Langue française

  • N'étant pas progressiste, je ne suis pas décliniste non plus. Le monde est encore trop beau pour moi. Un ver de terre n'a pas fini de me fasciner. Et je sais qu'aucune technologie ne me permettra de comprendre ma femme, ni de l'aimer mieux. Ma résistance au progressisme procède de mon accueil du monde tel qu'il est donné, jusque dans son drame.
    Je n'ai pas encore appris à bâtir une maison, cultiver un potager, penser comme saint Augustin, chanter comme Dante - pourquoi me jetterais-je sur un casque de réalité augmentée ? Je ne suis pas encore assez humain, pourquoi chercherais-je à devenir cyborg ? Ce serait, sous couvert d'être à la pointe, abandonner mon poste.
    Voici quatre-vingt-dix textes drôlatiques et profonds dans lesquels Fabrice Hadjadj s'interroge sur le devenir de notre humanité sous l'emprise croissante de la technologie et de la consommation. Se refusant à tout discours moralisateur, il transmet, par sa langue jubilatoire, une irrésistible joie de vivre, tout en dégageant les bases qui permettent de refonder notre rapport à l'économie et au politique.

  • L'humanité ne vit plus dans la perspective de son progrès, mais dans celle de sa disparition. C'est le moment d'entrevoir, enfin, ce qui nous fera vivre ! Un essai salutaire et singulier.
    Hésiode déjà déplorait un âge d'or et dénonçait une race de fer. Il est donc probable que nous soyons en crise depuis l'origine. Néanmoins, l'état critique de notre époque possède des traits spécifiques, extrêmes, et ressemble fort à un stade terminal : il se peut même que nous ne vivions plus dans une époque, mais dans un délai.
    Aussi, comme toujours, c'est à l'heure où une chose est sur le point de disparaître qu'elle se révèle à nous dans ses contours singuliers et sa présence irremplaçable. Le mot " apocalypse " le suggère, dans lequel on entend " désastre ", et qui veut dire " dévoilement ". Dans cette situation où l'humain est trois fois menacé d'extermination (technologique, écologique ou théocratique), les lignes bougent, les ennemis d'hier deviennent alliés, les plus révolutionnaires éprouvent la nécessité de recourir à une certaine tradition...
    C'est sur cette alliance de la tradition et de la modernité, de l'eschatologie et de la culture, de la lucidité devant la mort et de l'éducation ouverte à la vie, que porte ce recueil de textes et conférences. Il voudrait, passant du transhumanisme de J. Huxley au trasumanar de Dante, dégager un gai savoir de l'apocalypse.


  • La foi en Dieu implique la foi en l'aubaine d'être né dans un tel siècle et au milieu d'une telle perdition. Elle commande une espérance qui dépasse toute nostalgie et toute utopie. Nous sommes là, c'est donc que le Créateur nous veut là. Nous sommes en un temps de misère, c'est donc le temps béni pour la miséricorde. Il faut tenir notre poste et être certains que nous ne pouvions pas mieux tomber.

  • Comme un écho lointain aux vagabonds d'En attendant Godot de Beckett, ce court récit incisif propose une expérience métaphysique, celle de la gratuité de l'existence, oscillant entre l'absurde et la grâce.
    Et s'il n'y avait pas de spectacle ? Si, pour une fois, après la montée du rideau rouge, le public était mis face à une scène vide, sans décor ni réplique ? C'est ce à quoi nous convie Pol Bouchard, clown de son état, qui devient ici guide du rien, commentateur du silence, saisi par
    l'intrigue du simple fait d'être là... Comme si le seul acte de présence suffisait à nous faire entrer dans une aventure plus vivante que les cinq actes du théâtre classique.
    Mais son invitation se change bientôt en parasitisme. Lui qui chantait l'espace nu se met à le meubler autant que possible. Ce qui l'émerveillait tout à l'heure et qu'il voulait partager, subitement le jette dans l'angoisse et le voilà qui cherche à s'en décharger sur vous. Il ne reste pas longtemps impuni, celui qui s'est dérobé au divertissement. Sa joie de vivre se voit rongée par la fatalité d'avoir à mourir.
    Ce texte dense et incisif invite à prendre conscience de la gratuité de l'existence et à en apprécier toute la profondeur, entre l'absurde et la grâce.

