin unique.
    Gatti ou la quête de la parole errante. Ni un voyage, ni un itinéraire, ou alors celui du Grand Tchou ou de l'Homme Seul, sans fin ni terme, tout juste des étapes : Barcelone insurgée, le maquis guatémaltèque, un égout de Berlin, une piste vietnamienne, la steppe ukrainienne, la grande poste de Dublin, les docks de Marseille ou les banlieues d'Avignon, de Strasbourg et de la Seine- Saint-Denis. Là où l'homme est plus grand que l'homme, où il prend enfin la mesure de sa démesure. Marc Kravetz (Extrait de la préface du livre-CD).

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