Le passeur

  • L'humanité ne vit plus dans la perspective de son progrès, mais dans celle de sa disparition. C'est le moment d'entrevoir, enfin, ce qui nous fera vivre ! Un essai salutaire et singulier.
    Hésiode déjà déplorait un âge d'or et dénonçait une race de fer. Il est donc probable que nous soyons en crise depuis l'origine. Néanmoins, l'état critique de notre époque possède des traits spécifiques, extrêmes, et ressemble fort à un stade terminal : il se peut même que nous ne vivions plus dans une époque, mais dans un délai.
    Aussi, comme toujours, c'est à l'heure où une chose est sur le point de disparaître qu'elle se révèle à nous dans ses contours singuliers et sa présence irremplaçable. Le mot " apocalypse " le suggère, dans lequel on entend " désastre ", et qui veut dire " dévoilement ". Dans cette situation où l'humain est trois fois menacé d'extermination (technologique, écologique ou théocratique), les lignes bougent, les ennemis d'hier deviennent alliés, les plus révolutionnaires éprouvent la nécessité de recourir à une certaine tradition...
    C'est sur cette alliance de la tradition et de la modernité, de l'eschatologie et de la culture, de la lucidité devant la mort et de l'éducation ouverte à la vie, que porte ce recueil de textes et conférences. Il voudrait, passant du transhumanisme de J. Huxley au trasumanar de Dante, dégager un gai savoir de l'apocalypse.

  • Comme un écho lointain aux vagabonds d'En attendant Godot de Beckett, ce court récit incisif propose une expérience métaphysique, celle de la gratuité de l'existence, oscillant entre l'absurde et la grâce.
    Et s'il n'y avait pas de spectacle ? Si, pour une fois, après la montée du rideau rouge, le public était mis face à une scène vide, sans décor ni réplique ? C'est ce à quoi nous convie Pol Bouchard, clown de son état, qui devient ici guide du rien, commentateur du silence, saisi par
    l'intrigue du simple fait d'être là... Comme si le seul acte de présence suffisait à nous faire entrer dans une aventure plus vivante que les cinq actes du théâtre classique.
    Mais son invitation se change bientôt en parasitisme. Lui qui chantait l'espace nu se met à le meubler autant que possible. Ce qui l'émerveillait tout à l'heure et qu'il voulait partager, subitement le jette dans l'angoisse et le voilà qui cherche à s'en décharger sur vous. Il ne reste pas longtemps impuni, celui qui s'est dérobé au divertissement. Sa joie de vivre se voit rongée par la fatalité d'avoir à mourir.
    Ce texte dense et incisif invite à prendre conscience de la gratuité de l'existence et à en apprécier toute la profondeur, entre l'absurde et la grâce.

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