Religion & Esotérisme

  • Dans ce livre qui n'avait jamais été traduit en français, Etienne Gilson utilise l'histoire de la philosophie comme un outil pour tenter de dégager certaines lois générales de l'esprit humain : L'histoire de la philosophie est au philosophe ce que le laboratoire est au scientifique ; elle montre en particulier comment les philosophes ne pensent pas comme ils le veulent, mais comme ils le peuvent, car les relations mutuelles des idées philosophiques sont tout aussi indépendantes de nous que le sont les lois du monde physique.

    [...] Un homme est toujours libre de choisir ses principes ; mais une fois qu'il les a choisis, il lui faut faire face à leurs conséquences jusqu'au bout. ? (p. 117) L'auteur examine une série de tentatives philosophiques, depuis le Moyen-Age jusqu'au XXe siècle, et il constate dans l'histoire de la pensée la récurrence de certains enchainements de phénomènes. A chaque fois qu'un penseur veut philosopher à l'aide d'une science autre que la métaphysique, par exemple la logique pour Abélard, la théologie pour Al Ashari et Malebranche, les mathématiques pour Descartes, la physique pour Kant, la sociologie. Pour Comte, son système aboutit à des impasses, qui elles-mêmes fraient la voie au scepticisme. ? Nous ne pouvons vivre sans assigner un certain sens à notre existence, ni agir sans assigner un certain but à notre activité. Lorsque la philosophie ne fournit plus aux hommes de réponses satisfaisantes à ces questions, les seuls moyens pour ceux-ci d'échapper au scepticisme et au désespoir sont le moralisme, ou le mysticisme, ou une certaine combinaison des deux. ? (p. 98) L'auteur dégage de ces tentatives une expérience philosophique : seule la métaphysique, science de l'être et de ses propriétés, est à même de mener l'homme à une réelle connaissance philosophique, qui lui permet de tirer de la réalité une authentique connaissance du monde, de lui-même et de Dieu. ? Car notre commun juge, le voici : c'est la raison, qui est elle-même soumise au jugement de la réalité ; et tous, nous sommes égaux et libres au plus haut point lorsque nous nous plaçons également sous son gouvernement. ? (p. 44) Renoncer à la métaphysique, à cet usage de la raison qui consent à s'ouvrir au mystère de l'être, c'est en fin de compte mutiler la raison elle-même, et de ce fait la science ? La condamnation initiale de la métaphysique au nom de la science, que de telles philosophies postulent être le seul type de connaissance rationnelle, atteint invariablement son point culminant dans la capitulation de la science elle-même devant un certain élément irrationnel. C'est là une loi nécessaire, que l'on peut déduire de l'expérience philosophique. ? (p. 259)

  • Pour ses contemporains, Bernard était « l'homme qui conduisait vers Dieu ». Du pape aux étudiants parisiens, tout le monde recourait à lui avec la certitude d'être compris, avec l'assurance d'être aidé.

    Pour nous, chrétiens du XXIe siècle, qui souvent croyons Dieu lointain parce que nous sommes surtout loin de nous-mêmes, saint Bernard demeure un guide fraternel et clairvoyant, un guide qui nous apprend à vivre avec ce qu'il y a de meilleur en nous. Tout en sachant très bien la place que tient le péché dans la vie de l'homme, ce livre témoigne de l'optimisme le plus chrétien. Cinq siècles avant Pascal, saint Bernard a écrit : « Personne ne peut vous chercher, qu'il ne vous ait déjà trouvé. »

  • Paru initialement en 1934, cet ouvrage questionne la situation des catholiques en politique. E. Gilson évoque la laïcité, le relativisme doctrinal, la situation inconfortable des chrétiens dans leur propre culture, la mission d'évangélisation, la place des humanités, le problème scolaire, etc.

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