• Le roi qui voulait voir la mer Nouv.

    Le 21 juin 1786, Louis XVI, qui n'a jamais voyagé, décide de se rendre à Cherbourg, contre l'avis de ses plus proches conseillers. Que compte-t-il rapporter de ce périple dans un territoire qu'on prétend hostile ? Pourquoi traverser ces terres où vivent encore des sorcières et plane le souvenir des invasions Vikings ?
    Roi lettré qui pratique couramment plusieurs langues, il sait tout des navires et des monstres marins. Il est capable de dresser la carte de l'expédition autour du monde de La Pérouse, mais n'a jamais embarqué, à trente-deux ans, sur un bateau ni vu la mer. Bouleversé par le spectacle de ces eaux déchaînées et de ce peuple qu'il découvre enfin, il se met à rêver à une société plus juste.
    Gérard de Cortanze nous propose un voyage échevelé et passionnant en terre normande, et nous fait découvrir un Louis XVI intime, humaniste, plus à l'aise avec les humbles que parmi ses courtisans : un Louis XVI comme on ne l'a encore jamais vu.

  • Elle s'appelait Violette Morris. Sportive de haut niveau, figure des nuits parisiennes et du music-hall, elle fut aussi une grande amoureuse : Joséphine Baker et Yvonne de Bray, grâce à qui elle rencontra Cocteau et Marais, furent parmi ses conquêtes. Inclassable, extravagante, résolument moderne, féministe engagée, lesbienne assumée, elle suscita la crainte et le rejet d'une France corsetée dans son conformisme, dont elle incarna tous les démons refoulés.
    Il fallait un roman, flamboyant et plein d'humanité, pour retracer le destin d'une scandaleuse qui fut la contemporaine de Colette et laissa derrière elle une légende noire : celle d'une femme libre qui courait trop vite pour son temps.

  • Indigo Nouv.

    Savoie, 1859.
    Etrange personnage que Giovanni Gioberti, francisé en Jean Giobert, dont le visage est bleu. De ce bleu profond dont il a le secret et qui l'obsède : l'indigo. Perdu entre la quête d'un bleu parfait et un douloureux passé qui le ronge, l'homme au visage indigo serait-il un saint ou un monstre ?... tandis qu'il vit reclus dans son château à l'écart du monde, une série de crimes atroces frappe la région. Existerait-il un lien entre ces meurtres et lui ?...

  • Gérard de Cortanze livre ici une reconstitution sensible de la vie de Frida Kahlo (1907-1954).
    Pour raconter cette figure mythique de l'art du xxe siècle, il choisit de mettre en lumière, de manière tout à fait subjective, des rencontres ou des événements qui ont marqué son existence et imprégné sa création. On y croise donc, tout au long des sept courts chapitres, son compagnon Diego Rivera bien sûr, mais aussi la photographe-portraitiste Gisèle Freund ou Léon Trotski, réfugié au Mexique et dont elle a été la maîtresse.

  • Le 22 juin 1963, quatre adolescents assistent, place de la Nation à Paris, au concert donné à l'occasion du premier anniversaire de Salut les copains. Trois garçons : François, rocker au coeur tendre, tenté par les substances hallucinogènes ; Antoine, fils d'ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l'intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 mètres. Une fille : Michèle, dont tous trois sont amoureux, fée clochette pourvoyeuse de rêve et féministe en herbe.Des Trente Glorieuses jusqu'à la « marche républicaine » du 11 janvier 2015, ce roman pétri d'humanité, virevoltant, joyeux, nous raconte, au son des guitares électriques et sur des pas de twist, l'histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, idéalistes, ardents, refusant de se résigner au monde tel qu'il est et convaincus qu'ils pouvaient le rendre meilleur.

  • Septembre 1925, une jeune Mexicaine voit l'autobus dans lequel elle a pris place percuté par un tramway. La colonne vertébrale brisée, elle mettra deux ans avant de remarcher et épouse en 1929 Diego Rivera, le célèbre peintre muraliste. Portée par ses engagements politiques et ses amours exaltées, mais toujours torturée par la douleur physique, elle construit à son tour une oeuvre picturale puissante et singulière. Recommandant de ne pas fuir la laideur pour y voir au contraire la naissance d'une « beauté terrible », elle invente une autre réalité. Elle s'appelle Frida Kahlo. Ce livre est son histoire.