  • Comment devient-on la mère d'un enfant à tête de veau ? C'est ce que nous raconte le mythe si moderne de Pasiphaé, reine de Crète et maman de Phèdre comme du Minotaure.Frappée de folle passion pour un taureau blanc, elle demande à Dédale de lui fabriquer une machine de vache où s'étendre et s'accoupler avec la bête. Si bien que son époux, le volage Minos, va se retrouver cocu sous d'incroyables cornes.Une pièce très actuelle, donc, sur les noces du Désir et de la Technique, avec leur petite fabrique de monstres, mais aussi sur ce trou béant au milieu de la femme, où la vie se donne dans son drame toujours nouveau.


  • Ce n'est pas nous qui réussissons notre mort, c'est elle qui ne nous rate pas. À nous toutefois de ne pas la rater non plus. Que signifie dès lors réussir sa mort ? Avec verve, humour, espièglerie, mais vérité et sincérité, Fabrice Hadjadj nous invite à passer du confort au combat, à choisir la vie alors même que nous mourons et que nous mourrons.

    Ce n'est pas nous qui réussissons notre mort, c'est elle qui ne nous rate pas. À nous toutefois de ne pas la rater non plus. Que signifie dès lors réussir sa mort ? Avec verve, humour, espièglerie, mais vérité et sincérité, Fabrice Hadjadj nous invite à passer du confort au combat, à choisir la vie alors même que nous mourons et que nous mourrons.
    Vous aspirez à la réussite mondaine ? Hélas ! y parviendriez-vous, plus dure serait la chute : votre dernière heure viendrait vous arracher à une position si chèrement acquise. Mais sondez votre coeur, faites appel à vos rêves d'enfance... Ce n'est pas le confort que vous cherchez, mais une existence héroïque : être chevalier, mourir pour la justice, donner votre vie aux autres ! Attention ! Ce livre entend réveiller votre vocation première.
    Contre des guides qui réduisent l'existence à des recettes de succès, l'auteur propose une anti-méthode pour accueillir l'échec et la peur, et nous ouvrir à ce qui nous dépasse. Car paradoxalement, une société qui fuit devant la mort ne peut que fabriquer une culture de mort, tandis qu'une société qui l'accueille engendre une culture de vie.
    Entre une liquidation technique et une vie offerte, il nous faut choisir. Il n'y a pas d'autre alternative : se donner la mort ou bien donner sa vie pour ce qui en vaut la peine.

  • Les rapports qu'entretient l'homme avec la nature sont un sujet sur lequel le Pape Benoît XVI intervient fréquemment. C'est ainsi que dans son discours de l'Élysée, il disait : " L'état de notre planète me préoccupe aussi. Avec grande générosité, Dieu nous a. confié le monde qu'il a créé. Il faudra apprendre à le respecter et à le protéger davantage. Il me semble qu'est arrivé le moment de faire des propositions plus constructives pour garantir le bien des générations futures. " Quelle plus juste introduction pourrions-nous donner à ce nouveau volume d'Annales que publie l'Académie d'éducation et d'études sociales ? Car telle était bien son intention lorsqu'elle a choisi de consacrer ses séances de l'année 2007-2008 aux rapports de l'homme avec la nature. Dieu a donné à l'homme un rôle particulier dans la création, dans une fameuse recommandation de la Genèse : " emplissez la terre et soumettez-la ", que l'on peut toujours chercher à mieux comprendre. La montée des préoccupations écologiques et de développement durable, mais surtout les prétentions de l'homme d'imposer sa maîtrise de tout mettent en évidence la grande actualité de ce thème.

empty