• Contre le peuple

    Frédéric Schiffter

    • Seguier
    • 10 November 2020

    De l'extrême-droite à l'extrême-gauche, une idole affole le monde politique : le Peuple. Or quel est ce fétiche dont les porte-paroles veillent à ne jamais définir les contours ? Loin d'être une réalité identifiable, le mot de Peuple n'est qu'un vent de bouche que des blablateurs propulsent à plein poumons du haut de leur podium pour ratisser large en période électorale.
    N'importe quelle foule se prend désormais pour le Peuple et exprime ses frustrations et bouffées paranoïaques sur les nouvelles agoras digitales. En ligne de mire : des « élites »... qui ne sont pas davantage définies et auxquelles on promet pourtant un mauvais sort. Dans un essai bref et incisif, Frédéric Schiffter signe un acte de résistance face à la servitude intellectuelle.

  • Aussi fugace soit-elle, la rencontre avec la beauté est une expérience bouleversante. Partant d'un souvenir personnel -l'apparition d'une femme -, Frédéric Schiffter invite le lecteur à une méditation philosophique sur la beauté des paysages et des oeuvres qui ont marqué sa vie. Une flânerie érudite à travers les films, les livres et les oeuvres d'art, qui nourrit avec délicatesse notre éducation esthétique.

  • En 1974, Alice a dix-sept ans. Elle vit une romance avec Don, un Californien qui vient chaque été surfer les spots de Guéthary. Don et Alice se marient. Le jeune couple séjourne d'abord à Hawaii pour y vivre d'amour, d'herbe et de vagues, puis à Santa Barbara pour y poursuivre des études. Les années 1980 bouleverseront tout. Le surfeur indolent se lancera avec succès dans l'industrie et le commerce. Il développera en Californie et au Pays basque la marque Line Up. Le surf business ruinera le surf bohême. L'admiration d'Alice pour Don n'y survivra pas.
    Boris Brissac est avocat pénaliste à Paris. On l'appelle le « défenseur des salauds ». Il en convient, mais ce n'est pas sans risque. Quand il s'empare du dossier de Francisco Milán, un néonazi impliqué dans la mort d'un jeune « antifa », il se fait tabasser dans la rue.
    L'ironie de l'affaire est que son client troque en prison ses idées politiques pour des convictions religieuses. Brissac apprend que la violence ne procède pas d'une idéologie, mais qu'une idéologie répond à un besoin de violence.
    La vie n'est jamais la vie, mais toujours une vie. Quand Alice et Boris se rencontrent, à l'orée des années 2000, tous deux ont la quarantaine. Ils ne se demandent pas pourquoi ils s'aiment aussitôt. Chacun espère que l'autre le laissera longtemps entrer dans sa vie.

  • « Pour évoquer mon ennui, le mieux est de rendre compte de mes journées vouées à regarder passer le temps. L'homme affairé tient un agenda, l'homme sans horaire son journal intime. Le premier note ses rendezvous avec les autres, le second consigne ses réunions avec lui-même. Mon livre est fait des carnets écrits du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. Deux ans vécus à Biarritz, ville de tous mes excès casaniers. Des jours qui se sont succédés entre flâneries, lectures, griffonnages et siestes. Des nuits à faire les cent pas dans mon crâne en attente de l'aurore. Des heures qui ont tourné sans déformer la mollesse de leur cadran.

  • En 1958 à la grande époque de la Dolce Vita, dans un appartement modeste baigné de soleil, Claudia Cardinale tout juste 20 ans pose pour un de ces paparazzi d'agences spécialisées dans les magazines populaires dont on ne saura rien si ce n'est le talent qu'il mit à installer cette complicité, ce fl irt photographique. Il s'agit d'instants magiques arrachés au quotidien dans un tourbillon joyeux où éclate toute la fraîcheur, la spontanéité, la sensualité et le talent de Claudia à peine arrivée en Italie après avoir gagné le titre de la plus belle Italienne de Tunis et alors qu'elle s'était mis en tête de ne pas faire de cinéma en manifestant son intérêt pour devenir institutrice.
    Nous découvrons aujourd'hui cette série avec gourmandise tant Claudia y apparaît radieuse, espiègle et profondément humaine avant qu'elle ne devienne la star que nous connaissons.
    Cette séance photo sera complétée par une série de photos prises la même année à Venise, à l'hôtel Cipriani.
    En écho des photographies, le philosophe Frédéric Schiffter (Philosophie sentimentale, 2010, La Beauté, une éducation esthétique, 2012, Le Charme des penseurs tristes, 2013) proposera un petit traité de la starlette dans lequel il évoquera de façon personnelle sa passion pour elles et l'audace dont elles fi rent preuve à leur époque.