  • Janvier 1937, Léon Trotski et Natalia Sedova obtiennent l'asile politique au Mexique où Diego Rivera et Frida Kahlo les hébergent dans la fameuse Casa azul. Entre le rescapé de la Guépéou et l'artiste flamboyante naît une passion aussi vive qu'éphémère. Affolant ses gardes du corps, mettant en déroute les tueurs lancés à ses trousses, Trotski lui donne des rendez-vous secrets, s'enfuit avec elle dans une hacienda, glisse des billets enfi évrés dans les livres qu'il lui offre. Frida sera son dernier grand amour. Des années plus tard, l'artiste confi era que cette rencontre fut l'une des meilleures choses qui lui soient arrivées et cette période l'une des plus fécondes de sa vie.

    Cortanze réinvente la folie de vivre. C'est magnifique. Yves Viollier, La Vie.

    Un texte bouillonnant de vie et de fureur. Valérie Gans, Madame Figaro.

    Une trépidante épopée amoureuse et politique. Claire Julliard, L'Obs.

  • Attiré par le désert parce qu'il en attend quelque chose d'humain, et par les Indiens parce que nous avons tant à apprendre d'eux, J. M. G. Le Clézio est un «nomade immobile». Depuis qu'un matin de 1948 un cargo hollandais le mena jusqu'au Nigeria pour retrouver un père qu'il n'a jamais vu, il sait que vie et écriture ne font qu'un. Depuis l'époque où il est allé chez les Emberas, il est à la recherche d'une cohérence et d'un équilibre philosophique. Des maisons sans murs, un temps qui revient, du bonheur à conquérir, Le Clézio n'est pas un rêveur. Sa littérature dénonce, provoque, combat.
    Ce livre, conçu à partir de longues conversations que Gérard de Cortanze a eues avec l'auteur du Procès-verbal, tente de soulever des pans du voile. En suivant à la trace un écrivain qui «n'invente pas mais transmet», cet essai biographique évoque les étapes d'une vie et d'une oeuvre qui s'apparentent à une longue quête : celle d'une maison familiale perdue.

  • Emigrée à San Francisco à l'âge de 17 ans, Tina Modotti y devient très vite une actrice de théâtre et une vedette du cinéma muet. Éprise d'Edward Weston, le célèbre photographe américain, elle part vivre à México où elle intègre les milieux intellectuels d'avant-garde. Devenue à son tour photographe, elle voit son nouvel amant, le révolutionnaire cubain Julio Antonio Mella, assassiné sous ses yeux, ce qui décide de son engagement dans la lutte politique. Commence alors pour elle une vie d'errance : Berlin, Moscou, Paris, l'Espagne en guerre...
    Photographe de génie, femme à la beauté ravageuse, celle que d'aucuns surnommèrent la « Mata Hari du Komintern » construit un des destins les plus exceptionnels de son siècle. Mais qui était-elle vraiment ? Après la princesse Belgiojoso, Frida Kahlo, Violette Morris, Gérard de Cortanze, prix Renaudot pour Assam, se penche, dans ce livre plein de bruit et de fureur, sur le parcours libre et intense d'une femme perpétuellement partagée entre l'art et la vie.

  • « Les sixties ont aujourd'hui cinquante ans. Le puzzle des noms qui les compose fait désormais partie de l'histoire. Il n'est que d'en citer quelques-uns : Arpanet, Beatles, Carré blanc, Dim Dam Dom, Hula-hoop, Jaguar Type E, Martin Luther King, mai 68, mini-jupe, Mur de Berlin, Nouveau roman, Pop Art, Schmilblick, Woodstock, etc. Nous pourrions ajouter : la présence incontournable de l'homme de Londres devenu chef de l'État et celle de l'astronaute, Neil Armstrong, qui marche sur la lune et porte au rêve.
    Ce livre, volontairement subjectif, est empli du temps qui passe, des gens, des choses, des faits, des événements, des réflexions, des inventions, des victoires et des défaites. J'ai voulu retenir de cet album photos des années 60, les tempêtes, les éclats, les instants d'hésitations, les silences, et surtout une immense clameur : celle d'une génération, qui se voulait sans peur et sans reproche, et qui, à sa manière, a changé le monde. » G. de C.

