Bayard

  • L'année 2011 aura été marquée par le printemps arabe et dans son sillage, le mouvement des indignés dans de nombreux pays européens. Cette expression d'un désir de démocratie est venue comme un démenti des discours si souvent entendus de l'apathie politique dans laquelle nous aurait tous plongé la société de consommation et du spectacle.
    Comment comprendre ces mouvements de contestation ? Qu'est-ce qui les distingue de la dissidence et de la participation ? Quelle démocratie désironsnous ? Quels gouvernants voulons-nous ? Autant de questions que Fabienne Brugère tente ici d'éclairer, comme un préambule à l'élection présidentielle à venir.

  • En mars dernier, la philosophe Fabienne Brugère devait intervenir lors de la journée nationale de formation des délégués diocésains à la pastorale familiale.
    Elle devait prendre la parole sur le thème du care, «Prendre soin de l'autre, un appel lancé à tous», une façon de faire retomber les passions internes à l'Église catholique après les débats tendus sur le mariage pour tous. La pression de sites traditionalistes dénonçant l'invitation d'une femme « connue pour être adepte de l'idéologie de Judith Butler » et de la théorie du genre, a finalement contraint Mgr Brunin, président du conseil famille et société de la Conférence des évêques de France, a annulé sa venue, reconnaissant que les conditions d'un dialogue serein de l'Eglise avec la société n'était pas réunies. Cette décision a été critiquée par une partie de l'épiscopat, qui y voit une reculade sous la pression d'une minorité érigée en police de la pensée. Comme le soulignait Dominique Greiner dans La Croix, l'église ratait là une belle occasion de montrer qu'elle est avant tout conversation et que le dialogue avec les représentants de la pensée contemporaine fait partie de sa mission.
    Dans un entretien avec la journaliste Élodie Maurot, Fabienne Brugère revient, en philosophe, sur la violence des attaques qu'elle a alors subies. Audelà du conflit classique entre foi et raison, ce qui est devenu «l'affaire Brugère» pose de nombreuses questions sur l'état de notre démocratie et du débat d'idées en France aujourd'hui. Et sur la peur que la philosophie inspire toujours aux extrémistes de tous genres.

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