• Le grand argentier désigne le ministre des Finances sous l'Ancien Régime, mais le nom et l'épithète en disent bien davantage sur ce personnage, qui dispose d'une grande fortune et est à ce titre le pourvoyeur des fonds de l'Etat. C'est cette richesse personnelle qui attire d'abord l'attention du roi et lui assure une position de premier plan auprès de sa personne, mais ce n'est pas sans risque. Si le souverain a besoin d'argent, c'est généralement pour soutenir des guerres coûteuses. Le grand argentier, pressé à outrance, est alors indispensable. Une fois la paix revenue, il devient moins nécessaire et souvent importun. Ses biens, désormais confondus avec ceux du roi, peuvent être confisqués.
    Par ailleurs, le grand argentier est ambitieux. Issu de ceux qu'on appelle alors les « chétives gens », et plus tard le tiers état, il veut accéder aux classes dominantes et partager le pouvoir avec elles, mais il a beau imiter leur façon de vivre, il ne réussit pas à s'imposer auprès du clergé et de la noblesse, qui travaillent à sa perte et le méprisent. Aussi est-il accusé de crimes imaginaires, victime de disgrâces éclatantes, parfois ponctuées de l'exil quand ce n'est pas de la mort. Avec le talent d'écriture qui la caractérise, Françoise Kermina dresse le portrait des dix plus emblématiques d'entre eux.

    Françoise Kermina a publié de nombreux ouvrages chez Perrin, tous salués pour la qualité de leur style, notamment Agnès Sorel, Bernadotte et Désirée Clary, Madame Tallien, Les Dames de Courlande, égéries russes au xixe siècle.

  • Roi de Navarre à la mort de sa mère, Jeanne d'Albret, en 1572, Henri IV devint roi de France en 1589, à la mort de Henri III. Mais il lui fallut encore cinq ans de combats acharnés contre la Ligue et les Espagnols pour être enfin couronné à Chartres en 1594.
    Dans cette aventure périlleuse, il fut soutenu par l'amour indéfectible de Corisande, comtesse de Guiche. Grande dame éprise de romans de chevalerie, guide et inspiratrice de ce nouveau preux, elle ne ménagea à son service ni ses encouragements ni ses ressources, n'exigeant en retour que sa confiance et sa fidélité. Mais le Vert Galant était inconstant, et leur liaison finit mal. Il alla vers d'autres amours sans retrouver chez aucune de ses maîtresses une affection aussi désintéressée. Autour de ce couple d'exception, concourant à leur histoire, passent deux autres personnages : Marguerite, la folle « reine Margot » et Montaigne, le sage du Périgord.

  • Le quadricentenaire, célébré cette année, de l'assassinat de Henri IV, a donné un nouvel éclairage sur un événement qui, en dépit de tant de temps écoulé, est encore considéré comme majeur dans notre Histoire. Cela tient à la personnalité presque légendaire de ce souverain qui tranche sur tous les autres par ses qualités peu communes d'homme et d'homme d'Etat. Sa mort impressionne encore parce qu'elle offre un contraste singulier entre deux images fortes, le cavalier d'Ivry au panache blanc, et le corps sanglant ramené au Louvre le soir du 14 mai 1610. Comment cette catastrophe a-t-elle pu se produire ? Comment un autre homme, un homme de rien a-t-il pu, seul, accomplir un tel geste ?
    L'énigme est-elle enfin résolue, mais peut-elle l'être ?

  • D'une plume alerte et documentée, Françoise Kermina fait revivre Marie de Médicis, reine régente et rebelle, renversant les idées reçues sur une figure historique injustement méprisée.
    Seconde Médicis à avoir exercé la régence en France, appelée mèrede l'Europe pour les six enfants, dont quatre souverains, qu'elleeut d'Henri IV, elle a laissé dans l'histoire deux souvenirs forts :un mauvais, pour avoir scandaleusement enrichi ses favoris italiens,les Concini ; un bon, comme mécène, pour avoir introduit à la courde France les techniques florentines du ballet et de l'opéra, financéles peintres les plus prestigieux, Rubens, Van Dyck, Pourbus, et faitbâtir le palais du Luxembourg.

    Sa vie fut plus mouvementée que celle d'aucune autre reine de France.Elle connut le luxe, la puissance, mais aussi les humiliations de la femmetrompée publiquement, l'assassinat de l'époux aimé malgré toutet une chute dramatique, après sept ans de pouvoir. Evadée à deuxreprises des résidences surveillées où l'avaient conduite ses rébellionscontre son fils Louis XIII, elle finit en exil, dans la solitude et le dénuement,indignement persécutée par celui qu'elle avait su découvriret imposer, le cardinal de Richelieu.
    Si elle gouverna avec le goût de l'intrigue et aussi la prodigalité de sesancêtres Médicis, ce fut sans leur cruauté ; et elle sut, à travers les piresécueils, maintenir la paix civile et transmettre la couronne intacte ende plus fortes mains que les siennes. Personne ne l'a mieux justifi éequ'elle-même lorsqu'elle disait : " J'ai préféré verser l'or plutôt quele sang. "