  • Des prémices de l'unification italienne à la montée du fascisme, un père et son fils affrontent à leur manière bouleversements des temps.
    Ercole Tommaso assiste au déclin et à l'abandon de vieilles valeurs aristocratiques ; Roberto à la découverte d'une implacable modernité incarnée par les premières courses automobiles. Pourtant, si différents soient-ils, tous deux feront l'expérience de la solitude et de l'exil, tendant vers un seul but entre la France et l'Italie, celui d'un possible bonheur.

  • Cyclone

    Gérard de Cortanze

    Floride, 1933. Roberto et Diodata, deux Italiens en rupture avec le fascisme, ont trouvé refuge dans un port du bout du monde. S'est constitué autour d'eux un petit cercle d'amis aux origines multiples. Du passé de Roberto dans les courses automobiles, du château familial d'Ercole Tommaso, ou des frasques de Diodata en poétesse futuriste, le couple n'a rien raconté à son entourage, tout au désir d'une vie paisible. C'est alors que survient l'imprévisible cyclone qui les précipite vers Cuba et, contre toute attente, dans une Europe qu'ils vont retrouver en plein désastre.
    Gérard de Cortanze s'interroge sur les bonheurs et les pièges de l'engagement politique. La guerre d'Espagne, les camps de réfugiés du sud de la France, la Résistance à Marseille puis en Italie, la rafle du ghetto juif de Rome : un couple amoureux affronte les maux d'un siècle dans l'incertitude des séparations, des déchirements et des choix.

  • Dans L'année du tigre, Philippe Sollers note qu'il lui est impossible de faire lire les passages de ses livres où il parle de son enfance à Bordeaux pendant l'Occupation. Et que dire des événements les plus intimes de cette enfance ? Ce côté de son histoire reste à ce jour occulté, voire dénié. Cet essai - accompagné d'une iconographie inédite fournie par Philippe Sollers - brise le silence, entamant un voyage du côté de ce corps et de cette vie totalement méconnus. Récit des premières années d'un « "traître à sa classe" à qui il arrive tant de choses personnelles », cette biographie montre comment l'écriture « remonte d'une enfance » ; de Bordeaux à Paris, jusqu'au premier texte publié sous pseudonyme, puisque son auteur n'était pas encore majeur. 1936-1957 : le film peut commencer. Son titre Philippe Sollers. Vérités et légendes. En conclusion, une phrase de Montaigne : « Il faut étendre la joie, mais retrancher la tristesse. »

  • Grenade, 31 décembre 1066 : cinq mille Juifs sont massacrés en une nuit. Échappent à la tuerie la jeune Gâlâh et Halim, son ami. Mémoire vivante de son peuple, Gâlâh traverse les siècles. On la retrouve à Séville, à Tolède, à Lisbonne, à Oran, à Constantinople, à Venise, à Haarlem, à Treblinka, à Sarajevo, à New York, à Grenade encore, à Paris enfin, devant une école, un matin de septembre où un tueur l'attend. Grand roman d'amour entre une juive et un poète musulman, L'An prochain à Grenade est aussi un roman épique au souffle puissant, traversé par les guerres et les pogroms. Un roman politique, car la nuit noire de 1066 résonne d'échos étrangement actuels. Un conte philosophique enfin, sur la naissance du mal et la persistance de la haine.

    En dénonçant les horreurs de la guerre, Gérard de Cortanze, Prix Renaudot 2002 pour Assam, nous offre une méditation sur un monde où les mots « fraternité » et « tolérance » semblent avoir perdu tout sens.

  • Donc, elle allait partir.
    Elle allait donc réellement partir. Partie. " Envolée ". Les passagers pour le vol Air Afrique 760 à destination de N'Djamena sont priés... Partir. Pourtant, elle était encore là. Pour quelques petites minutes encore. Quelques petites minutes misérables comme des mouches, crevant sur le rebord de la vitre. Quelques petites minutes encore. " Pourquoi pars-tu ? Ne pars pas. " " Arrête de faire l'enfant ". Ils étaient là, tous les deux.
    Elle, avec sa grosse malle en fer. Sa grosse malle bleue et cadenassée, qu'il avait extirpée du coffre de la voiture. Lui : " Attends, je vais chercher un chariot ". Sa grosse malle enregistrée, pleine de vêtements, de cassettes ; quelques livres, une lettre qu'il avait glissée entre deux paires d'espadrilles, un flacon de Critalle de Chanel. Elle allait partir. " Je n'aime pas ces moments. Tu n'aurais pas dû venir.
    " Elle allait partir. Autour d'eux, au-dedans d'eux : la foule banale d'un aéroport banal.

