• D'avril à juillet 1994, entre 800 000 et 1 million de Tutsi sont exterminés au Rwanda. Le dernier génocide du XXe siècle ne s'inscrit pourtant pas dans une histoire séculaire d'antagonisme ethnique. Il est le produit d'un racisme importé des sciences coloniales et réapproprié par une partie des acteurs politiques rwandais et de la population. Cet ouvrage analyse l'émergence et les évolutions de ce racisme, et la manière dont il conduisit au génocide et fut mis en actes par les pratiques de violence. Il montre ainsi que l'extermination des Tutsi, quoique n'étant pas inéluctable, ne fut ni un accident ni une réaction spontanée. En évoquant aussi bien les tueries au plus près de leurs conditions d'exécution que le rôle des acteurs de l'État et de la communauté internationale, tout particulièrement l'ONU et la France, l'auteur inscrit cet événement au coeur de notre XXe siècle et des enjeux contemporains. L'analyse des questions mémorielles et judiciaires, et de la sortie du génocide, permet enfin de comprendre que ses conséquences se font ressentir aujourd'hui encore dans tous les aspects de la vie sociale.

  • Cet ouvrage est consacré aux multiples formes d'énonciation des identités et aux modalités de leur concrétisation en Afrique. Il rassemble dans une même analyse des énoncés de types très différents qui, tous, participent aux constructions identitaires : discours et récits oraux, textes littéraires, journalistiques ou administratifs, objets emblématiques ou encore délimita- tions territoriales. Résolument transdisciplinaire, il retrace le cheminement des identités en Afrique, à travers l'institution imaginaire des territoires, la fabrique textuelle des héros et les usages mémoriels des figures historiques.
    Ce faisant, il donne des pistes, invitant à ne négliger aucune approche pour une analyse plus complète des processus de construction identitaire.

  • Emmanuel Ntezimana (1947-1995) : être historien et citoyen engagé au Rwanda Nouv.

    Emmanuel Ntezimana (1947-1995), ancien professeur à l'Université nationale du Rwanda et doyen de la faculté des lettres, est sans doute le plus important historien rwandais du xxe siècle. Dans les années 1990, il fut aussi l'un des principaux acteurs des associations de défense des droits humains dans un pays en proie à la guerre et aux pogroms. En écho à ses recherches dans lesquelles il s'était efforcé de déconstruire et désacraliser le piège ethnique, ses prises de position citoyennes mettent en lumière l'existence d'une pensée attentive à défendre la paix et l'intégration de tous et toutes dans une nation qui aurait pu renoncer à la violence exercée contre une partie de sa population. Le génocide des Tutsi et les massacres d'opposants hutu en 1994 en décida autrement.
    Rassembler les principaux articles publiés au Rwanda par Emmanuel Ntezimana entre 1978 et 1993 est donc important, pour redécouvrir la richesse d'une démarche historienne et pénétrer, à travers lui, le milieu intellectuel rwandais d'avant 1994. On y suit le cheminement d'un universitaire usant de sources écrites comme de traditions orales, traitant aussi bien de l'histoire ancienne que de l'histoire coloniale, interrogeant les concepts et catégories identitaires, attentif à l'usage de termes vernaculaires quoique écrivant essentiellement en français.

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