  • Le surf évoque l'essence dramatique de l'existence. En s'aventurant sur la houle, le surfeur est à l'image de tout homme confronté aux aléas du devenir, tantôt opportuns - qu'il lui faut saisir -, tantôt désastreux - qu'il lui faut esquiver ou endurer.

  • Un philosophe peut m´instruire ou m´éclairer, mais son oeuvre n´exerce sur moi aucun charme si en filigrane de ses concepts, de ses thèses, de ses arguments, je ne perçois pas le récit d´un chagrin personnel.
    Sous le masque du cérébral, j´aime deviner l´orphelin, l´amoureux, l´abandonné, le déclassé, le décalé - l´« animal malade ». Les auteurs que je cite dans ces pages, en exergue de chaque chapitre, n´appartiennent pas à une même sensibilité intellectuelle ou littéraire. Si, cependant, leurs pensées m´accompagnent depuis longtemps et me reviennent à l´esprit comme des refrains, sans doute est-ce parce que j´y entends une semblable tonalité mélancolique.
    Que j´aie à m´en féliciter ou à m´en blâmer, c´est à Schopenhauer, mais aussi à Nietzsche, Pessoa, Proust, l´Ecclésiaste, Chamfort, Montaigne, Freud, Rosset, Ortega y Gasset, que je dois ma vocation de philosophe sentimental.

  • Comment les prédicateurs de sagesses, de Platon à Michel Onfray, peuvent-ils exercer leur magistère sinon en exploitant le filon de la misère narcissique des humains? En revisitant l'histoire des idées, Frédéric Schiffter rappelle qu'entre la philosophie, dont l'unique vocation est d'élucider notre condition tragique, et les discours de ces marchands d'éthiques qui veulent nous apprendre à vivre, il y a le même fossé qu'entre la vérité et le bluff...

  • Un peu à la manière de Cioran, ces réflexions philosophiques ou anti-philosophiques sont inséparables d'une humeur portée sur le septicisme et le pessimisme. Tel Schopenhauer, Frédéric Schiffter fait de l'ennui une composante essentielle de la vie humaine, tout en défendant la réalité contre les utopies, qu'il range dans les catégories soit du blabla (l'utopiste irréel est un charlatan) soit du chichi (l'homme qui dénie le réel est alors un précieux dégoûté). On lira ce pense-bête comme un essai de philosophie " consternante " n'ayant d'autre but que d'attirer l'attention du lecteur sur cette évidence : parce que la vie est courte, nul homme, à commencer par le philosophe, n'a le temps d'apprendre à vivre et à mourir.
    Frédéric Schiffter, professeur de philosophie dans un lycée de la côte basque, est également l'auteur d'une Lettre sur l'élégance (1988) et d'un pamphlet, Guy Debord, l'atrabilaire (1997), publiés aux éditions Distance.
    Préface de Clément Rosset.

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  • "Le début de ma vie au Sénégal, jusqu'à mes sept ans environ, s'est passé dans une relative insouciance. La réalité alentour sur laquelle, toi, mon père, tu régnais, constituait ce que l'on appelle un monde. Chaque moment du jour et chaque période de l'année obéissait à un emploi du temps cosmique : l'école, les repas, les déplacements, les devoirs, les heures de jeu avec les voisins de mon âge, les week-ends à la plage de N'Gor ou de Popenguine, les grandes vacances en France, le mois d'octobre de scolarité à Biarritz, puis le retour à Dakar chaque début de novembre.
    Mon enfance tournait sans à-coups, assez heureuse. Le bonheur suppose de ne pas penser et je ne pensais pas. Si tout avait continué ainsi, je n'aurais jamais pensé. En fait, je n'étais pas né. Chaque humain passe par deux naissances. La première, biologique. La seconde, biographique. Ma biographie commence par ta mort, dix ans après ma venue au monde."