  • Une chambre à Turin

    Gérard de Cortanze

    En janvier 2000, Gérard de Cortanze est invité à venir présider la cérémonie d'ouverture au public du château des Roero Di Cortanze, l'antique demeure familiale située au coeur du Piémont, entre Turin et Asti. Ce retour sur la terre de ses ancêtres est prétexte à une flânerie sur les rives du Pô, les pentes des Alpes, mais aussi du côté des grands textes de la littérature italienne. Parti à la découverte de son enfance, l'auteur écrit le roman vrai du Castello Di Cortanze, personnage principal de ses trois derniers romans, Les Vice-rois, Cyclone et Assam.

  • Laura

    Gérard de Cortanze

    Princesse lombarde exilée dans le Paris des années 1830, Laura Trivulzio est fascinante, et sa beauté, infernale, suscite haine et passion. Après avoir ouvert un salon littéraire fréquenté par La Fayette, Bellini, Heine, Balzac, Liszt, Musset, elle devient l'avocate de la cause italienne, prend la tête d'une armée, lance des journaux, dirige des hôpitaux, se passionne pour les médecines parallèles, entreprend un périple qui la conduit de Malte à Constantinople, connaît la vie des harems, lutte contre les brigands d'Anatolie et enfin, après avoir traversé des territoires inconnus des cartographes, atteint Jérusalem... Rebelle et engagée, Laura scandalise par son audace, et surtout par l'extravagance de sa vie amoureuse. Dans ce roman riche en rebondissements, Gérard de Cortanze mêle réalité et fiction pour faire le portrait de cette femme libre et généreuse, romantique et féministe, portée par le désir ardent de voir s'élargir le rôle social et intellectuel de la femme.

  • Miroirs

    Gérard de Cortanze

    • Plon
    • 6 January 2011

    1665. Nicolas d'Assan, le jeune baron de Valognes, nourrit un goût immodéré pour les miroirs et n'hésite pas, en dépit des risques, à faire venir en contrebande des miroirs de Venise. Repéré par la police du Roi, il est d'abord fortement encouragé à rouvrir la verrerie que son père avait fermée des années plus tôt, puis contraint de partir à plusieurs reprises à Venise recruter des ouvriers verriers afin de permettre à la toute nouvelle Manufacture Royale des Glaces de Miroir de rivaliser avec la Sérénissime. Lors de son premier voyage, il fait la rencontre de la belle Azzura qui accepte de venir travailler à Paris, mais disparaît mystérieusement le jour du départ. Six mois plus tard, au retour de sa troisième mission, il engage l'un des ouvriers vénitiens, l'énigmatique Vittorio Dino, qui va faire de la verrerie de Valognes une réussite éclatante. Au point de déclencher l'ire de Colbert et d'être recruté de force à la Manufacture Royale. Les années suivantes, Nicolas d'Assan va les employer à éclaircir le mystère de l'identité réelle de Dino, apparemment lié à celui de la disparition de sa mère, à sa naissance

  • Gérard de Cortanze Assam « Aventino regarde par la fenêtre de la berline. Il est tombé cette nuit beaucoup de neige. On ne voit plus les sentiers, les chemins, plus une seule route destinée aux hommes. Dans le lointain, les Alpes hérissent leur muraille blanche. Turin, le château familial, la campagne alentour, le fond de son être, tout n'est plus qu'une immense solitude qui le suit au long de la route, jusque dans Gênes. Et sur le bateau, Aventino ne perçoit rien du vacarme du port : quelque chose, en lui, s'est déchiré. Perdu dans la contemplation du grand bassin noir et luisant, le voilà dans un monde qu'il ne reconnaît plus. Une eau pâteuse se soulève et s'abaisse. Pourquoi tout ce temps sans revoir Maria Galante ? Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce départ oe Parce que Aventino n'a plus rien à dire aux hommes de son siècle. » Assam a reçu le Prix Renaudot 2002.
    Cortanze fait partie de ces rares auteurs français pour qui le roman est un art total qui mêle images et sons, Histoire et histoires, sentiments et réflexion, beauté et tragédie.

