• Avant le temps des ministres-favoris de l'époque baroque, les rois de l'Europe médiévale ont compté dans leur proximité sur l'assistance de personnages souvent vus comme leur préfiguration. Appelé « privauté » (privanza), ce phénomène a pour fondement le choix de l'amitié contre la parenté. Ainsi, pour se libérer de ses parents et de ses barons, qui entendent exercer une emprise sur sa royauté, le roi lance ses privados. Néanmoins, si ceux-ci oeuvrent donc à une expulsion, ils organisent dans le même temps une participation alternative et plus large au gouvernement du roi. Dans la Castille de la fin du Moyen Âge, ce phénomène se distingue par une continuité particulièrement propice pour interroger sons sens historique : réalisé sur le terrain idéologique à partir du milieu du XIIIe siècle et devenu stratégique à partir du début du XIVe siècle, le choix de la privauté est à la base d'un régime politique marqué par la distinction entre gouvernement et souveraineté. Cet essai envisage à nouveaux frais ce moment fondateur de l'expérience médiévale du pouvoir d'État.

  • « Je suis convaincu que les lecteurs de mon ego-histoire attendent de ma part le récit d'un retour au pays, la rassurante trajectoire d'un fils d'immigrés espagnols devenu un médiéviste français de l'Espagne. Pourquoi pas. Mais les chemins du retour ne sont pas toujours les plus droits, et ramènent-ils toujours au point de départ attendu ? ». Loin de proposer l'histoire linéaire de sa trajectoire, François Foronda la soumet ici à un exercice d'auto-analyse, en historien, sur la base de ses archives personnelles. Mais davantage que des retours, cet exercice le conduit à réaliser un voyage fait d'un constant va et vient : entre quatre lieux de mémoire, entre deux pays, entre le passé et le présent, entre la vie académique et la vie personnelle, que l'auteur tient au fond pour une vie également majuscule. Et une forme de réconciliation libératrice se fait jour au bout de ce voyage, pratiquement circulaire, dans l'arrière pays retrouvé de la vocation historienne de l'auteur.

  • Dans son Contrat social, Rousseau noue définitivement l'articulation entre société, souveraineté et sujétion.
    Simplement l'évoquer, c'est d'un seul trait mettre en place tout un champ d'analyse : la production sociétale de l'Etat. Même s'il porte sur des situations et des expériences antérieures au moment du contrat rousseauiste, et qu'il ne prétende aucunement établir entre celui-ci et celles-là un quelconque lien généalogique, cet ouvrage prend bien place dans ce champ. Mais davantage à la manière d'un rappel : le Moyen Age a connu lui aussi une certaine articulation entre société, souveraineté et sujétion.
    Elle est obtenue dans la plupart des cas, y compris dans les régimes politiques a priori les plus réfractaires à cette idée et à cette pratique, par le contrat. C'est ce passage obligé, qui fait continuum dans la société et la structure de manière proprement politique, que désigne l'expression "contrat politique". Elle pointe aussi un rapport de stricte synonymie entre société politique et société contractuelle.
    Elle signale enfin un temps d'ouverture et d'expérience des possibles, dont l'historien doit tenir compte s'il ne veut pas manquer un maillon fondamental de l'histoire de la souveraineté. Ce sont ce passage, ce rapport et ce temps, dont la conjonction produit parfois une virtualité politique du nom de République, qu'entreprend d'analyser ce livre collectif. Il est le dernier acte de l'enquête lancée en 2004 par François Foronda.
    Jusqu'à présent centrée sur la Castille et la péninsule Ibérique - Du contrat d'alliance au contrat politique. Cultures et sociétés politiques dans la péninsule Ibérique de la fin du Moyen Age, Toulouse, Méridiennes, 2007 ; El contrato politico en la Corona de Castilla. Cultura y sociedad politicas entre los siglos X al XVI, Madrid, Dykinson, 2008 -, cette enquête prend ici toute sa dimension européenne, grâce à la collaboration d'une trentaine d'historiens, spécialistes de l'Italie, de l'Empire, de la France, de l'Angleterre et des Espagnes au Moyen Age.

  • Souvent tenu pour violent et dsordonn, le Moyen ge ne l'est cependant pas comme nos contemporains se l'imaginent. Car la violence - un terme alors rarement utilis, une ralit aux manifestations extrmement varies - fonde un rapport et un ordre social, sur lesquels l'tat impose progressivement son contrle, mais sans jamais en renier le principe. la suite des travaux de l'historienne Claude Gauvard, qui constituent un tournant dans la dfinition de la violence comme objet historique part entire, ses nombreux lves se saisissent du sujet pour lui rendre hommage dans cet ouvrage. Leurs riches contributions tmoignent de la vigueur d'une approche extrmement sensible aux apports de l'anthropologie, de la sociologie et du droit, qui oblige regarder autrement le jeu social et politique au Moyen ge. Ouvrage publi sous la direction de Franois Foronda, Christine Barralis et Bndicte Sre. Avec les contributions de : Christine Barralis, Vronique Beaulande-Barraud, Christine Bellanger, Boris Bove, Michelle Bubenicek, Olivier Canteaut, Hubert Carrier, Louis de Carbonnires, Martine Charageat, Philippe Charon, Julie Claustre, milie Cottereau-Gabillet, Fabrice Delivr, Franois Foronda, Sbastien Hamel, Christine Jhanno, Thierry Kouam, Vronique Julerot, Corinne Leveleux- Teixeira, Yves Mausen, Xavier Nadrigny, Nicolas Offenstadt, Denise Pricard- Ma, Pierre Prtou, Bndicte Sre, Valrie Toureille.

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