  • "Mélangeant comme Montaigne anecdotes et considérations philosophiques, écrit dans une langue simple et élégante, ce livre se lit d'une traite et très agréablement." (Clément Rosset) Un peu à la manière de Cioran, ces réflexions philosophiques ou anti-philosophiques sont inséparables d'une humeur portée sur le septicisme et le pessimisme. Tel Schopenhauer, Frédéric Schiffter fait de l'ennui une composante essentielle de la vie humaine, tout en défendant la réalité contre les utopies, qu'il range dans les catégories soit du blabla (l'utopiste irréel est un charlatan) soit du chichi (l'homme qui dénie le réel est alors un précieux dégouté) On lira ce pense-bête comme un essai de philosophie "consternante" n'ayant d'autre but que d'attirer l'attention du lecteur sur cette évidence : parce que la vie est courte, nul homme, à commencer par le philosophe, n'a le temps d'apprendre à vivre et à mourir.


  • Essai sur la façon dont la vie nourrit la philosophie.


  • Traité du cafard

    Frédéric Schiffter

    • Finitude
    • 8 February 2007


    le drame des types comme moi qui ne veulent pour rien au monde être pris au sérieux, est, justement, qu'on exauce leur voeu.


  • Le gai savoir de A à Z.

    De A comme Aliénation ou Amour jusqu'à W comme Woody (Allen) , dont il apprécie l'art et la pensée, en passant par D comme Devoir de mémoire ou N comme Nihilisme, Frédéric Schiffter revisite les figures imposées de la philosophie, qu'il confronte à sa Weltanschauung dandy, mêlant entrées classiques ou buissonnières.
    On y trouvera tout aussi bien des réflexions parfois polémiques sur l'existentialisme, Guy Debord ou Michel Onfray, que des concepts plus inattendus et chers à l'auteur, tels que le " blabla ", le " gnangnan ", le " cafard " ou l'" anarchisme franchouillard ". Un portrait de Schopenhauer voisine avec une citation de Cioran et l'évocation des jeunes femmes en bikini.
    Dans la lignée de "Philosophie sentimentale" (prix Décembre 2010) et du "Charme des penseurs tristes", Frédéric Schiffter, écrivain tout autant que philosophe, partage ses passions et ses lecture dans ce dictionnaire stylé, tout à la fois pensif et jouissif, qui a tout du gai savoir.

  • " J'aurai réussi une oeuvre quand mon nom servira à désigner une pathologie mentale.
    "

  • "La beauté naît du flirt intime entre le monde et l'imagination." Aussi fugace soit-elle, la rencontre avec la beauté est une expérience bouleversante. Partant d'un souvenir personnel ? l'apparition d'une femme ?, Frédéric Schiffter invite le lecteur à une méditation philosophique sur la beauté des paysages et des oeuvres qui ont marqué sa vie. Une flânerie érudite à travers les films, les livres, les oeuvres d'art, qui nourrit avec délicatesse notre éducation esthétique.

  • La joie occulte le tragique de notre existence et nous insensibilise aux souffrances du monde. Les philosophes, dès lors, en font une passion sage une vertu. Sont-ils pour autant des êtres joyeux ? Les penseurs tristes, eux, nont rien de doctrinaires de la tristesse. Ils contemplent notre condition à travers les loupes de leurs larmes. Leur lucidité ne nous rend pas plus heureux. Comme elle sexprime avec élégance, elle invite notre intelligence et notre sensibilité au plaisir de flirter entre elles. Elle nous rend le sourire. Nous sommes sous le charme.
    F.S.

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  • Contre debord

    Frédéric Schiffter

    • Puf
    • 1 March 2004

    La collection "Perspectives critiques", dirigée par Roland Jaccard, écrivain et journaliste, et Paul Audi, philosophe et écrivain, publie des textes de psychiatrie, de psychanalyse, de sociologie, de pédagogie et d'esthétique, échappant à toute orthodoxie et s'inscrivant dans un cadre interdisciplinaire. Elle propose des essais clairs, rigoureux et polémiques, écrits par des universitaires ou des chercheurs et visant à démystifier l'imaginaire personnel et collectif. Elle accueille également les témoignages de ceux qui ont contribué à façonner l'univers mental et social de l'homme post-marxien et post-freudien.
    La collection a fêté son 25ème anniversaire en septembre 2000.

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