    Jean-Christophe Ruffin, Paris Match.
    Une aventure qu'on dirait écrite par un Stendhal, parfois un Tolstoï qui aurait vu Les Aventuriers de l'arche perdue. Qui a dit que le roman français manquait de souffle oe Yves Viollier, La Vie.

  • Mémère était la reine du pot-au-feu et pépère ne put jamais oublier qu'à Verdun la neige était rouge de sang.
    Pépère, qui distribuait les parts de galette le jour des Rois, était pétainiste ; papa, qui aimait faire la course avec sa 203 en dévalant les pentes du Lautaret, était gaulliste. Je ne fus jamais pétainiste car je détestais l'eau de Vichy et accueillis avec satisfaction l'arrivée au pouvoir du général-président. En septembre 1958, j'avais dix ans et décidai que le monde était en train de crever. Il ne s'agissait plus maintenant que d'essayer d'y survivre.
    Je serais pirate plus que corsaire et vivrais de luxure et de rapines. Ma nouvelle morale ne s'accommoderait jamais du moindre laxisme : désormais, je bourrerai les poires de cheveux, j'arracherai par blocs de cinq les feuilles des éphémérides, je ne dirai plus bonjour à la dame, je mettrai le bloc de savon de Marseille dans le pot-au-feu. (Extrait)

  • Attiré par le désert parce qu'il en attend quelque chose d'humain, et par les indiens parce que nous avons tant à apprendre d'eux, j.
    M. g. le clézio est un " nomade immobile ". depuis qu'un matin de 1948 un cargo hollandais le mena jusqu'au nigeria pour retrouver un père qu'il n'avait jamais vu, il sait que vie et écriture ne font qu'un. depuis l'époque oú il est allé chez les emberas, il est à la recherche d'une cohérence et d'un équilibre philosophique. des maisons sans mur, un temps qui revient, du bonheur à conquérir, le clézio n'est pas un rêveur.
    Sa littérature dénonce, provoque, combat. ce livre, conçu à partir de longues conversations que gérard de cortanze a eues avec l'auteur du procès-verbal, tente de soulever des pans du voile. en suivant à la trace un écrivain qui " n'invente pas mais transmet ", cet essai biographique évoque les étapes d'une vie et d'une oeuvre qui s'apparentent à une longue quête : celle d'une maison familiale perdue.

  • un matin de juillet, mélo mélo se lève d'un bond et se retrouve soudain la tête en bas, les pieds en l'air.
    " le monde à l'envers serait-il plus simple que la vie à l'endroit ? " se demande la petite fille sur le chemin du parc. elle a donné rendez-vous à théo sucre, son grand ami, qui l'entraîne bientôt dans une folle aventure. une promenade mêlant humour, poésie, fantaisie, pour voir la vie du bon côté.

  • « - Macaroni, tête de radis !
    - Spaghetti !
    - Mangeur de pizzas !
    - Sale rital !
    - Votre devoir de mathématiques, cher monsieur : archinul ! De la camelote italienne !
    Combien de fois dans mon enfance ai-je entendu ces insultes, proférées par des élèves ou par des professeurs, dans la cour de l'école ou en classe... Mon grand-père, Roberto Aventino, avait fui Nice et Marseille à cause de cela, des insultes et des coups. De mon temps, disait-il on me traitait de "maca", de "piaf", de "christo" [...] C'était étrange, cette enfance traversée avec en bandoulière la honte de porter le nom qui était le mien et la honte d'assumer mes origines.
    Il m'a fallu une cinquantaine d'années pour accepter ces racines qui me constituent, ce passé qui m'a fabriqué. Pierre Milza écrit qu'il est un "migrant, inconfortablement posté entre deux cultures cousines et pourtant dissemblables". Modifiant son propos, je peux aujourd'hui affirmer que je suis un migrant, confortablement posté entre deux cultures cousines et pourtant dissemblables. Sans doute parce que j'ai créé une troisième culture qui n'appartient qu'à moi. » Gérard de Cortanze.

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