  • Nées dans la seconde moitié du XVIIIe siècle dans le duché de Courlande, au bord de la Baltique et sous domination russe, imprégnées dès l'enfance de culture française, cosmopolites par leurs alliances et polyglottes, elles ont succédé aux égéries parisiennes des salons des Lumières que la Révolution avait balayés.
    Toutes connaissent une vie sentimentale agitée, n'hésitant pas à divorcer ou à collectionner les amants. Toutes ont une influence politique auprès des grands de l'époque : la duchesse de Sagan, farouche opposante à Napoléon et reine du congrès de Vienne, fut la maîtresse de Metternich ; la duchesse de Courlande, celle de Talleyrand ; la baronne de Krüdener a influencé le tsar Alexandre Ier par ses idées mystiques et parrainé la naissance de la Sainte-Alliance ; la très anglophile princesse de Lieven fut l'égérie de Guizot ; la duchesse de Dino eut une longue liaison avec Talleyrand alors qu'elle était l'épouse de son neveu Edmond.
    Servie par une plume alerte, l'auteur ressuscite avec talent un monde enchanteur oublié et cerne le caractère de cinq femmes souvent rivales, mêlant leurs ambitions secrètes à leurs amours interdites.

  • Vigoureux et intrépide, le duc de Navarre puis roi de France fit, très tôt, montre d'un grand tempérament sensuel. Marié deux fois, à Marguerite de Valois puis à Marie de Médicis, Henri IV multiplia les conquêtes féminines, parmi lesquelles la comtesse de Gramont (Corisande), Gabrielle d'Estrées, Henriette d'Entragues et Charlotte de Montmorency. En effet, cet homme à femmes veillait à ce que le poste de maîtresse royale ne soit jamais vacant trop longtemps. La vie amoureuse tumultueuse du roi de France ne fut pas sans lien avec les affaires de l'État, et on attribua à l'influence de ses épouses et maîtresses nombre de ses décisions politiques. On peut s'étonner qu'un homme d'action comme lui, toujours par monts et par vaux, ait pu laisser une correspondance aussi abondante : d'ordre politique, administratif et militaire. Mais aussi correspondance amoureuse, dans laquelle il se livre tout entier. Il s'y montre sentimental, libertin parfois. Le roi y manie, avec un art qui lui est propre, l'humour à froid, la malice, le mensonge aussi. En revanche, il ne reste que très peu de lettres des maîtresses elles-mêmes, le roi n'était pas un homme à archiver scrupuleusement. Cette correspondance a toujours suscité un grand intérêt, et cela dès après sa mort, il y a 400 ans. Le présent ouvrage rassemble les lettres d'Henri à ses maîtresses, d'autres qu'il adressa à des proches, à sa soeur Catherine de Bourbon, à sa première femme, Marguerite de Valois, à Sully, à Madame de Monglat, gouvernante de ses enfants...

  • Madame tallien

    Françoise Kermina

    • Perrin
    • 17 August 2006

    " Quel roman que ma vie ! " disait Madame Tallien à la fin d'une existence qui en avait contenu cent. Marquise de Fontenay sous l'Ancien Régime, citoyenne Tallien pendant la Révolution, " merveilleuse " après Thermidor, princesse de Chimay sous la Restauration, elle a traversé cinquante ans de tumultes et de dangers. D'une séduction exceptionnelle, sans scrupules inutiles, mais aussi d'un grand courage dans les circonstances les plus périlleuses, on la trouve toujours sur le devant de la scène. Reine de Paris, elle a lancé les modes et incarné un nouveau type de femme libre. Sa beauté lui attira autant d'hommages que de jalousies. Beaucoup lui ont dû la vie ou la liberté et, après la chute de Robespierre à laquelle elle contribua, elle choisit de se consacrer aux malheureux, victimes de la dureté des temps ; devenue châtelaine de Chimay, c'est en bienfaitrice qu'elle termina son parcours, honorée et estimée. Cependant elle demeure dans l'histoire le personnage qu'elle aurait tant voulu faire oublier : Madame Tallien.

  • Fersen

    Françoise Kermina

    • Perrin
    • 1 October 1985
  • Agnes sorel

    Françoise Kermina

    • Perrin
    • 1 September 2005

    En 1443, à toulouse, charles vii remarque une jeune femme de vingt et un ans, à la beauté éclatante, et malgré le scandale général en fait sa favorite officielle.
    D'un naturel gai et enjoué, d'une bonté et d'une générosité reconnues par tous, même par ses ennemis, agnès distrait le roi, son aîné de dix-huit ans. fine politique, elle exerce son influence en aidant à l'ascension de certains personnages essentiels, comme jacques coeur. patriote, elle jouera un rôle décisif dans la victoire de charles vii sur les anglais. sa mort brutale, à vingt-huit ans, a toujours intrigué chroniqueurs et historiens.
    Grâce aux recherches scientifiques menées par le chru de lille lors de l'exhumation de ses restes à loches en 2004, on le sait maintenant : agnès a été empoisonnée au mercure. accident ? crime ? comblée par les faveurs du roi à qui elle a donné quatre enfants, elle avait beaucoup d'ennemis. des rumeurs ont même accusé le dauphin, futur louis xi, qui la haïssait pour l'emprise qu'elle avait sur son père.
    Ainsi la " dame de beauté " n'aura-t-elle jamais cessé d'être un personnage énigmatique dont le rayonnement nous trouble encore.

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