• L'inauguration en grande pompe de la « Canopée » des Halles, au printemps 2016, a marqué l'apogée médiatique de la réhabilitation du centre de Paris entamée quelque quinze ans plus tôt par le maire socialiste Bertrand Delanoë. Aussi controversé pour ses partis pris architecturaux que pour son coût, ce grand toit jaune n'est pas seulement la partie émergée d'un complexe souterrain qui associe un Forum commercial et une gare de banlieue, construits dans les années 1970 en lieu et place d'un vénérable marché. Avec la rénovation des espaces de vente qu'il surmonte, du jardin qui le prolonge et de la Bourse de Commerce qui lui fait face - investie par la Collection Pinault d'art contemporain - il symbolise un projet bien plus vaste, qui s'est soldé par la privatisation et la normalisation accrue de l'espace public au coeur de la capitale.
    Cet ouvrage fait suite à La Campagne des Halles, qui enquêtait à chaud sur les tenants et aboutissants de la consultation d'urbanisme dont est sorti ce énième projet pour le quartier. Il se concentre cette fois sur les polémiques et les déboires qui ont émaillé la phase de réalisation, au fil d'un interminable vaudeville où le ridicule l'a souvent disputé au scandale. Il expose les enjeux de cette opéra- tion pour ses nombreux acteurs, édiles et élus, associations de riverains, promoteurs, concepteurs.
    Il montre les stratégies croisées des pouvoirs politique et économique pour transformer le centre de Paris, où la recherche d'une nouvelle image rencontre celle de nouveaux profits. Il se penche sur le rôle joué dans cette entreprise par l'urbanisme et l'architecture, instruments et témoins de toutes ces mutations. L'analyse des positions, des décisions, des impensés, des victoires et des défaites des uns et des autres dessine ainsi le sens de la bataille dont les Halles viennent une fois encore d'être le théâtre.
    À partir de ce cas d'étude aussi particulier qu'exemplaire, ce livre met en lumière les ressorts concrets de la fabrication de l'environnement urbain aujourd'hui : il n'intéressera pas seulement les professionnels de l'espace et les Parisiens, mais tous ceux qu'inquiète l'impact, présent et à venir, de la mondialisation sur le quotidien des citadins.

  • En plus de trente années d'une carrière hors normes, depuis les rivages d'un continent isolé où une culture encore neuve côtoie les paysages les plus anciens et les mieux préservés de la planète, Glenn Murcutt a développé une architecture domestique originale.
    Simples, raffinées, expressives, les quelque cinq cents maisons qu'il a conçues pour son Australie natale sont considérées aujourd'hui comme les exemples les plus probants de ce que pourrait être une " architecture écologique ". Influencée par la philosophie de Henry David Thoreau comme par le minimalisme de Mies van der Rohe, par les constructions vernaculaires australiennes comme par les leçons d'Alvar Aalto, son architecture se veut une forme de " traduction du paysage " dans lequel elle s'inscrit, modelée par le concept d'économie qui la fonde - économie d'espace, d'énergie, de matériaux...
    L'attribution, en 2002, du prix Pritzker (le Nobel de l'architecture) à ce praticien inclassable témoigne de l'écho que rencontrent aujourd'hui ces questions dans les cénacles internationaux.
    Ce livre cherche à donner à voir et à comprendre cet oeuvre singulier en élucidant ses origines, ses ressorts et sa portée. Un essai critique approfondi analyse le parcours, le mode de travail et les idées de Glenn Murcutt, et dégage les raisons de son importance dans le panorama de l'architecture d'aujourd'hui.
    Une section largement illustrée présente ensuite en détail trente-trois de ses projets et bâtiments réalisés entre 1968 et 2001.


  • le centre de paris n'en finit pas de panser ses plaies
    architecturales.
    près de vingt-cinq ans après le désastre orchestré par jacques chirac, la mairie annonçait en 2002 son intention de rénover le quartier des halles. appel d'offres, sélection des concepteurs, exposition de leurs propositions, concertation " citoyenne ", choix final fin 2004 : ce livre raconte les rebondissements d'une affaire publique toujours en suspens. il montre comment le vide de la politique et de la culture municipales dans
    le domaine de l'urbanisme a laissé le champ libre aux intérêts politico-financiers et aux pressions des riverains, et conduit à un faux débat terminé en queue-de-poisson.
    françoise fromonot revient sur les quatre projets en lice, sur la polémique médiatique qu'ils ont déclenchée et s'interroge sur l'incapacité chronique des architectes français et de la critique à nourrir une véritable réflexion. elle démonte l'alibi de la " démocratie participative " ainsi que les ressorts de la décision du maire. la nouvelle affaire des halles révèle ainsi la continuité de la politique urbaine de bertrand delanoë avec celle de ses prédécesseurs.
    un éclairage aussi instructif que cruel sur les mécanismes et les raisons qui façonnent aujourd'hui la forme d'une ville.

  • Trois auteurs inaugurent cette première édition des cahiers de l'Ibois, l'initiative éditoriale semestrielle issue du laboratoire de l'EPFL consacré à la construction innovante en bois: Françoise Fromonot revient sur l'épopée héroïque de Jørn Utzon et de ce qu'il a vainement tenté de réaliser au moment de la construction de l'opéra de Sydney. Stéphane Berthier offre un panorama assez complet de la place de l'Ibois dans la constellation des laboratoires qui mettent au point des techniques de conception et de fabrication assistées par ordinateur. Quant à Yann Rocher, il s'efforce d'établir les nombreux liens constructifs et symboliques entre le matériau utilisé pour construire le Pavillon en bois du Théâtre de Vidy et sa fonction de lieu scénique.

    Three authors are inaugurating this first edition of the Ibois notebooks, the biannual editorial initiative of the EPFL laboratory dedicated to innovative wood construction: Françoise Fromonot revisits the heroic epic of Jørn Utzon and what he tried, and failed, to realise during the construction of the Sydney Opera House. Stéphane Berthier offers a rather complete panorama of the place of the Ibois in the constellation of laboratories developing computer-aided design and manufacturing techniques. As for Yann Rocher, he strives to establish the many constructive and symbolic links between the material used to build the wooden Pavilion of the Théâtre de Vidy and its function as a stage.

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